Nadia Bouabdallah, directrice au ministère de l’Industrie pharmaceutique : «Un laboratoire national va produire de l’insuline»

Les objectifs assignés au ministère de l’Industrie pharmaceutique sont atteints graduellement. La production nationale est passée de 2 à 3 milliards de dollars et, l’an dernier, la facture d’importation de médicaments a baissé de 800 millions de dollars.

«Une  batterie de textes législatifs permet aux opérateurs pharmaceutiques d’avoir des autorisations à l’exportation», a indiqué, ce mercredi, la directrice de la production et de développement industriel, de la promotion de l’exportation et de la recherche au ministère de l’Industrie pharmaceutique, Nadia Bouabdallah, sur les ondes de la Chaîne III. Dans une nouvelle démarche, le ministère exige la mise en place de programmes prévisionnels d’exportation pour les grandes firmes pharmaceutiques après que le  taux de couverture des besoins nationaux ait atteint 70%.
Le Dr Nadia Bouabdallah a affirmé que «l’exportation du médicament est un axe stratégique du  gouvernement» avant d’évoquer la mise en place d’un dispositif facilitateur pour les produits pharmaceutiques.  Elle s’est dit confiante quant à l’avenir des exportations algériennes vers l’Afrique après cet évènement. Elle s’est attardée ensuite sur la première édition d’El DjazaïrHealthcare, un salon dédié à la promotion de l’industrie pharmaceutique algérienne qui s’est  tenu du 17au 19 mai  à Dakar (Sénégal) et permis de signer plusieurs contrats avec des pays africains pour l’enregistrement, la promotion médicale et le placement de médicaments algériens.
Pour elle, «le Sénégal est un partenaire de choix pour lancer les premières opérations d’exportation».  «Pour conquérir le marché africain, l’Algérie doit suivre une méthodologie stricte en lançant des études du marché, en connaissant toutes les législations et en choisissant des partenaires fiables», a-t-elle soutenu. «L’accès au marché du médicament n’est pas une simple tâche puisqu’il est soumis aux autorisations de mise sur le marché, qui ont besoin de contact et d’accord de coopération entre institutions de régulation. Mais nous sommes prêts à relever le défi et de nous positionner dans le marché africain, notamment en Afrique de l’Ouest», a-t-elle renchéri.
A l’en croire, l’exportation du médicament n’est pas uniquement l’affaire du ministère de l’Industrie pharmaceutique mais de plusieurs autres secteurs, notamment les banques et les transports surtout  maritime, qui doivent s’impliquer. «Avoir un cadre réglementaire facilitateur ne concerne pas uniquement le ministère de l’Industrie pharmaceutique mais plusieurs secteurs qui doivent lever certains obstacles», a-t-elle souligné.
Le Dr Bouabdallah a fait savoir que l’Algérie veut contribuer à la souveraineté sanitaire du continent africain et  ambitionne de représenter l’Agence africaine du médicament. Par ailleurs, l’invité de la radio a annoncé la production par un laboratoire algérien de l’insuline, dans les prochains jours,  pour garantir l’approvisionnement du marché national et réduire la facture des importations. «Plusieurs projets sont en cours de lancement avec plusieurs partenaires pour éviter les situations monopolistiques et de rupture», a-t-elle conclu.
Samira Belabed