Mohamed Laïchoubi, expert en géostratégie : «Les grandes puissances veulent recomposer le monde»

La bande sahélo-saharienne est le théâtre d’un conflit permanent attisé parles grandes puissances obnubilées par les recompositions géostratégiques, à travers le recours aux plans de déstabilisation et aux interventions militaires.

«Le Sahel est un point chaud stratégique. Le conflit sahraoui n’a rien de philosophique. Il y a un pays qui estime avoir une continuité territoriale sur sa zone d’influence. Or, notre pays ne veut pas que la mentalité de domination et d’hégémonie se structure sur son territoire. Nous voulons un espace d’idées et construire un monde différent et une vision de partenariat différente», a affirmé, ce lundi, l’ancien ministre et expert en géostratégie Mohamed Laïchoubi, lors du forum d’El Moudjahid.
Le conférencier fait savoir que les grandes puissances utilisent les institutions juridiques, commerciales et diplomatiques ainsi que les agences mondiales dans leurs visées. «Les velléités de domination n’épargnent aucun pays, même les alliés de ces grandes puissances», a-t-il mis en garde. Il s’agit notamment de freiner la montée en puissance des pays émergents par la provocation de guerres commerciales et de sanctions.
Evoquant les partenariats internationaux, il a affirmé qu’il n’existe pas de partenaire parfait. «Un partenariat ne doit pas se départir des politiques de prudence. Une analyse et un diagnostic doivent être établis au préalable», a-t-il indiqué. Pour endiguer ces menaces extérieures, l’expert juge opportun de réaliser un véritable équilibre en matière de développement local, en éliminant toutes les formes de marginalisation qui pourraient se révéler «une brèche ou un point de faiblesse». Il a insisté également sur la présence de l’Etat sur «les lieux de compromis», tels que les communes, seul endroit où subsiste la cogestion entre l’Etat et la société. Dans ce sillage, il a mis en avant l’importance d’étendre le tissu économique sur l’ensemble du territoire. En clair, pour faire face à ces périls, «il faut couvrir nos faiblesses en matière de développement et surtout disposer d’une vision stratégique et scientifique».
Amokrane H.