Métier-Jardin méditerranéen: Nabila conjugue les fleurs

C’est au Paradis floral qu’elle s’échine à orner ses boîtes et bouquets de fleurs. Elle se veut méticuleuse quant au choix des roses ainsi que celui de la déco. Elle veille aussi au maintien de l’attrait des fleurs offertes le plus longtemps possible. Elle, c’est Nabila, fleuriste, dont la boutique est située au Jardin méditerranéen à Bir El Djir à Oran-Est.
Rencontrée dans son univers préféré, là où elle passe ses journées, Nabila accueille ses clients avec le sourire et beaucoup de sympathie. De l’intérieur, l’univers des fleurs enchante, voire éblouit. Ces espèces naturelles aux multiples couleurs, hélas, ne sont pas à 100% une production locale. «Concernant les roses, nous avons des fournisseurs locaux, notamment de la Mitidja. Quant à la déco, les fleurs utilisées sont importées, telles que les œillets, l’hortensia et les castilles… La fleuriste appelle, à ce titre, l’Etat à accompagner les propriétaires des pépinières, à même de les aider à réussir, localement, ce type de fleurs. «Nous avons tous les facteurs climatiques nécessaires pour réussir des fleurs de qualité pour la déco, surtout que nous avons la belle fleur. Il suffit d’avoir des serres avec une température ambiante», préconise-t-elle.
Le Paradis floral a pu se frayer un chemin et élargir sa clientèle qui se trouve même à l’étranger. La fleuriste travaille avec des sites électroniques spécialisés en vente en ligne des fleurs. Durant la crise du coronavirus, Nabila n’a pas fermé boutique et continuait à travailler, à distance, avec ses clients locaux et ceux de l’étranger. «Pendant la crise sanitaire, les immigrés, qui ne pouvaient pas rendre visite à leurs familles ici, nous contactaient pour offrir des boîtes de fleurs à leurs amis et proches, en guise de réconfort», indique-t-elle. En ce moment, les activités commerciales reprennent progressivement, et la 19e édition des Jeux méditerranéens prévue à Oran, leur a donné un coup de pouce, lance-t-elle soulagée. Aussi, l’ambiance festive et conviviale qui règne en fin de journée au jardin méditerranéen, très fréquenté, favorise les affaires de la petite boutique.
En dehors de la capitale de l’Ouest, Nabila essaie d’étendre ses prestations aux différentes wilayas, à l’image de Tlemcen, Ain Témouchent, Bel Abbès, Relizane et Alger. «Ça marche très bien et nos bouquets sont très demandés», se réjouit-elle. L’histoire de Nabila avec les fleurs est un peu «spéciale», puisqu’elle n’a pas hérité ce métier de ses parents. Elle déroge à la règle de la transmission et continue un projet que sa fille a lancé. «C’est ma fille, qui était très passionnée des fleurs qui s’est engagée dans ce projet. Lorsqu’elle s’est mariée, elle ne pouvait concilier travail et obligations familiales, donc j’ai pris le relais depuis», confie-t-elle. En tout cas, Nabila se dit optimiste quant à l’avenir de la fleur en Algérie, tant les gens se tournent, de plus en plus, vers les bouquets de fleurs comme cadeau à offrir aux patients et aux différentes occasions.
 A. M.