Missoum Laaroussi, vice-président du Cnal : «Nous sommes au service de l’artiste»

Le Conseil national des arts et des lettres (Cnal), mis en place en 2011, est un organe consultatif auprès du ministre chargé de la Culture. Le conseil partage ses points de vue, recommandations et suggestions afin de définir les éléments de la politique de développement des arts et participer à la protection et à la promotion des droits des artistes. Missoum Laaroussi, vice-président du nouveau bureau du Cnal installé en octobre 2021 par la ministre de la Culture, évoque les actions du Conseil depuis sa création et ses objectifs.

Le Cnal a-t-il atteint ses objectifs ?
L’Etat fait de grands efforts pour améliorer la situation de l’artiste, et la création du CNAL traduit cette volonté d’offrir aux artistes les conditions d’exercice et de vie adéquates. Depuis sa création, le Cnal a entrepris des pourparlers avec d’autres secteurs, notamment le ministère du Travail et de la Sécurité sociale, pour assurer la couverture sociale des artistes et hommes de lettres. C’est une première en Algérie. La mesure a permis d’identifier l’artiste et de lui donner un statut. Le ministère de la Culture a également pris à son compte de compléter les années de cotisations pour les artistes âgés pour qu’ils puissent bénéficier d’une pension de retraite. Le décret exécutif 21/204détermineles relations de travail entre l’artiste et les différents organismes qui font appel à lui et prend en compte le statut de l’artiste qu’il soit permanent ou intermittent. Le décret détermine les droits et obligations de l’artiste par rapport à son employeur. Le nouveau bureau du Cnal, dans sa feuille de route, envisage d’élaborer une charte de l’artiste qui nous permettra ensuite d’aller vers l’élaboration de la loi sur le statut de l’artiste.
Il y a aussi l’élaboration de la nomenclature des métiers des arts et des lettres qui a identifié 180 métiers. Le nouveau bureau envisage de la mettre à jour et de l’adapter aux nouvelles donnes, notamment les nouvelles technologies qui interviennent dans l’activité artistique. Nous avons également les métiers menacés d’extinction que le Cnal envisage d’introduire dans cette nomenclature pour les préserver.
Le Cnal a entamé, dès sa création, la distribution de la carte d’artiste. En dehors de l’identification de l’artiste et de sa prise en charge sociale, quels sont les avantages qu’elle procure ?
La carte d’artiste permet de bénéficier de subventions et de crédit, notamment par le biais de l’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat pour la création de start-up et micro-entreprise.
La carte a également été mise à jour et bénéficié d’un nouveau design mais surtout présentée dans sa version numérique. Nous projetons, en collaboration notamment avec le ministère du Travail, d’attribuer à la carte d’artiste plus de fonctionnalités.
Quelles sont les mesures envisagées pour la  prise en charge des artistes algériens résidant à l’étranger ? 
Parmi les missions du Cnal figure la promotion de la culture algérienne à l’étranger notamment en direction de notre diaspora. Les artistes algériens qui exercent à l’étranger sont pris en charge et répertoriés. Ils bénéficient des mêmes droits que ceux qui résident au pays.
Entretien réalisé par Hakim Metref