Musée du Bardo (Alger) : Retour aux sources de l’identité

A l’occasion du mois du patrimoine, nous nous sommes rendus au musée du Bardo où Khelifati Djedam, chef du service communication et animation du musée, nous a dévoilé la programmation spécial Ramadhan dans ce bijou architectural, entretenu avec amour. Lors de notre visite, nous avons rencontré une classe du  primaire venue découvrir ce lieu historique, dans le cadre d’une convention entre le musée et le ministère de l’Education pour permettre aux jeunes de connaître le patrimoine de l’Algérie.

Le musée du Bardo, inauguré en 1930 et classé monument historique et musée national en 1985, propose des reconstitutions de salles au niveau du palais. Il y a le café mauresque, la cuisine avec ses ustensiles et son four utilisé pour chauffer le hammam, des salles de vie, c’est-à-dire des salons ou les chambres des personnes qui habitaient le palais. Les pièces sont décorées par des lustres, de la faïence, des coffres, un alambic et un encensoir, comme à l’époque ottomane. Etant un palais d’été, il est situé en dehors de La Casbah et surplombe les jardins alentours.
Pour le mois du patrimoine, placé cette année sous le thème de «notre patrimoine immatériel : identité et authenticité», le Musée propose un riche programme en plus de deux expositions inaugurées avant le mois du patrimoine et toujours en cours. La première concerne  l’ethnographie africaine et la deuxième les bijoux algériens.
Des conférences animées par des chercheurs et des docteurs algériens sur le thème du patrimoine et de l’archéologie en général sont au programme. Il y aura également des ateliers pédagogiques pour enfants avec notamment des carrés de fouilles archéologiques au niveau du jardin du musée. Les ateliers vont traiter de la parure préhistorique, du tifinagh, de la poupée traditionnelle, de  la chasse préhistorique à base de propulseur, de la poterie et enfin des  gravures et de l’art rupestres. À l’occasion du mois de Ramadhan, des soirées musicales, notamment andalouses, sont prévues.
Le public est reçu quotidiennement et peut demander des visites guidées de 9h à 15h30 durant le mois de Ramadhan et jusqu’à 16h30 le reste de l’année. Les visites sont menées par des professionnels qui sont des conservateurs du patrimoine. Le musée dispose également d’une bibliothèque composée de nombreux ouvrages. Plus de 5.000 titres traitent de différents sujets et thématiques, tels que les fonds qui parlent de la préhistoire, l’anthropologie, la conservation et restauration, l’architecture patrimoniale, la muséologie, l’histoire et l’archéologie ainsi que les arts et les beaux-arts. Pour  consulter, il suffit de s’inscrire, et un léger dossier est demandé.
Suivez le guide
L’exposition sur l’ethnographie africaine rassemble plus de 150 objets appartenant à la collection du musée. Sont représentés les rites funéraires, quotidiens ou cérémoniaux des tribus de l’Afrique subsaharienne. Plusieurs objets de la vie de tous les jours sont exposés, mis en valeur et illustrés par des annotations permettant aux visiteurs de mieux comprendre tant leur symbolique que leur utilisation. C’est un parcours qui permet de rentrer pas après pas dans les us et coutumes de ces  tribus et plonge le visiteur dans une époque lointaine bien préservée par le musée.
Il y a par exemple des instruments de musique, qui ont une grande valeur et une place promo l’ordinale dans les tribus. Des ustensiles de cuisine sont exposés pour montrer le niveau d’évolution des tribus, des masques portés lors de différentes occasions et de diverses façons qui renseignent sur les croyances et la place du surnaturel. Des vidéos montrent les danses et les musiques africaines afin de mieux comprendre leur importance en temps de fête et de guerre et lors  des jours ordinaires.
On peut également retrouver des bijoux africains qui datent des XIXe et XXe siècles. Des statues et statuettes qui sont des symboles de sagesse, de force, trônent sont présentées au public. Qu’ils soient d’usage collectif ou individuel, ils portent chance, protègent, permettent d’identifier les tribus ou d’invoquer les esprits.
Les rites lors des guerres, les armes et les accoutrements des guerriers sont de même expliqués au public. Les matériaux utilisés sont l’ivoire, le bois, les métaux et le cuir.
Concernant les bijoux algériens, ceux-ci proviennent de différentes régions du pays. Les bijoux citadins, des grandes villes comme  Alger et Tlemcen sont  en diamant, or ou argent. Les bijoux kabyles possédant une touche particulière sont composés de corail et de pâte d’émail.
Le bijou des Aurès est composé avec des perles de verre et a un style de chaînes particulier et des chevillières en tête de serpent. Celui de l’Atlas saharien a le même style de chaîne  avec plus de symboles. Celui des oasis sahariennes est en cuir, alliage de métaux et plastique, le Sud étant un point de transit. Il représente généralement des croix du Sud et des symboles à multiples significations.
Sarra Chaoui