Nabil Djemaâ, économiste : «Un rendez-vous incontournable pour les producteurs»

La foire est un évènement et un rendez-vous d’importance permettant de faire connaître la production nationale. Selon Nabil Djemaâ, économiste et professeur d’université, ce genre de manifestations devraient se multiplier.

Quel est impact d’une foire de cette envergure pour l’économie nationale ?
Il s’agit d’un évènement important surtout sur le plan de la communication pour les entreprises algériennes, dont beaucoup sont peu promues. Cette foire constitue donc une opportunité pour une meilleure promotion. Je déplore qu’en Algérie, nous n’avons pas une base de données des entreprises. Nous ne connaissons pas les producteurs, sinon peu. Idem pour les industriels. Autrement dit, il y a un manque de communication flagrant, notamment sur l’échiquier commercial. Donc, le rôle de ces foires est de faire connaître les producteurs algériens, que ce soit dans l’agroalimentaire, l’industrie ou les services.
Je cite l’exemple de produits nationaux très intéressants en matière de qualité, mais que nous connaissons. Et la tenue de la foire est justement là pour faire sortir de l’anonymat des producteurs sérieux qui réalisent des produits qui peuvent intéresser beaucoup d’acheteurs.
Le rôle des foires se limite-t-il au domaine de la communication des entreprises ?
Pas uniquement. Il y a aussi des opportunités comme la possibilité de signer des contrats sur place. Il faut savoir que beaucoup d’entreprises privées n’obtiennent pas de contrats sur le marché national et la foire leur donne cette occasion.
Sinon…
 La foire a pour rôle de vulgariser la production nationale ainsi que de rapprocher les producteurs des éventuels acheteurs et clients. Autrement dit, lors de ces évènements, nous pouvons retrouver l’ensemble des produits fabriqués dans toutes les wilayas. Les acheteurs susceptibles d’acquérir leurs marchandises à Ghardaïa, Oran, Tlemcen ou Bordj Bou Arréridj n’auront pas à le faire. Ils le trouveront sur place, au niveau de la foire comme celle qui se tient actuellement à la Safex, à Alger. Ils pourront ainsi conclure des contrats sur place. En somme, cette foire permet de rassembler tous les acteurs de la filière, car elle-même constitue un marché.
Est-il opportun de thématiser ce genre d’occasion ?
Effectivement, parce que dans tous les pays du monde, c’est ce qui se fait. Il faut aller vers des foires thématiques. C’est quelque chose qui existe déjà, mais il faudrait renforcer et multiplier ce genre de manifestations. Il faut aussi faire des bilans à l’issue de ces rendez-vous
Entretien réalisé par Fatma-Zohra Hakem