Mosquée du Pacha :L’atypique minaret octogonal

Certains spécialistes du patrimoine affirment qu’Oran est la ville la plus fortifiée dans le pourtour de la Méditerranée. Ce constat en dit long sur le nombre inestimable de sites historiques et de lieux de culture qu’elle recèle autour des divers forts. La mosquée du Pacha, un énième site touristique mérite de s’y arrêter pour d’abord admirer son architecture puis connaître son histoire.
Il est situé à la rue Philippe et surplombé par le Palais du Bey construit sur le site du Fort Rosalcazar. Son haut minaret est splendide et suscite l’admiration des spécialistes du patrimoine, dont Kouider Metaïr. Ce chercheur et «monstre» du patrimoine estime que la mosquée du Pacha est la seule typiquement ottomane, dont le minaret est octogonal. Elle a été construite en 1796, après la libération de la ville d’Oran sur l’ordre du bey Mohamed El Kbir, faisant ainsi suite à la résidence secondaire perchée sur les vestiges du Fort espagnol, à savoir le Palais du Bey. De l’intérieur, la salle des prières, elle, est vaste et très belle. A l’entrée de ce lieu de culte, une grande porte en bois, aussi majestueuse. Elle donne, d’emblée, sur une cour où l’on peut voir émerger une vasque soigneusement décorée. En fait, la fontaine sert d’endroit d’ablutions en face d’une véranda en forme circulaire. Elle est délimitée par de jolies et modestes arcades et fait office d’un promenoir, où les fidèles peuvent se mettre à l’abri du soleil ou encore des pluies. Cette mosquée a été dédiée au pacha Hassen qui a participé financièrement à sa réalisation. Selon les historiens, plusieurs biens en composent la dotation, dont des immeubles, des magasins et des boutiques. C’est d’ailleurs ce qu’indique une pierre détachée de ce monument posée actuellement dans la salle d’archéologie musulmane du musée d’Oran. Ce qui fait la solidité de son bâti et sa résilience sont ses fondations dont la hauteur dépasse celle du minaret.
Actuellement, la mosquée fait l’objet d’une opération de restauration initiée par le ministère de la Culture et des Arts. L’opération entre dans le cadre d’une coopération avec une société turque qui s’est chargée de la restauration de la mosquée Ketchaoua, à Alger, conclut
Metaïer.
nF. B.