Mourad Nekkache, président du Syndicat national des postiers : «Il faut augmenter les salaires»

Pour Mourad Nekkache, président du Syndicat national autonome des postiers (SNAP), la classe moyenne est menacée de disparition. Il  appelle ainsi à une augmentation salariale et à une régulation du marché pour lui permettre de se maintenir.

Comment la classe moyenne fait-elle face à l’inflation ?
La classe moyenne risque de disparaître si l’inflation continue sa progression effrénée. Cette classe est en difficulté et subit les contrecoups des hausses successives et importantes des prix des produits de large consommation. Cette situation ne menace pas uniquement la classe moyenne, mais aussi la cohésion sociale.
Quelles sont les solutions à cette situation ?
Il n’y a pas de solutions immédiates pour mettre fin à l’inflation, et ce, en raison des causes de la situation que nous vivons aujourd’hui. Les politiques économiques menées durant ces deux dernières décennies caractérisés par une absence de visibilité et d’anticipation sont à l’origine de la crise. Et quand il y a crise, il est difficile de trouver des solutions immédiates.
Concrètement parlant, que préconisez-vous ?
Nous revendiquons une augmentation des salaires dans l’immédiat pour mieux répondre aux exigences de la vie quotidienne et préserver la cohésion sociale, ceci en attendant des solutions structurelles à l’économie nationale. Il faudrait ensuite, au travers de solutions bien réfléchies, faire sortir l’économie nationale du marasme dans lequel elle se débat depuis plusieurs années.
Ne faudrait-il pas aussi intervenir sur la régulation du marché ?
La régulation du marché fait partie de la panoplie de mesures que les pouvoirs publics sont appelés à mettre en œuvre avec les acteurs économiques nationaux. Si l’on veut solutionner définitivement les problèmes récurrents de l’inflation, il faut une démarche de concertation.
Quelles seront les conséquences d’une éventuelle fragilisation de la classe moyenne ?
Ce sera un effondrement de l’économie nationale, car c’est elle qui en est le moteur.  La classe moyenne booste la consommation et donc la production et permet à une économie de se tenir. Donc, il faut miser sur le maintien de cette catégorie sociale en lui garantissant les moyens d’existence.
Entretien réalisé par Fatma-Zohra Hakem