Mohamed Lansari, secrétaire général de la wilaya de Bordj Badji Mokhtar: «Énormes potentialités, nouvelle dynamique»

Entretien réalisé par Amirouche L.

Le secrétaire général de la wilaya de Bordj Badji Mokhtar, Mohamed Lansari, aborde, à travers cet entretien, les différents aspects de la vie socioéconomique de cette wilaya naissante, ses potentialités ainsi que les attentes de sa population. Aussi, lève-t-il le voile sur le travail accompli et celui de tous les jours entrepris par l’administration afin de parachever l’édification de la wilaya de Bordj Badji Mokhtar, désormais de plein exercice.

Peut-on avoir une présentation technique de la wilaya ?
Juridiquement Bordj Badji Mokhtar est instituée wilaya de plein exercice en vertu de la loi n°19-12 du 14 Rabie Ethani 1441 correspondant au 11 décembre 2019 modifiant et complétant la loi n°84-09 du 4 février 1984, relative à l’organisation territoriale du pays, particulièrement dans son article 52 bis 1 qui énonce que les deux communes que sont Bordj Badji Mokhtar et Timiaouine constituent une wilaya. Sa superficie s’étend sur 132.579 km² pour une population avoisinant les 60.000 habitants. Bordj Badji Mokhtar, de par sa position stratégique, frontalière de la République du Mali, dispose d’un important potentiel pour assurer l’essor de sa population, mais aussi contribuer à la dynamique de développement du pays, dès lors qu’elle constitue une des portes du Sahel et par extension, de l’Afrique subsaharienne. Pour le moment, les deux vocations économiques principales de la wilaya sont le commerce et l’activité pastorale, du fait que l’élevage représente une activité importante.

Bordj Badji Mokhtar est désormais une wilaya de plein exercice. Quel est l’apport de ce nouveau statut à la population locale ?
Permettez-moi d’abord d’évoquer l’utilité du nouveau découpage administratif et sa finalité. En officialisant la création de dix nouvelles wilayas, dont Bordj Badji Mokhtar, le président de la République a donné véritablement corps à deux principes primordiaux, visant à mieux prendre en charge les attentes des populations, et ce, où qu’elles soient établies à travers tout le territoire national. Il s’agit d’abord de rapprocher l’administration du citoyen et veiller au quotidien et avec les moyens requis de consacrer l’équité, en ce qui concerne, notamment, le développement socioéconomique de toutes les régions du pays. Bordj Badji Mokhtar en est l’exemple parfait. Auparavant, lorsqu’elle était wilaya déléguée, le chef-lieu de Bordj Badji Mokhtar était distant de 800 km d’Adrar, dont il relevait administrativement. Désormais avec son nouveau rang, cette wilaya naissante dispose de tous les démembrements, services et prérogatives d’une wilaya de plein exercice. Outre les directions de l’exécutif et celles d’autres secteurs qui sont déjà opérationnelles, la wilaya, grâce aux dernières élections, a renouvelé les composantes de ses deux APC, mais aussi dispose de son APW. Elle a également ses représentants dans les deux chambres du Parlement. En somme, l’édifice administratif et des représentants élus est entièrement parachevé.

Comment s’est déroulée l’installation des différentes institutions et directions dans la wilaya ?
Elle s’est déroulée dans les meilleures conditions, et nous œuvrons actuellement à la finalisation du transfert de gestion des projets et des programmes de la wilaya-mère, en l’occurrence Adrar. L’opération se déroule comme prévu avec le concours de tout le monde. C’est un moment exceptionnel. Mieux encore, tous les programmes au titre de l’exercice en cours sont inscrits au nom de notre wilaya, et pour les anciens programmes implantés à Bordj Badji Mokhtar sont en phase de transfert et leur exécution se fait suivant la procédure réglementaire. Par ailleurs, le projet de la cité administrative (en préfabriqué) comportant 40 logements et 30 espaces administratifs sera réceptionné ce mois de juin, en attendant la construction d’autres sièges, dont le choix du terrain a été identifié.

Est-ce que les premiers fruits de ce nouveau statut sont palpables ?
Nombre de difficultés ont été surmontées. Je cite l’exemple de la disponibilité de l’eau dans les robinets de Timiaouine qui, pour la première fois, les citoyens ont passé le mois de Ramadhan sans crise. Au chef-lieu de wilaya, voit de nombreux véhicules touristiques. Or, par le passé, il faut avoir une voiture à quatre roues motrices pour y circuler. Ceci pour vous dire que Bordj Badji Mokhtar est devenu un grand chantier pour améliorer les conditions de vie de ses concitoyens. Grâce au programme en cours, des sections de route dans la ville ont été déjà livrées et l’effort se poursuit. Idem pour l’assainissement et l’extension des autres réseaux. D’ici la fin des chantiers, ce sont toutes les rues de la ville qui seront modernisées et rénovées. La wilaya a entamé une véritable dynamique de développement socioéconomique. Cet effort vise, à terme, à consolider la base des structures et des équipements devant permettre aux citoyens de la wilaya d’évoluer dans un environnement qui répond à leurs attentes. La création de la wilaya concourt à cet objectif.

L’état de la RN-06 qui relie Reggane à Bordj Badji Mokhtar et de cette dernière à Timiaouine est dans un état dégradé. Y a-t-il un programme en perspective pour le rénover ?
Effectivement, la RN-06 est un problème, d’autant qu’elle représente pour la wilaya un axe très important non seulement dans l’équation économique locale, mais aussi pour le confort des voyageurs et la disponibilité des moyens de locomotion. Il faut dire que les conditions climatiques à Tanezrouft sont des plus difficiles. Toutefois, il y a lieu de mentionner que des projets pour moderniser cet axe sont en cours. Dès lors que c’est une priorité pour la wilaya et son développement, des propositions ont été formulées et des procédures sont déjà entreprises pour que ce projet structurant voit le jour dans les meilleurs délais. En attendant, la desserte aérienne entre Bordj Badji Mokhtar et Adrar est quotidienne, avec deux vols le dimanche. Afin de répondre à la demande, nous avons veillé à ce que des avions de grandes capacités (Boeing) assurent la liaison. Chose qui devrait se concrétiser très prochainement.

Qu’en est-il des autres secteurs d’activité ?
Outre le commerce et l’élevage, Bordj Badji Mokhtar dispose de potentialités pour développer l’industrie, le tourisme, l’artisanat, l’agriculture ainsi que d’autres créneaux générateurs de richesse et créateurs d’emplois. La wilaya met tout en œuvre afin d’accompagner et assister cette nouvelle dynamique.
 A. L.