Nabil Djemaa, économiste et expert financier :«Des conditions juridiques, financières et réglementaires doivent être remplies»

Entretien réalisé Fatma Zohra Hakem

L’ouverture de succursales de banques publiques algériennes dans crtains pays africains est destinée à accompagner les exportateurs nationaux et leur permettre de rapparier leur argent, explique Nabil Djemaa, économiste et expert financier. Selon lui, cette ouverture doit être sous-tendue par une maîtrise des règles du commerce international.

Quel est l’objectif poursuivi à travers l’ouverture d’agences bancaires algériennes en Afrique ?
Cette ouverture a pour but d’aider nos concitoyens à exporter vers l’Afrique. Autrement dit, garantir un accompagnement des exportateurs vers les pays africains. Si vous voulez exporter, il faut avoir des banques à l’international, c’est une condition pour pouvoir aussi rapparier l’argent issu des exportations. Dans ce cadre, il y a lieu de noter qu’il y a des risques financiers à l’export. Le risque financier dans les pays africains est important. En ce sens qu’il y a des risques liés au rapatriement de l’argent. En effet, on signe les contrats, on envoie la marchandise, mais on n’est pas payé en retour. C’est dans cette optique que des opérateurs économiques algériens ont demandé l’ouverture debanques à l’étranger et ce pour avoir la garantie d’être payés en contrepartie de l’exportation de leurs marchandises. En ce sens qu’il faut avoir des institutions en Afrique pour aider les exportateurs algériens à rapatrier leurs fondparce que si vous ne rapatriez pas l’argent, il y a un risque d’emprisonnement, selon la loi algérienne. Autrement dit, une année après l’envoi d’une marchandise, vous devez impérativement rapatrier l’argent sinon, vous tombez sous le coup de la loi qui prévoit en pareille circonstance des peines de prison. Il faut savoir que nous avons accumulé beaucoup de retard dans l’ouverture d’agences bancaires à l’étranger. Il y a eu des tentatives dans le passé, mais qui n’avaient pas abouti.
Quelles sont les conditions pour l’ouverture d’agences bancaires en Afrique ?
Nous devons nous soumettre à la réglementation de ces pays et à la réglementation internationale en matière de commerce mondial. Il y a trois types de conditions à satisfaire : financières, réglementaires et juridiques. Il faut maîtriser les règles de la chambre de commerce internationale prendre connaissance de l’International Banking Practice (IBP), c’est-à-dire les pratiques internationales bancaires. Il y a aussi la nécessité de connaître le commerce extérieur et ses rouages. En outre, il faut maîtriser les financements internationaux, savoir ce que c’est un crédit acheteur, ce que c’est un crédit financier. De ce fait, il faut, dans le même ordre d’idées, miser sur la formation et la maîtrise des règles du commerce international pour s’inscrire dans la durée. Avant d’ouvrir une banque, il y a lieu de faire une étude de marché au préalable pour évaluer la rentabilité de la démarche.
F.-Z.H.