Médéa : Prometteuses perspectives

L’escapade de notre envoyée spéciale à Médéa se poursuit. Elle nous livre dans cette dernière halte d’autres facettes de la capitale du Titteri qui ont trait à son transport, sa santé, sa culture et sa sécurité. Une sécurité assurée par les éléments de la Gendarmerie nationale qui, sur le terrain, interviennent sans discontinuer. Et de sécurité, la grande revenue dans la région, à l’image du pays entier, elle qui a vécu le martyre durant la décennie noire, fait renaître un de ses vieux bourgs. Et quelle renaissance. Le témoignage d’une famille prise dans l’étau du terrorisme sauvée par les éléments de l’ANP engagée dans la lutte antiterroriste est plus qu’édifiant. Cette famille jouit d’une vie comme il se doit dans un logement neuf dans cette petite commune, qu’était Ouezra, aujourd’hui daïra. Elle est dirigée par une femme qui ne ménage aucun effort pour veiller au grain. Ouezra est à présent une localité pleine de promesses, développée à souhait et agrandie, pourvue de toutes les commodités et répond à tous le besoins des citoyens. Pour mieux cerner ce qui se fait et se fera à l’avenir dans Médéa, pas mieux que de donner la parole au premier magistrat de la wilaya. Et le wali fait le point. A suivre.

Santé : D’énormes dispositions pour la gestion de la pandémie
La gestion de la pandémie liée au coronavirus a exigé des autorités concernées, notamment la direction de la santé et de la population (DSP), de prendre les dispositions nécessaires. A cet effet, 65 points de consultations ont été créés au niveau des polycliniques relevant des sept établissements publics de santé de proximité de la wilaya.
Une augmentation de la capacité d’hospitalisation des malades Covid-19 au niveau des EPH de la wilaya de 560 lits d’hospitalisation et 9 Lits de réanimation sur 1.279 lits dont dispose la wilaya, ce qui représente 44% des lits dédiés à l’hospitalisation des malades atteints de la Covid-19, déclare le nouveau DSP de Médéa, le Dr Mohamed Zahir Hadj Sadouk. Selon ce même responsable, des mesures ont été prises pour garantir la disponibilité des médicaments nécessaires au traitement des malade sen quantités suffisantes, en particulier les anticoagulants, les antibiotiques et les corticoïdes, permettant à la wilaya de prendre en charge les malades en toute aisance. Autre disposition, la dotation de toutes les structures hospitalières en moyens d’oxygénothérapie (évaporateurs d’oxygène, générateurs, obus et concentrateurs) par une acquisition participative sous l’égide du wali, dans le cadre d’achats et d’actions de solidarité, ce qui a permis l’acquisition de six évaporateurs d’oxygène (installés et fonctionnels), un évaporateur de 10.000 l pour l’EPH de Médéa, deux évaporateurs de 3.020 l (chacun) pour l’EPH de Berrouaghia, un évaporateur de 5.492 l pour l’EPH de Beni Slimane, un évaporateur de 10.000 l pour l’EPH d’Aïn Boucif, un autre évaporateur de 10.000 l pour l’EPH de Tablat. «Toutes ces dotations permettent une capacité de stockage importante», précise le DSP de Médéa, ajoutant que les établissements de santé de la wilaya dispose de 622 obus d’oxygène (soit une capacité de 24.880 m3).Il a, par ailleurs, affirmé que huit générateurs d’oxygène sont installés et fonctionnels, deux générateurs (60 m3 et 48 m3) pour l’EPH de Médéa, un générateur (60 m3) pour l’EPH de Berrouaghia, un (48 m3) pour l’EPH de Ksar El Boukhari et un autre (36 m3) pour l’EPH de Beni Slimane, un (60 m3) pour l’EPH d’Aïn Boucif, un (30 m3) pour l’EPH de Tablat et un générateur (48 m3) pour l’EPSP de Chellalet El Adhaouera, «ce qui permet une autonomie de l’ordre de 56%des besoins en oxygène», confie le DSP avant de renchérir «121 concentrateurs d’oxygène sont mis à la disposition des établissements de santé.» Il ajoute que 6.000 enquêtes épidémiologiques ont été effectuées après toute déclaration auprès des malades et leur entourage, ce qui a permis le confinement de 35.000 personnes. Il assure que les moyens de diagnostic de la Covid-19 sont disponibles, en l’occurrence le RT-PCR, scanner, tests rapides antigéniques et sérologiques, ainsi que les moyens de protection nécessaires de tout le personnel avec un suivi quotidien des stocks disponibles.
Sensibilisation
La DSP de Médéa a également mené une campagne de sensibilisation de la population pour les mesures prophylactiques (distanciation, port du masque, respect des différents protocoles sanitaires et lavage des mains), en utilisant tous les moyens adéquats (sensibilisation de proximité, radio, réseaux sociaux, etc.). Elle a aussi effectué des campagnes régulières de stérilisation et de désinfection qui ont été initiées par le wali, avec la participation de plusieurs secteurs. Autre action, il rappelle le lancement de la campagne de vaccination contre la Covid avec une disponibilité importante en vaccins (Sinovac, Sinopharm, Jhonson, Spoutnik et AstraZeneka) accompagné de campagnes de sensibilisation et de tables rondes, impliquant tous les secteurs de la wilaya. Cette campagne a touché les zones éparses de la wilaya grâce aux équipes mobiles et aux moyens de locomotion mobilisés par la wilaya, notamment les ambulances. Dans ce sens, les autorités compétentes ont organisé également des big days, à l’initiative du ministère de la Santé et le wali de la wilaya de Médéa, ce qui a permis d’effectuer 390.000 actes vaccinaux, soit un taux de vaccinationde l’ordre de 31%, permettant ainsi à Médéa d’être parmi les premières wilayas d’Algérie à atteindre ce taux.
Structures en appoint
Par ailleurs, plusieurs infrastructures de santé ont été réceptionnées, à l’exemple de la réhabilitationde trois structures de jeunes non exploitées en polycliniques actuellement fonctionnelles au niveau des communes des Deux-Bassins, Bouskene et Sidi Ziane. Il cite aussi l’ouverture et la mise en service de 17 salles de soins en 2020 et 2021,dont7 salles de soins en 2021 fermées pour diverses raisons, et ce, après des visites de travail du wali, précisément au niveau des zones d’ombre, à savoir les localitésd e Mrazig (Boughezoul), d’El Maleh (Boughezoul), d’Ouled M’berak (Boughezoul), d’OuledFegoussia (Boughezoul), d’Ouled Mohamed (El Azizia) et de Chellala (Maghraoua).
Dans ce chapitre, le premier responsable de la santé révèle l’inauguration et la mise en service d’un nouvel hôpital d’une capacité de 120 lits à Tablat, après un arrêt des travaux de 24 ans, l’hôpital en question est actuellement fonctionnel où des actes chirurgicaux de différentes spécialités ont été effectués lors de la dernière campagne sanitaire organisée sous le haut patronage du président de la République. Un autre projet a été lancé, celui d’une unité hospitalière à Ouzera abritant le centre anticancer, les services de cardiologie interventionnelle, ophtalmologie et urgences médico-chirurgicales. Enfin, l’achèvement des procédures réglementaires avec la levée de toutes les réserves émises par le comité sectoriel du projet hôpital mère et enfant de Médéa, dont le lancement des travaux est prévu dans les jours à venir.
De notre envoyée spéciale Samira Sidhoum
 
 
Transports : Tissemsilt-Boughezoul sur le rail 
Une ligne ferroviaire reliant Tissemsilt à Boughezoul et M’sila est en cours de réalisation, afin de faciliter le déplacement des citoyens, indique le directeur des transports de Médéa, Saâd Kessar.
La ligne Boughezoul-M’sila, sur une distance de 157 km, est une réalisation du maître d’ouvrage l’Agence nationale d’étude et suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (Anesrif). Le taux d’avancement global est de 97,17% etle taux d’avancement de la wilaya de Médéa est de 96,63%. La longueur de la ligne qui traverse la wilaya est de 8,6 km, c’est une voie unique, à160km/h, avec un trafic mixte: voyageurs et marchandises. Un autre projet est en voie d’achèvement, celui d’une gare à Boughezoul. Cette dernière relie Boughezoul à Tissemsilt et s’étend sur 139 km. Le taux d’avancement global est de 95% et le taux d’avancement de la wilaya de Médéa est de 95,26%. Le tronçon de la ligne qui traverse la wilaya de Médéa est de 26,7 km. C’est une voie unique à160kms/h et à vocation mixte: voyageurs et transport de marchandises. Dans le souci de renforcer les lignes accusant un manque en matière de transport, le directeur de ce secteur informe d’un autre projet est en cours d’achèvement. Il concerne une gare à Chahbounia. Pour lui, l’impact du projet fait partie de la rocade ferroviaire des Hauts-Plateaux, dont l’objectif est d’offrir une meilleure offre des transports, le rapprochement et le désenclavement des villes et zones isolées, la concrétisation des décisions politiques pour le développement de la région de Médéa par la création de zones d’activité dans l’agriculture et l’industrie. Lemaillage et la densification du réseau ferroviaire, la contribution au développement des économies régionales, le soulagement du trafic routier, le transport des marchandises et des voyageurs et le soulagement de la création d’emplois. Il cite, à titre d’exemple, la voie Tissemsilt-Boughezoul, pour la phase exécution des travaux, créant ainsi 100 postes d’emploiet40autres pour la phase exploitation.
Enfin, un projet gelé dont les travaux sont à l’arrêt depuis 2016, celui de la ligne Boughezoul-Ksar El Boukhari, sur une longueur totale de la voie estimée à 41,9 km. Et un autre projet d’une gare ferroviaire à Ksar El Boukhari. Quant aux projets qui sont en phase d’étude, il y a la ligne ferroviaire électrifiée reliant Berrouaghia à Sour El Ghozlane sur une distance de 85 km. Les études en phase d’identification sont en cours.
S. S.
 
Ouzera, l’après-terrorisme : Quand tout renaît à l’espérance 
Quand tout renaît à l’espérance, un joli couplet d’une chanson de Frédéric Bérat qui inspire joliment pour parler de Ouezra qui a survécu à l’après-terrorisme, pour renaître et respirer, enfin ! Une localité qui a réussi à transcender cette époque-là à oublier, celle des massacres et des tueries auxquels elle n’a pas échappé.
Du point de vue géographique, la commune de Ouzera est située dans le Tell central algérien de l’Atlas tellien blidéen à environ 81 km au sud-d’Alger, à 8 km au sud de Médéa, à environ 35 km au sud-ouest de Blida, à 11 km au nord de Berrouaghia, à 90 km à l’est d’Aïn Defla et à 72 km au sud-est de Tipasa.
Dynamique, jeune, débonnaire et citoyenne impliquée, Kahina Outhamazirt, cheffe de daïra d’Ouzera, est d’un accueil fastidieux. Elle est ravie de recevoir la presse pour parler de sa vision de développement local, ses différentes interventions sur le terrain qu’elle mène avec force et sagesse à la fois. Cette dame ne mâche pas ses mots. Elle a réussi à s’imposer dans un monde plutôt masculin. C’est qu’elle hérite d’un lourd passé, encore vivace dans les esprits. Néanmoins, elle ne baisse pas les bras. Il faut dire que la localité a été littéralement agrandie et développée. Kahina Outhamazirt parle à bâtons rompus sur divers projets de développement local qui ont permis d’améliorer le niveau économique et social des habitants. Dans ce sillage, elle confie que la commune a bénéficié de plusieurs projets qui répondent aux besoins réels de la population inhérents à l’approvisionnement en eau potable, raccordement des réseaux d’assainissement, rupture de l’isolement des zones reculées, réhabilitation des écoles primaires pour améliorer les conditions scolaires.
Des projets et du développement
Kahina Outhamazirt affirme que ces projets ont eu un impact direct sur l’amélioration du mode de vie des habitants qui ont bénéficie des projets de développement, d’autant plus que tous ces projets sont achevés et sont en service.  Ainsi, le réseau d’eau potable a été raccordé avec un taux de 85%, soit 95 km. Le réseau électrique rural, électricité ordinaire et gaz, avec un taux de raccordement de 97%, et 96% pour le gaz.  De même pour le réseau d’assainissement, avec un taux de raccordement de 85%, soit 41.71 km. Parmi les projets réceptionnés, une seule station de service d’énergie. En ce qui concerne le secteur de l’éducation, cette responsable dévoile le nombre d’infrastructures mises en service : sept écoles primaires dont quatre nouvelles, un collège et un lycée. Au volet de la jeunesse et des sports, il y a la réception d’une bibliothèque municipale, deux maisons de jeunes, deux terrains de jeu municipaux et deux autres de jeux de proximité. S’agissant du tourisme et des loisirs, il existe une seule forêt récréative. Quant à la formation professionnelle, un seul centre de formation est opérationnel, lequel comprend 5 spécialités résidentielles et 7 spécialités professionnelles, avec une capacité de 300 étudiants. La commune contient 80 locaux dont 30 se sont reconvertis en une unité de la Protection civile. Pour le secteur hospitalier, Ouzera dispose d’une salle de soins et d’une clinique multiservice, d’un bureau de poste et un réseau routier développé, à savoir une longueur totale de la route nationale 14.9 km, une autre longueur totale de la route nationale revêtue sur la même distance, une longueur totale des chemins de wilaya revêtue de 6.5km, et une longueur totale des chemins de commune revêtue de 32 km. Pour l’habitât rural, le nombre de bénéficiaires de la subvention pour la construction rurale  est de 865. Il y a également de grands projets. La commune a bénéficie de plusieurs projets dont un pôle universitaire de 4.000 lits, 6.000 places pédagogiques. Un pole urbain et un projet de centre anti-cancer.
Témoignages
La famille Malika a bel et bien survécu aux affres du terrorisme qui avait, dans les années 1990, décimé plusieurs milliers de personnes. Elle habite un logement non loin de la daïra. Cherifa et El Aïd se souviennent comme si cela datait d’hier. La douleur est toujours présente. Ils se souviennent de cette triste période. Ce couple au revenu et au mode de vie modestes confie ne rien oublier, mais il vit avec ce terrible et macabre souvenir. Certes, il n’a pas perdu un membre de sa famille, mais a vécu une expérience particulière. Leur fille Djamila, âgée à l’époque d’à peine six ans, a été touchée au niveau de son ovaire gauche. Elle a vite été opérée et transférée par les vaillants éléments de l’ANP, sans succès. Elle a perdu son ovaire à jamais. Djamila a quand même fait son chemin de vie. Elle s’est mariée et a mis au monde une jolie fille, alors que les médecins l’avaient condamnée à ne pas enfanter. En pleurs, sa maman nous perle de son traumatisme, étant donné qu’elle était présente lors de l’explosion d’une bombe où sa fille était inondée de sang. «C’est  durant cette année, en 1996, que j’ai contracté le diabète et l’hypertension artérielle, en tenant ma fille inondée de sang. Je croyais que je l’avais perdue», raconte-t-elle avant de renchérir : «Je garde des séquelles car je suis devenue allergique à l’effusion de sang.» Dans la foulée, El Aïd se souvient des comportements des terroristes. «Un jour, mon voisin avait laissé le téléviseur allumé. Son fils suivait un dessin animé. Subitement, des tirs ont retenti dans le quartier, ils avaient détruit plusieurs téléviseurs, pour les réduire en miettes». «On a eu de la chance, notre téléviseur a été épargné.» Il se remémore du kidnapping des moines de Tibhirine. Et du souvenir de son voisin qui allait circoncire son fils. La fête tourne au drame, et presque tous les convives ont été tués. Ce couple qui a survécu à cette époque continue son bout de chemin et confie que dans la vie, il faut toujours garder espoir. Ils ont bénéficié d’un logement décent et d’un terrain agricole pour le travailler. «Que demander de plus !», lance El Aïd.
S. S.
 
Gendarmerie nationale : Opérations et interventions 
Les unités de la Gendarmerie nationale du groupement régional de Médéa ont traité, en ce début d’année 2022, plusieurs dossiers dans divers domaines (police judiciaire, sécurité publique, sécurité routière…), apprend-on auprès de la cellule de communication du groupement territorial de la Gendarmerie nationale de Médéa.
Il s’agit de la saisie de 7 quintaux de viande avariée destinée à la commercialisation. Les suspects ont été arrêtés et déférés devant les autorités judiciaires compétentes. L’affaire de l’interpellation de trois personnes pour vol et vandalisme d’une installation ferroviaire a été classée. Un cas de saisie d’une arme de classe V et de munitions sans permis. La question de la spéculation sur les prix, où 221.150 kg d’aliments pour animaux ont été saisis. Les unités du groupement régional de la Gendarmerie nationale de Médéa ont mené des opérations de sensibilisation à travers une sortie sur terrain pour interpeller les consciences et interpeller sur le danger des puits abandonnés pour leur sécurité lors du comblement des puits inexploités. Par ailleurs, les éléments du groupement territorial de la Gendarmerie nationale à Médéa ont effectué d’autres sorties sur le terrain au profit des usagers de la route pour expliquer le contenu du nouveau code de la route 05/17.Quant aux accidents de la circulation, les unités du groupement régional de la Gendarmerie nationale de Médéa ont enregistré une diminution du nombre d’accidents de six accidents durant la période du 1er  janvier 2022 au 28   février 2022 par rapport à la même période en 2021, où 27 accidents de la circulation ont eu lieu, dont dix accidents mortels et seize accidents corporels de la circulation. La plupart d’entre eux sont dus à des raisons liées au comportement du conducteur, à l’exception d’un accident pour des raisons liées à la route, un autre pour des raisons liées à un véhicule et aux piétons.
S .S.
 
 
Aïn Boumaza à Ben Chikao : La source miracle 
L’eau de source AïnBoumaza, située dans la commune de Ben Chikao, est très prisée des citoyens de Médéa et autres wilayas limitrophes. Ce témoignage vivant est celui d’un habitant de Médéa. Si elle est tant prisée, c’est parce qu’elle est miraculeuse au vu des vertus qu’elle contient. Retour sur ces croyances avec les habitants de cette commune.
Amina veuve, la cinquantaine, souffre d’une maladie rénale chronique. Elle a un traitement à suivre à vie. Mais depuis qu’elle a bu l’eau d’Aïn Boumaza, son état de santé s’est nettement amélioré, selon ses affirmations. Karim, lui, est étonné de l’affluence des citoyens à ce lieu, surtout qu’il habite la périphérie. «J’habite près de 20 ans ce lieu, mais je n’ai jamais bu de cette eau. C’est une histoire inimaginable !» Son voisin ne partage pas son avis. Il  cite son expérience personnelle. Son épouse a longtemps souffert d’une néphropathie aiguë. Elle a un traitement lourd à prendre. Face à la douleur, son époux a tout tenté pour la guérir ou apporter un changement. Il a tellement cru en sa belle étoile  qu’il a fait un vœu en remplissant une bouteille de cette fontaine bénie. Aujourd’hui, dit-il, son épouse n’est pas guérie entièrement de sa maladie mais elle a moins mal. «C’est l’essentiel», dit-il. Khadija, quinquagénaire se souvient qu’elle venait avec sa famille sur ce site tant convoité. «On remplissait plein les bouteilles et on buvait cette eau miraculeuse. On n’a jamais été malade».
Pour sa part, le Dr Riad Maghni, médecin généraliste, est jeune, mais crois dur comme fer que cette fontaine est bel et bien sacrée, étant donné, avance-t-il, qu’elle est célèbre depuis plusieurs générations et reconnue pour les indications thérapeutiques de son eau. Il nous confie qu’il a orienté ses patients souffrant des maladies de peau vers cette fontaine et il a eu de bons retours. «Pour ma part, j’y crois même si la science a évolué.»
Pour le mode d’emploi, une personne âgée, de l’ancienne ville de Médéa recommande aux personnes intéressées d’en boire avec modération. «Il ne faut pas consommer régulièrement cette eau, mais seulement en cure de quelques jours, trois fois par mois.» Elle ajoute que cette eau n’est pas salutaire rien que pour les maladies rénales mais aussi pour les maladies de la peau, les cheveux et même pour le désensorcellement. Le seul bémol, c’est qu’il faut attendre longtemps pour pouvoir remplir sa bouteille, à cause d’une queue interminable. «Cette eau est tellement sacrée que sa renommée attire du monde», confie une dame accompagnée de ses deux filles en bas âge. Djamila n’habite pas Médéa, elle fait le déplacement depuis Blida. Elle confie qu’elle s’y rend chaque week-end. «C’est un rituel sacré que je me suis instaurée.» Djamila ne souffre d’aucune pathologie, mais elle préfère prévoir pour éviter les maux notamment avec la pandémie liée au coronavirus. Car, selon elle, l’homme doit redoubler de vigilance et avoir une bonne hygiène de vie.
S. S.
Culture : De la dynamique 
Le secteur de la culture et des arts de la wilaya de Médéa a bénéficié dans les différents programmes quinquennaux et spéciaux (HP, PCSC, PCCE, FNRS…) de multiples projets, créant une réelle dynamique au niveau de la wilaya et la dotant de différentes infrastructures d’une importance avérée, avec un impact potentiel sur toute la population, indique son directeur, Brahim Ben Abderrahmane.
Le projet des bibliothèques est le plus important, au nombre de 72 actuellement, dont 24 réalisées par la direction de la culture et des arts, et 48 dans le cadre du FCCL, alors qu’avant 2004, Médéa ne comptait que trois bibliothèques sur son territoire. La direction de la culture et des arts a aussi bénéficié d’une bibliothèque principale, dont le taux d’avancement des travaux à présent est de 60%.Le rôle de cette infrastructure culturelle est primordial. C’est elle qui va gérer le parc important des bibliothèques qui se répartissent sur les 64 communes de la wilaya, ajoute la même source. Autre projet réceptionné, qui «va créer une dynamique culturelle plus particulièrement artistique, est le théâtre de plein air mis en exploitation le 1erjuin 2021, lors de l’inauguration de la Journée mondiale de l’enfance», précise le directeur de la culture de Médéa. Le projet est un édifice d’une capacité d’accueil de 2.500 places, localisé dans un endroit stratégique qui donne sur un paysage extraordinaire, à la périphérie de la ville. Un autre projet culturel d’envergure a été réceptionné en 2019, la salle de cinéma de Berrouaghia qui n’attend que son rattachement à une institution culturelle compétente afin qu’elle soit inaugurée. Dans le domaine du patrimoine culturel, le secteur de la culture et des arts a aussi bénéficié d’un programme intéressant. Plusieurs études ont été inscrites au profit dudit secteur touchant plusieurs sites archéologiques et monuments historiques.
Plan de protection
Il s’agit du site archéologique d’Achir qui a bénéficié de trois opérations, à savoir une étude pour l’élaboration d’un plan de protection, la mise en valeur et des mesures d’urgence pour le site Achir. La vieille ville de Médéa, créée en secteur sauvegardé le 10/12/2018, est dotée d’un plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur du secteur sauvegardé de la vieille ville de Médéa, qui en est à sa deuxième phase. La 3e opération concerne une étude pour l’élaboration d’un inventaire des biens culturels matériels et banque de données de la wilaya de Médéa, d’une étude spécifique sous l’intitulé «Inventaire du patrimoine matériel et immatériel de la wilaya», visant l’établissement d’un recueil général du patrimoine matériel et immatériel que recèle la wilaya, réceptionnée en 2016. Une opération intitulée «La mise en valeur des monuments patrimoniaux» a permis de restaurer et d’aménager quelques monuments historiques et sites archéologiques, tels les deux minarets de la mosquée rouge et de la vieille mosquée,  le guet de contrôle, le tombeau de Sidi Sahraoui,  la maison de l’émir Abdelkader, la demeure du dernier bey, à savoir Boumezrag Mustapha, le site archéologique de Rapidum à Djouab et le site archéologique d’Achir.S’agissant des monuments classés patrimoine national, Médéa comprend 7 biens culturels immobiliers, des sites archéologiques, un site de Benia constituant l’emplacement de l’ancienne ville d’Achir à 4km au sud-ouest de Tletat Douair, Achir (Achir le palais de Ziri et le Menzah Bent Essoltane), monuments funéraires émergeant du sol de l’ancienne nécropole, restes de maison d’enceinte, de porte à Rapidum, territoire et monuments de l’antique Rapidum et monuments historiques : Dar El Bey, dénommée Dar El Emir Abdelkader.
Patrimonial
Au plan de l’action année 2022, dans le domaine du patrimoine culturel, on enregistre l’achèvement de la deuxième phase relative au plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur du secteur sauvegardé de la vieille ville de Médéa ; la clôture de l’opération «plan de protection et de mise en valeur et mesures d’urgence du site Achir» ; le classement définitif des monuments et sites inventoriés en 2013, à savoir : Minaret de la mosquée rouge, Minaret de la vieille ville, Guet de contrôle, Tombeau de Sidi Sahraoui, l’Aqueduc, Haouch El Bey ; l’inscription sur la liste supplémentaire d’autres monuments et sites archéologiques à Médéa : la vieille mosquée de Berrouaghia, la vieille mosquée du vieux ksar El Boukhari, la Zaouia de Cheikh M’Hamed Ben Aïssa à Ouzera, le site archéologique de Madala El Omaria, la zaouïa de Sidi Ali Ben M’hamed à l’Aissaouia,  Dar L’Emir Khaled à Médéa. Il est aussi enregistré le lancement d’un projet scientifique en collaboration avec le centre national de recherche en archéologie, afin d’effectuer des fouilles in-situ et d’étudier la possibilité d’aménager ce monument historique en musée retraçant l’histoire séculaire de la wilaya de Médéa.Dans le domaine des activités culturelles, le premier responsable du secteur de la culture confie la réception prochaine du projet de la réfection et d’équipement de la maison de la culture «Hassan El Hassani». Quant à la lecture publique, il a été procédé à l’équipement et l’exploitation de la bibliothèque rurale à Guiaa, commune de Zoubiria. On note aussi l’achèvement de la réalisation de la bibliothèque principale (lot : 01, bloc : bibliothèque et auditorium), la mise en exploitation de la bibliothèque de Draâ Smar, la mise en exploitation de la bibliothèque d’Adjlana à Ksar El Boukhari, la constitution et le dépôt du dossier de la création de la bibliothèque principale.
S. S.

 

Djahid Mous, wali de Médéa : «Nous espérons parvenir, d’ici à la fin de l’année 2022, à distribuer 9.990 logements»

 

Djahid Mous est wali de Médéa depuis 18 mois. Il demeure à l’écoute et œuvre à  poursuivre l’effort de développement de la wilaya de Médéa, avec l’implication de toutes les parties qu’il ad’ailleurs invitées à l’aider à la concrétisation des objectifs escomptés. Décryptage.
Quel bilan feriez-vous du secteur du logement ?
Un bond quantitatif a été enregistré au niveau de la wilaya de Médéa en matière de distribution de logements, grâce à la maîtrise et l’accélération des procédures d’attribution, ayant abouti à la satisfaction d’un nombre important de demandes formulées par les citoyens et ceux qui ont souscrit à différentes formules de logement.

 

Quelques chiffres concernant les opérations d’attribution…
Conscients de l’importance du logement pour les citoyens et prenant en compte l’attente de centaines de familles, en quête, depuis longtemps, d’un logement à même de leur offrir un minimum de confort requis, nous nous sommes attelés, au cours des derniers mois,  à lever toutes les entraves qui freinaient cette opération. Nous avons réussi, en peu de temps, à livrer un nombre appréciable de logements, toutes formules confondues, et permettre, ainsi, aux citoyens de disposer d’un toit. En moins d’une année, 30 listes d’attribution ont été finalisées et affichées par les commissions communales d’attribution de logements. Une opération qui s’est déroulée, il faut le signaler, dans la transparence la plus totale, conformément à la réglementation en vigueur, et aucun incident n’est venu entacher cette opération, d’autant que nous avons toujours veillé à ce que tout se déroule suivant la loi. Nous pouvons annoncer, aujourd’hui, que pas moins de 10.888 logements, tous types confondus, ont été distribués, durant ce laps de temps, dont 5.913 logements publics locatifs (LPL), 1.943 logements location-vente (Aadl), 3.098 logements promotionnels aidés (LPA) et la distribution de 2.354 aides à l’habitat rural. En plus de ce quota, nous avons procédé à l’attribution de plus de 1.200 aides au profit des bénéficiaires de lots sociaux. Il y a lieu de rappeler, concernant ce segment, que 2.570 parcelles sociales, réparties à travers 45 lotissements sociaux, créés dans de nombreuses communes du sud de la wilaya, ont été affectées aux communes pour distribution.

 

Prévoyez-vous d’autres quotas pour satisfaire la demande locale en logement ?
Effectivement, nous espérons parvenir, d’ici à la fin de l’année 2022, à distribuer un quota englobant 9.990 logements, dont 6.352 logements publics locatifs, et nous travaillons pour achever, dans les temps, l’ensemble des projets d’habitat, déjà lancés en chantier, et nous multiplions les efforts pour lancer les projets qui n’ont pu être lancés dans les délais pour diverses raisons.
Le dossier de régularisation des diplômés en insertion professionnelle et sociale fait partie des priorités du gouvernement. Un aperçu sur l’avancée de ce dossier ?
L’intérêt accordé à ce dossier par les pouvoirs publics, à travers notamment le ministère duTravail et de l’Emploi, s’est traduit par la régularisation, à ce jour, de pas moins de 5.300 diplômés qui ont pu, à la faveur de ce dispositif, être intégrés dans des postes d’emploi permanents, et l’opération devrait encore se poursuivre pour intégrer les diplômés dont les dossiers sont à l’étude.

 

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé l’octroi d’une allocation chômage aux personnes en quête d’emploi. Où en est l’opération dans la wilaya de Médéa ?
Suite aux orientations du président de la République relatives à la prise en charge de cette catégorie de citoyens sans ressources, nous avons pris des mesures afin d’assurer le bon déroulement de cette opération. Ainsi, nous avons entamé, en prévision du lancement des inscriptions, la formation de 40 cadres du secteur de la jeunesse et des sports, appelés à assurer l’accueil des citoyens au niveau des structures dédiées à cette opération. Nous avons procédé, dans le même sillage, à l’ouverture de 43 points d’inscription, à travers les structures du secteur de la jeunesse et des sports, de façon à réduire la pression qui s’exerçait sur l’antenne locale de l’Agence nationale de l’emploi (Anem) et ses annexes, et maîtriser le flux des demandes exprimées par les citoyens. Des animateurs des cellules de proximité, relevant de la Direction de la solidarité et de l’action sociale, ont été mis à contribution pour réguler le flux des demandeurs et les orienter vers les services chargés de cette opération.
Quel est le bilan de cette opération ?
Depuis le lancement de la plateforme Minha, nous avons enregistré, à la date du 5 mars, pas moins de 3.708 inscrits, au niveau des structures de la Direction de la jeunesse et des sports. Nous comptabilisons également 5.509 rendez-vous pour finalisation de la procédure, parmi lesquels 1.433 ont été traités.
Qu’en est-il de la situation hydrique au niveau de la wilaya ?
A l’instar de beaucoup de régions du pays, la wilaya de Médéa a été impactée par le manque de pluviosité, se traduisant par une baisse importante du niveau des barrages qui alimentent la wilaya, notamment les barrages de  Koudiat Acerdoune  (Bouira) etde Ghrib (Aïn Defla), principale source d’approvisionnement en eau potable de 43 communes de la wilaya de Médéa.

 

Quelles sont les dispositions prises pour atténuer l’impact de ce manque d’eau ?
Des mesures d’urgence ont été prises au début de saison estivale 2021 pour pallier ce déficit, avec la mise en place d’une cellule de crise au niveau de la wilaya présidée par  moi-même en collaboration avec les cellules de proximité au niveau des daïras pour le suivi quotidien de la distribution de l’eau potable dans chaque commune. Nous avons entamé, en outre, la réalisation de plus de 40 forages, au titre des différents programmes de développement (PCD, BW, BC et FCCGL), au profit des habitants des zones d’ombre, la mise en place également d’un nouveau programme de distribution d’eau potable, permettant de rationaliser l’utilisation de la ressource, tout en assurant une répartition  équitable de l’eau pour la population, avec une fréquence allant de 1/3 jours  à 1/15 jours.

 

Y en a-t-il d’autres dispositions ?
Effectivement, nous avons acquis 27 camions-citernes, distribués aux communes les plus impactées par le stress hydrique. Nous avons entamé, par ailleurs, la réalisation d’un forage et une adduction pour la commune de Tablat. Ce projet a permis de mobiliser 2.500 m3/jours pour renforcer la distribution d’eau potable au profit de cette commune, mais aussi celle de Mezghena. L’effort consenti par les autorités locales, dans le cadre de ce plan d’urgence, ne s’est pas limité à ces seules mesures, puisque nous avons renforcé le parc hydraulique par 45 pompes de secours, lancé une opération de réhabilitation qui a touché 19 forages, répartis à travers 18 communes. Cette opération de réhabilitation a ciblé les communes de Guelb Kebir, Mihoub, Azizia, Mezghena, Sidi Naâmane, Khams Djouamaâ, Sedraia, Berrouaghia, Souagui, Ouled Daiyed, Seghouene, Moudjbeur, Tlat Douairs, Ksar El Boukhari, Médéa, Ouled Antar, Beni Slimane et Bouskene, permettant de mobiliser 7.000 m3/jours.Il y a lieu de citer, en outre, la réalisation de 21 nouveaux forages, dont 6 sont situés dans le champ de captation de Birine (Djelfa), mobilisant  12.000 m3/jour destinés à sécuriser l’approvisionnement en eau potable des communes de la région sud de la wilaya, en l’occurrence Ksar El Boukhari,  Aïn Boucif, Chellalet El Adhaoura, El Aouinet, Sidi Demed, Ouled Maâref, El Kaf Lakhdar, Aïn Ouksir, Cheniguel et  Tafraout.Cinq autres forages, implantés à Chahbounia, devraient, grâce à ce programme, mobiliser 4.000 m3/jour pour alimenter les communes de Boughezoul, Chahbounia et Bouaïche.

 

Avez-vous programmé des forages dans d’autres communes ?
Oui, nous avons programmé 9 forages dans la commune de Berrouaghia, pouvant mobiliser environs 3.000 m3/j, trois autres forages dans les communes de Bouskene et Beni Slimane, deux à Guelb El Kebir, trois autres dans la commune de Saneg et les deux derniers à Ouled Antar.Nous avons également procédé à l’acquisition de 25 camions-citernes pour les communes déficitaires, sur le fonds commun de garantie des collectivités locales, au titre de l’exercice 2022.
Pensez-vous que ces mesures seront suffisantes pour pallier le déficit en eau ?
Les actions entreprises à ce jour devraient contribuer à atténuer considérablement les effets du stress hydrique. Nous estimons que les projets réalisés et le dispositif mis en place garantiront un bon approvisionnement des foyers en eau potable durant le mois de Ramadhan.

 

Qu’en est-il pour les communes alimentées par les barrages de Koudiat Acerdoune  et de Ghrib ?
Les mesures prises vont soulager, plus au moins, la population de ces localités, mais la situation pourrait devenir difficile en cas de persistance de la sécheresse, d’où l’urgence d’inscrire un programme complémentaire dont la concrétisation permettra de sécuriser l’alimentation desdites localités.
Entretien réalisé par Samira Sidhoum