Messaoud Belambri, président du Syndicat national des pharmaciens d’officines : «L’industrie nationale du médicament a fait ses preuves»

Messaoud Belambri, président du Syndicat national des pharmaciens d’officines, vante l’industrie locale du médicament, estimant qu’elle satisfait le marché national à hauteur de plus de 70% et qu’elle participe à la rationalisation des dépenses liées à la santé.

 

Notre industrie du médicament est-elle à même de satisfaire les besoins du marché local ?
Dans l’état actuel des choses, nous sommes au minimum à 70% de satisfaction des besoins locaux. L’industrie nationale du médicament a fait ses preuves, a bien évolué et satisfait convenablement la demande en la majorité des médicaments essentiels. Preuve en est que lors de la crise sanitaire liée à la Covid-19, l’industrie nationale du médicament a satisfait les besoins locaux en antiseptiques, en antibiotiques, en anticoagulants en présentant des molécules génériques ou encore en anti-inflammatoires. En somme, elle a satisfait la demande de l’ensemble des médicaments qui entrent dans le cadre de la prise en charge des malades atteints de Covid. Grâce à cette production nationale, nous avons pu faire face à la pandémie même s’il y a eu des tensions liées à l’explosion de la demande. L’industrie locale a su relever le défi, elle s’est mise à travailler 7 jours sur 7 et à plein temps. On peut, sans complaisance et sans exagération, considérer que la production nationale a réellement joué son rôle et a participé de manière efficace et prouvée à la prise en charge de nos malades. Il y a eu des mécanismes de suivi pour pallier les ruptures et tensions.
Des doutes sont émis par certains quant à l’efficacité des médicaments génériques. Qu’en pensez-vous ?
Non, le produit local, le générique, a fait ses preuves et au niveau de nos officines, les malades ne font plus la différence entre les médicaments importés et ceux fabriqués localement. Les gens ne se rendent même pas compte du fait qu’il y a même des médicaments fabriqués localement avec des partenariats. Aussi, il y a des génériques qui ont fait leurs preuves, y compris pour les maladies chroniques, à l’instar des antihypertenseurs, les antidiabétiques, les médicaments de l’asthme et les anti-inflammatoires. Ce sont des médicaments essentiels et de spécialité qui sont des génériques pour la plupart. Nous avons 80% de générique sur le marché national et nos concitoyens se sont habitués à ces médicaments et leur font confiance, car ayant constaté que ces médicaments font leurs effets et soignent. L’industrie pharmaceutique à travers le monde est le secteur le plus réglementé, et chez nous, la fabrication des médicaments se fait dans les normes et de manière très sérieuse et très réglementée.
Au-delà du bénéfice sur la santé, l’industrie pharmaceutique permet-elle de rationaliser les dépenses ?
Bien évidemment, elle le permet et cela crée des possibilités d’exportation. Le développement de l’industrie pharmaceutique se fait avec l’objectif d’exporter. Il y a au minimum 12 producteurs nationaux qui exportent des médicaments fabriqués localement vers des pays arabes et d’Afrique.
Entretien réalisé par Fatma-Zohra Hakem