Mustapha Mekidèche, expert en économie : «Le contexte actuel est favorable aux investissements»

L’économiste Mustapha Mekidèche plaide pour la valorisation des secteurs porteurs et à forte valeur ajoutée, soulignant que seuls les investissements peuvent conduire la croissance économique à un niveau plus élevé, mais aussi à la création de l’emploi.

« Il va falloir sortir de la situation molle de notre économie. Le projet du code de l’investissement apportera des éléments nouveaux à même de sécuriser l’acte d’investissement et d’assurer surtout l’équité et la rapidité dans le traitement des dossiers», a-t-il souligné ce dimanche sur les ondes de la radio chaine III. L’expert note  que le contexte actuel est «favorable aux investissements», d’autant plus que «le cadre macroéconomique a été consolidé en 2021», soulignant le taux de croissance avancé par le FMI de l’ordre de 4,1%. «C’est un taux qui est bon, mais pas suffisant pour sortir de la situation de notre économie.» Selon lui, il est nécessaire d’augmenter de manière significative la valeur du produit intérieur brut (PIB) par habitant pour être parmi les pays émergents. «Actuellement, notre PIB est de 3.337 dollars par habitant, alors qu’il est de 7.000 dans les pays émergents .Il faut doubler cet indicateur. Pour ce faire, il faut tout simplement lancer des investissements massifs.» Mekidèche est pour la création d’un ministère de l’économie auquel sera assignée la tâche d’élaborer la vision et de créer des synergies.
Poursuivre la politique de substitution à l’importation
 L’expert en économie a souligné qu’il est temps aujourd’hui de consacrer une stratégie de développement économique et sociale dans certains secteurs, citant l’agriculture, le tourisme et les mines. Il a fait savoir que pendant des années, l’Algérie était dans une situation «de non-gouvernance économique» qui a fait que de nombreuses opportunités d’investissement ont été ratées. Il cite comme exemple l’industrie automobile reposant sur un transfert de rente.
Mekidèche soutient que les opportunités d’investissement ne manquent pas dans divers domaines, notamment dans la pétrochimie. Il a fait savoir qu’actuellement, les volumes d’importation du plastique, par exemple, sont importants. L’économiste a indiqué que la politique de substitution à l’importation devra se poursuivre et s’approfondir malgré les pressions multiformes mises en place par les lobbies de l’importation. «C’est un combat qui nécessite un front uni de la part des producteurs et un processus politique plus large», a-t-il dit. «La Sonatrach a donné l’exemple en reprenant ses investissements dans l’amont pétrolier, mais aussi dans la pétrochimie avec des projets», a-t-il dit, citant les contrats signés dernièrement que ce soit avec la Chine, l’Italie…
Sécurité alimentaire : Une stratégie s’impose
Concernant le conflit russo-ukrainien, l’économiste a mis en avant ses répercussions sur le plan géopolitique, indiquant qu’il a remis sur la table la question de la souveraineté avec le retour notamment du «nationalisme économique», notamment dans les pays occidentaux. Ce contexte, a-t-il dit, restructure la politique internationale. «L’Algérie s’est déjà inscrite, à travers sa politique étrangère, dans cette dynamique puisqu’elle diversifie déjà ses relations», a-t-il relevé. Et d’ajouter : «  Il va falloir à la fois avoir une stratégie qui permette d’avoir une souveraineté alimentaire», a-t-il conclu.
Wassila Ould Hamouda