Musée du moudjahid : Boudiaf, une grande figure du nationalisme

Le lundi 29 juin 1992 fut assassiné, à la Maison de la culture d’Annaba, Si Tayeb El Watani, de son vrai nom Mohamed Boudiaf.Il était un des fondateurs de l’Organisation spéciale (OS), du Comité révolutionnaire pour l’unité et l’action (Crua) et du Front de libération nationale (FLN).

Le musée du moudjahid d’Alger a commémoré, ce mercredi, le tragique événement en organisant une conférence sur son riche parcours. Animée par Aïssa Gasmi, moudjahid, militant et auteur, Abdellah Athamnia, ancien cadre et avocat, et Hocine Abdessatar, chercheur, celle-ci a ressuscité cette grande figure du nationalisme.  Gasmi a qualifié Boudiaf de «grand révolutionnaire et d’homme d’Etat incontestable». «L’homme est un nationaliste et sa perte reste un moment tragique et une source de peine inconsolable», a-t-il soutenu. Selon l’ancien de la DGSN, «Tayeb El Watanine craint pas la responsabilité. Là où il est passé, il a su tirer son épingle du jeu», a-t-il ajouté. Evoquant son itinéraire, il a rappelé qu’il commença très jeune sa vie de militant politique au sein du PPA. Boudiaf, né le 23 juin1919 à M’sila, y adhéra après les massacres du 8 Mai 1945.
Selon Gasmi, «Boudiaf et son adjoint Mourad Didouche étaient les principaux organisateurs d’un impressionnant cortège algérien lors du défilé du14 juillet 1953 à Paris». L’orateur s’est attardé ensuite sur son rôle au sein du Crua qui a permis de relancer le MTLD empêtré dans ses divisions qui ont failli l’emporter. «Boudiaf est un patriote nourri par les idées révolutionnaires», a poursuivi Gasmi qui a proclamé, en conclusion, que la lutte de notre peuple était contre le système colonial et nullement contre le peuple français».
Abdessatar a mis en avant l’implication de Boudiaf dans la constitution du Groupe historique des 22 qui s’est réuni, pour la première fois, le 24 juin 1954 au domicile du militant Elias Derriche, à El Madania (ex-Clos-Salembier), à Alger. «La réunion était présidée par Mustapha Ben Boulaïd, et Boudiaf a été chargé de la rédaction et de la lecture du rapport général», a-t-il précisé, avant de souligner que le Groupe était convaincu de devoir recourir à l’action armée contre la France quine connaît qu’un seul langage, celui de la violence, d’autant plus que depuis les massacres du 8 Mai 1945, les Algériens ont perdu toute illusion de réforme et pris conscience que la lutte armée est devenue la seule solution.
«La réussite du Groupe des 22 a ouvert la voie à la constitution du Groupe des 6 dont faisait partie notamment Boudiaf, Krim, Ben M’hidi, Bitat qui a organisé des réunions à Algerau domicile du militant Mourad Boukechoura à l’ex-Pointe Pescade, où ils ont proclamé la naissance du FLN et choisi la date du 1ernovembre pour déclencher la Révolution. L’intervenant a mis enfin en exergue le rôle de Boudiaf et de Ben Boulaïd pour convaincre les dirigeants du MTLD en Kabylie, Krim Belkacem et Amar Ouamrane, encore sous l’influence de Messali, pour s’impliquer dans les préparatifs du 1erNovembre.
Il y a lieu de rappeler que Boudiaf, à son retour d’exil en janvier 1992au lendemain de l’interruption du second tour des législatives, a présidé le Haut-Comité d’Etat instance exécutive qui a remplacé Chadli qui avait démissionné.
A. Hamiche