Mois sacré : Cette propension des Algériens à l’entraide

Le mois de Ramadhan a toujours été l’occasion de réunir les individus et les familles. L’évolution de la société n’a rien changé à cette tradition qui reste un point de repère dans le calendrier de tous les Algériens.

Les générations évoluent et changent, mais aucun ne s’imaginerait pour autant manquer à la table d’el Iftar où se réunissent et mangent en même temps tous les membres de la famille. Pendant un mois, dans une atmosphère pieuse et festive, un rite collectif se déroule, la famille et les amis se retrouvent autour d’une table bien garnie de différents plats traditionnels aux parfums authentiques. Tout le monde et le bienvenu, proches, amis et voisins. On cuisine, d’ailleurs, un peu plus que d’habitude pour satisfaire, sublimer et surprendre les fins gourmets. Renouer avec ce moment de partage est synonyme de générosité, de prières et de repas partagés dans la joie.
Une occasion pour les plus jeunes qui rêvent de se joindre à la table des grands, d’apprendre le sens du partage et l’importance de préserver le lien familial à l’ère où tout passe par le numérique. Très attachés à leurs us et coutumes, les Algériens tiennent durant ce mois de piété aux échanges mutuels entre les membres et proches de la famille à travers les visites et les soirées qui finissent souvent autour d’un thé et de douceurs. Préoccupées par le quotidien, il n’est pas toujours évident de réunir toute la famille qui demeure, pourtant, une valeur sûre, que ce soit celle qui nous lie par le sang, ou celle que l’on s’est créée. Ce moment de retrouvailles familiales par excellence témoigne du poids de la tradition dans notre société et de l’importance de ce refuge pour se ressourcer et se rapprocher de ceux que l’on n’a pas l’occasion de voir souvent. Il y a durant cette période une quête de perfection, une envie de se rapprocher au plus près de ce symbole de piété et de solidarité qui fait qu’on se pardonne tout pour revenir à l’essentiel et se recentrer la symbolique de ce mois. Le caractère presque obligatoire de cette réunion sociale permet, au-delà de la solidarité qui demeure le sens et l’essence même de ce mois sacré, de se rapprocher de ceux que l’on aime, loin des tensions familiales. Il s’agit avant tout d’un mois de piété et de réconciliation. Le Ramadhan implique, ainsi, une organisation nouvelle pour pouvoir évoluer, avec toute la famille, dans une parfaite harmonie, une ambiance chaleureuse et rassurante où l’on commémore ensemble la révélation du Coran, la gratitude et la compassion avec les plus démunis.
Le foyer devient, l’espace d’un mois, un point de repère et de chute rassurant et l’occasion de partager des moments importants autour des mêmes valeurs. Et révèle ce besoin de stabilité, de grandir dans l’excellence morale et de renforcer notre sentiment d’appartenance à l’islam dans sa dimension la plus sacrée. En somme, le Ramadhan est une période très sociale où l’on s’invite à rompre le jeûne et à se sentir proches les uns des autres
Assia Boucetta