Migration internationale : Larbaoui expose devant l’AG de l’ONU l’approche algérienne

Le représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations unies, Nadir Larbaoui, a exposé devant l’Assemblée générale (AG) de l’ONU, l’approche « globale et intégrée adoptée par l’Algérie sur la question de la migration ».

     Dans son intervention au Forum d’examen des migrations internationales qui s’est tenu sous les auspices de l’AG des Nations unies, l’ambassadeur Larbaoui a souligné « la priorité que le président de la République, M.  Abdelmadjid Tebboune, accorde au dossier migratoire et ses hautes  orientations pour la gestion optimale de ce phénomène, ainsi que la valorisation du rôle de la communauté nationale à l’étranger en tant qu’acteur important dans la réalisation du développement durable ».
A cette occasion, il a mis en exergue « le rôle de l’Algérie, dont la situation géographique et le niveau de développement interne la classent dans la catégorie de pays d’origine, de transit et de destination des immigrés illégaux, afin de faire face à ce phénomène ».
Il a indiqué que « l’immigration illégale est liée aux conditions de sécurité existantes, en particulier dans les pays confrontés à des crises sécuritaires et qui constituent une source de préoccupation, notamment en  ce qui concerne les aspects sécuritaires et sanitaires et celui du travail illégal ».
   Le diplomate a souligné, dans ce cadre, que l’Algérie « gère cette question avec sagesse et responsabilité, en étroite collaboration avec les  pays d’origine et dans le respect de la dignité des personnes concernées qui sont souvent victimes des crises et troubles sécuritaires dans leurs pays d’origine ».
   L’ambassadeur Larbaoui a affirmé que l’Algérie « souscrit aux objectifs du Pacte mondial pour la migration, qui vise à s’attaquer aux causes structurelles de la migration, telles que les faibles taux de  développement, les effets négatifs des changements climatiques et la dégradation de l’environnement, comme elle souscrit également aux objectifs de renforcement des mécanismes de lutte contre le trafic des migrants et d’éradication de la traite des personnes ».  Il a cependant souligné « la souveraineté des Etats et leur droit d’adopter  la législation qu’ils jugent appropriée, et la nécessité d’une mise en œuvre progressive et volontaire du Pacte mondial pour la migration ».
« 400 réseaux de passeurs démantelés en 2020-2021 »
Afin de faire face à ce phénomène, le représentant permanent a passé en revue les efforts déployés par l’Algérie pour assurer l’accueil des migrants dans de bonnes conditions et les prendre en charge, en plus de gérer la situation des immigrés illégaux.
Et d’ajouter : « En plus des moyens matériels et humains consacrés à la prise en charge optimale des immigrés et à la garantie de leur accès gratuit aux services de santé, quel que soit leur statut juridique et financier, notre pays les considère comme faisant partie du plan national de prévention, ce qui leur offre la possibilité de bénéficier du vaccin contre la Covid-19 ainsi que des soins de santé », précisant que « plus de 120.000 immigrés ont récemment bénéficié des soins de santé ».
Par ailleurs, M. Larbaoui a évoqué « le renforcement par l’Algérie de sa coopération avec les pays d’origine, notamment les pays voisins, en initiant des projets structurants de développement économique qui contribuent à stabiliser les populations, en plus d’assurer les services de base dans ces régions, ainsi que de renforcer la formation et la coopération afin d’accroître l’efficacité et l’autonomie de  l’administration locale pour répondre aux exigences du développement ». D’autre part, le représentant permanent algérien à l’ONU a souligné que l’Algérie « ne ménageait aucun effort pour sécuriser ses frontières maritimes et terrestres afin de lutter contre le trafic des migrants et les réseaux de traite des personnes à travers des mécanismes de coopération, tels que le +Programme Frontière de l’Union africaine+ et les +Comités  bilatéraux frontaliers+ avec les pays voisins, pour assurer une coordination accrue face aux passeurs, tout en renforçant la législation  nationale afin de la mettre au diapason des accords internationaux en la matière ». Il a indiqué, à ce sujet, qu' »environ 400 réseaux de passeurs ont été démantelés durant la période 2020-2021″.
« Tant que le monde restera fortement inégal en termes de développement et de conditions de vie, la question de la migration restera un phénomène endémique, puisque la nature de l’être humain le pousse à améliorer ses  conditions de vie », a conclu l’ambassadeur Larbaoui, en estimant que « la meilleure manière pour contenir ce phénomène et d’en faire un choix et non une nécessité, et d’accélérer la mise en œuvre de l’Agenda 2030 du développement durable, afin d’accomplir le développement pour tous, ce qui nécessite davantage d’efforts et une coordination intensifiée, tout en veillant à ce que les pays remplissent leurs obligations, notamment en matière de financement, de renforcement des capacités nationales et de  transfert de technologie ».