Médias en ligne : Une liberté d’expression sans limites

La presse électronique, qui n’est pas encore encadrée d’une façon réglementaire, se caractérise par une liberté d’expression sans limites. Seulement, si certains des médias électroniques utilisent cette liberté à bon escient, d’autres en abusent.

Les experts en médias, de même que la tutelle, rappellent que les journaux électroniques, c’est l’avenir de la presse nationale. Une presse à moindre coût et qui peut atteindre un large électorat en quelques secondes. Toutefois, en l’absence d’une réglementation claire nécessaire à son encadrement, d’après l’expert en médias et professeur en sciences de la communication et de l’information, Mohamed Ahmed Amine, la presse électronique peut dévier en abusant de cette liberté.
«Comme les médias électroniques ne jouissent pas encore d’un encadrement réglementaire, la liberté d’expression est pratiquement sans limites. Certains en abusent en publiant des fake news», explique-t-il. Il constate, toujours dans ce contexte, que ce déficit réglementaire est saisie comme une opportunité par certains supports électroniques pour publier des articles audacieux, voire injurieux sous couvert de l’anonymat, et ce, dans le but d’attirer le maximum de followers et donc, plus d’espaces publicitaires. «La situation pourrait devenir encore plus grave, car, plus il y a dse sites électroniques de l’information, plus il y a une concurrence sur les annonceurs et on est encore plus tenté de favoriser les fake news, la provocation et les propos blessants pour créer le sensationnel et s’accaparer la plus grosse part du lectorat virtuel», dit-il. Des rédacteurs, plus soucieux de gains qu’autre chose, «gaspillent» la liberté de la presse en dépassant les limites dictées par l’éthique.
«La presse électronique a permis, certes, l’élargissement de cette liberté, mais d’un autre côté, elle est compromise, dans certains cas, par la faute de certains rédacteurs qui profitent de l’absence de loi dans ce domaine», dit-il. D’où l’impératif, selon lui, de mettre en place une réglementation spécifique à ce type de médias le plus vite possible. Les journalistes de la presse électronique souhaitent également que cette réglementation verra le jour. «Seule la loi peut nous protéger dans le cas où nous commettrions des fautes. Comme nous n’utilisons pas de pseudonymes, nous sommes exposés à des risques. Nous n’avons pas droit à l’erreur. Contrairement aux médias classiques, le temps joue contre nous. Nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre, il faut rédiger et publier l’information avant d’être pris de court. Une fois l’article publié et lu, nous ne pouvons plus nous rattraper et il n’y a pas l’option d’erratum ou de mise au point qui tiennent dans la presse électronique», confie le journaliste du site «Patrie News», Yahia Maouche. Les médias électroniques ont besoin d’une loi, poursuit-il, pour définir les responsabilités, mais aussi pour gagner en crédibilité et vaincre les réticences de certaines sources qui appréhendent de traiter avec ce type de médias.
Farida Belkhiri