Mouloud Kheloufi, président de l’Association générale des entrepreneurs algériens: «Une parade contre le chômage»

L’auto-entrepreneuriat peut se révéler une solution pour de jeunes diplômés ou ayant des qualifications professionnelles pour échapper au chômage. Ils se lancent dans la création de leur propre entreprise pour concrétiser un projet et réaliser leur rêve.

Avoir un diplôme en poche n’est pas une garantie de décrocher un poste d’emploi. Des milliers de jeunes souffrent de chômage et ont du mal à se projeter dans l’avenir. «L’auto-entrepreneuriat permet non seulement de se soustraire aux griffes de l’oisiveté et du désespoir, mais aussi de créer de l’emploi et de la richesse», estime Mouloud Kheloufi, président de l’Association générale des entrepreneurs algériens.
Les entreprises fragilisées par la crise sanitaire ont du mal à sauvegarder les emplois et les opportunités pour les jeunes diplômés d’intégrer la vie active se raréfient. Les offres sont très réduites à cause de la situation financière de la majorité des entreprises, tous secteurs confondus. La Covid-19 a énormément impacté la santé des populations et des entités économiques, dont un bon nombre a mis la clé sous le paillasson. «Avoir sa propre entreprise s’impose comme solution, notamment après la mise en place par les pouvoirs publics d’institutions de financement des porteurs de projet», ajoute le patron qui évoque l’envie d’indépendance et de libertés. «La société évolue et les nouvelles générations ont leur mode de réflexion et de perception du monde de l’entreprise. Ils sont enclins à se construire un avenir sans trop empiéter sur leur temps ou leurs loisirs. Travailler à son propre compte a beaucoup d’avantages», fait-il remarquer.
Il s’agit également, poursuit Kheloufi, de concrétiser leurs idées et gagner leur vie en conciliant leur gagne-pain et leur passion dans leur domaine de prédilection. «Travailler dans son domaine préféré ou conforme à sa formation initiale n’est pas le cas de tous. Certains jeunes diplômés sont contraints de suivre des stages ou des formations pour prétendre à un poste de travail. L’évolution du monde du travail et l’apparition de nouveaux métiers n’arrangent pas trop les universitaires ou autres diplômés de la formation professionnelle. A ce titre, l’auto-entrepreneuriat s’impose comme solution à cette catégorie de jeunes», soutient-il. Par ailleurs, les aides à la création d’entreprises accordées aux porteurs d’idées et de projet motivent davantage les jeunes. Enfin, le président de l’AGEA met l’accent sur l’impératif d’accompagner et d’assister de ces entrepreneurs.
«Dispenser des formations dans la gestion d’entreprise est capital pour la réussite des projets. Accorder un crédit à un jeune porteur de projet n’est pas suffisant», souligne-t-il. Selon lui, celui-ci a besoin d’autres connaissances pour une gestion des financements, de la ressource humaine et des outils de production. «C’est tout un savoir-faire qu’il ne possède pas mais qu’il peut acquérir avec l’expérience», conclut-il. Depuis le début des années 2000, les jeunes entrepreneurs ont le vent en poupe aidés en cela par divers organismes chargés de les soutenir.
Karima Dehiles