Messaoud Amraoui, ancien syndicaliste : «Il faut une hausse automatique des salaires»

Ancien membre de la commission éducation de l’APN et ancien syndicaliste, Messaoud Amraoui a salué la décision du président de la République concernant l’intégration de tous les contractuels du pré-emploi dans le secteur de l’éducation.

S’exprimant au forum du quotidien El Wassat, Amraoui est revenu sur le décret portant augmentation du point indiciaire. Il estime que celui-ci est «décevant et ne répond pas aux attentes». Il a rappelé que la hausse du salaire engendrée par cette augmentation oscille entre 2.200 et 5.000 DA. «C’est une augmentation très infime pour ne pas dire dérisoire d’autant qu’elle est soumise à l’IRG et autres retenues sociales avec une valeur du point indiciaire fixée à 45 DA», se désole-t-il. Pour lui, il serait judicieux d’installer une commission qui aura la mission d’établir un indicateur de la hausse des prix. «Il faut que la hausse des salaires soit automatique au prorata de l’évolution des prix. Le gouvernement ne doit pas attendre les grèves des syndicats pour décider d’une revalorisation des salaires», a-t-il souligné. Amraoui n’écarte pas le retour à la protestation dans les jours et mois à venir. «28 syndicats ont rejeté ces augmentations. Ils sont en colère et ne peuvent pas rester les bras croisés face à la dégradation du pouvoir d’achat. Il y a une hausse injustifiée des prix des produits essentiels», a-t-il alerté.
Lors du dernier Conseil des ministres, le chef d’Etat, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné l’intégration de tous les contractuels du pré-emploi du secteur de l’éducation. Dans ce contexte, le chef de l’Etat a demandé à ce que ce processus soit achevé. Evoquant le statut particulier du secteur de l’éducation, Amraoui a indiqué que ce dernier contient beaucoup d’anomalies à corriger dans les meilleurs délais. Il a mis en avant, entre autres, la promotion, la classification, la valorisation des diplômes, la régularisation de la situation des personnels occupant des postes en voie de disparition.
Concernant les cantines scolaires du primaire, Amraoui a soutenu que les communes ne sont pas habilitées à les gérer. Pour lui, les APC doivent se retirer de la gestion des cantines scolaires qui reviendra au ministère de l’Education. «La plupart des APC sont déficitaires. Leur gestion est critiquable dans ce domaine. Il est constaté de grands dysfonctionnements. Le ministère doit reprendre impérativement la gestion de ces cantines», a-t-il dit.
Amokrane H.