Mohamed Taïbi, politologue : «L’Algérie est capable de réunir les différentes factions palestiniennes»

L’Algérie a de tout temps appelé à l’unification des rangs entre les différentes factions palestiniennes. Sa proximité l’Etat et le peuple qu’elle a vu naitre d’ailleurs sur son sol la prédispose à abriter une conférence inter-palestinienne. C’est du moins ce qu’estiment deux politologues, Amar Rekhila et Mohamed Taïbi, qui estiment, par ailleurs, qu’on ne peut aucunement préjuger des suites à donner à cette conférence quant à l’avenir des relations inter-palestiniennes.

«L’Algérie peut abriter une rencontre inter-palestinienne qui est plus que nécessaire», lance à ce propos Taïbi, politologue et maître de conférences, précisant dans le même ordre d’idées que «depuis la création de l’Etat palestinien à Alger, la réunification des organisations palestiniennes est un élément prépondérant de la politique algérienne». De son avis, «aujourd’hui, il est encore plus pertinent de réunir toutes les parties palestiniennes». Les raisons ? «L’Algérie souhaite les intégrer dans la nouvelle donne géopolitique», soutient-il, précisant qu’«aux yeux des Algériens, la Palestine n’est pas un acteur marginal, mais plutôt un acteur qui peut s’avérer actif sur les issues possibles de toutes les crises arabes, d’où la nécessité, poursuit-il, de les voir réunies pour mieux affronter les enjeux qui se pointent à l’horizon». Dans ce cadre, Taïbi fera observer qu’une pareille initiative est considérée comme «un message fort de l’Algérie que ce soit dans l’échiquier arabe ou international». Interrogé sur la possibilité de rapprocher les mouvements palestiniens, Taïbi fera remarquer que «l’Algérie pourra à tout le moins atténuer un tant soit peu les différences et divergences qui minent le champ palestinien».
C’est aussi d’ailleurs ce que pense Amar Rekhila, politologue, historien et professeur en droit public. De son avis, «aucun Etat, y compris l’Algérie et même l’Egypte, ne peut unir les rangs des Palestiniens ni aplanir leurs divergences, conflits ou différences». Selon lui, «c’est une question palestino-palestinienne qui se décide en interne». Revenant sur la possibilité de la tenue d’une conférence inter-palestinienne en Algérie, il estime qu’il s’agit d’une forte éventualité. «Quand on connaît la position des Palestiniens vis-à-vis de l’Algérie, on ne peut qu’estimer qu’il y a grandement une possibilité de les voir réunis, ici chez nous, à l’occasion d’une conférence», lance-t-il, précisant que  cela est d’autant plus plausible que «l’Algérie n’a jamais pris position en faveur d’une tendance au détriment d’une autre, elle a toujours défendu la cause palestinienne avec neutralité». En ce sens que, selon Rekhila, l’Algérie a la possibilité avérée de réunir les différentes factions palestiniennes, mais au-delà, «ce qui adviendra de cette réunion ne tient qu’aux Palestiniens». «Il appartient aux Palestiniens de décider de l’avenir de leurs relations en fonction de leurs visions et objectifs», soutient-il à cet égard.
Fatma-Zohra Hakem