«Mossibat ouaay» présentée au TNA : La prise de conscience sur le sens de la vie

Adaptée par Mohamed Bouhmam de l’œuvre  «La fenêtre»  du polonais Ireneusz Iredynski  et produite par le théâtre régional Mohamed Triki de Guelma,  la pièce «Mossibat ouaay» (drame de la conscience), a été présentée,  dimanche soir,  au théâtre national algérien Mehieddine Bachtarzi.

Dans un décor  qui représente l’intérieur d’un appartement, la  pièce met en scène un couple, Dounia (Assma Chikh) et Halim (Ouail Bouzida), qui mène une vie normale et une existence rythmée par un quotidien routinier. Du jour au lendemain,  Halim, subjugué par la vue d’une lumière apparue furtivement à la fenêtre d’un immeuble en face de chez lui, se détache de sa femme et du monde et passe son temps à guetter la réapparition de la lueur.
Malgré l’insistance de Dounia et ses tentative de ramener son mari à une vie normale et lui redonner envie de retrouver leur moments de bonheur et d’intimité, Halim semble insensible aux suppliques de  sa femme. Il continue à épier la fenêtre attendant seulement  la réapparition de la lueur. A partir du moment où Halim prend conscience de son existence et aspire à un idéal qui dépasse son quotidien d’homme, se dresse entre lui et sa femme une  barrière  d’incompréhension.
Le metteur en scène explique que dès que  l’homme tente de sortir du cercle fermé de la vie quotidienne, il est confronté » à l’incompréhension des autres et leur refus à quitter le confort de leur routine même si celle-ci s’avère négative. Cette prise de conscience est une cassure qui se produit entre l’individu et son entourage. Pour lui, il est inconcevable de revenir à cette vie banale. Pour son entourage,  il est considéré comme un marginal  et un danger pour l’équilibre établi.
Un duel s’installe entre Dounia et Halim, durant lequel chacun tente de convaincre l’autre de le rejoindre dans sa conception de la vie, jusqu’au moment ou Dounia, à son tour, arrive à apercevoir cette lueur , prend conscience de l’insignifiance de sa vie et comprend le comportement de son époux.
Au long de la pièce, d’une durée d’une heure,  Bouhmam  établit le constat des rapports fragiles  entre hommes  et femmes. A travers Dounia, c’est l’image de la femme et sa place dans le couple et la société que Bouhmam  tente d’interroger. Il met en exergue l’importance du dialogue et de l’argumentation logique pour parvenir  à l’entente et l’harmonie. Outre  « Mossibat Ouaay » Bouhmam a également mis en scène d’autres  adaptations d’œuvres universelles notamment  « Les grenouilles » d’Aristophane et   des pièce de sa propre création comme « Hayat », « Al Sahar », Hay ou Meyet ».
Hakim Metref