Développement de Naftal : Des investissements de plus de 250 milliards de dinars

Le programme de développement quinquennal de Naftal (2022-2027) coûtera à cette dernière plus de 250 milliards de dinars. Plusieurs projets seront lancés pour renforcer notamment l’alimentation des wilayas du Centre en carburant et en GPLc.

Invité ce lundi au forum d’Echaâb, le PDG de Naftal, Mourad Menouar, assure que l’entreprise œuvre à renforcer le volume de ses investissements afin de se développer davantage et faire face à une concurrence de plus en plus rude. Il a indiqué, dans ce contexte, que l’entreprise, engagera plus de 250 milliards de dinars pour financer son nouveau programme de développement 2022-2027 bien que ses ventes de carburant aient reculé durant la pandémie sanitaire. « Mais en dépit de la crise, nous avons réussi quand même à nous maintenir sur le marché et à assurer les salaires de nos employés, et ce, contrairement à d’autres entreprises publiques», souligne-t-il. Dans le cadre de ce programme quinquennal, Naftal compte lancer prochainement les travaux pour le transport du GPLc d’Arzew à Alger, en alimentant toutes les villes situées dans cet itinéraire. Il explique, à ce propos, que ce projet répond à un besoin de plus en plus croissant sur le GPLc qui a augmenté de 50% au cours des trois dernières années, de 500.000 tonnes à 1,1 million de tonnes. Selon Menouar, trois bateaux sont réquisitionnés pour acheminer le GPLc du port d’Arzew vers celui d’Alger. «Comme les deux ports sont saturés, nous ne pouvons plus continuer à transporter ce carburant par voie maritime. En outre, une fois à Alger, ce carburant passe par une canalisation qui traverse la Promenade des Sablettes. Les pouvoirs publics nous mettent la pression pour que nous supprimions cette canalisation. D’où le lancement de ce projet», détaille-t-il. Un autre projet sera lancé bientôt pour le transport du carburant d’El Eulma à Alger et alimenter toutes les villes situées sue cet cet axe. «C’est un projet à deux axes au fait. Le premier comprend l’acheminement du carburant de Skikda à El Eulma, d’un coût de 60 milliards de dinars. Bientôt, nous lancerons le 2e axe, El Eulma-Alger», précise-t-il, appelant à ce que la marge bénéficiaire de l’entreprise sur les ventes du carburant soit revue.
Une marge bénéficiaire à revoir
La marge bénéficiaire actuelle, d’après lui, ne couvre pas par les coûts de distribution du carburant (12 millions de tonnes/an). «Pour nous, c’est une activité à perte. D’autant plus que la consommation de l’énergie en Algérie est définitive à 70% et n’a pas de retour sur l’investissement. Augmenter notre marge bénéficiaire ne signifie pas augmenter les prix du carburant. Il faut savoir que les coûts de distribution du carburant sont constitués à 80% de taxes que nous sommes obligés de payer», dit-il, soutenant que Naftal n’a pas son mot à dire dans la politique de subvention des prix du carburant. Si la santé financière de l’entreprise se maintient en dépit de la faiblesse de sa marge bénéficiaire, confie-t-il, c’est grâce aux autres activités de Naftal «en extra», telles que la production des huiles automobiles, du bitume, des lubrifiants… «Nous avons également effectué des opérations à l’export vers des pays africains. Nous n’avons pas le droit d’exporter le carburant, mais nous exportons nos autres produits ainsi que notre savoir-faire qui est très demandé sur le continent africain», conclut-il.
Farida Belkhiri
 
 
GPLc : Plus de 700.000 véhicules convertis
Plus de 700.000 véhicules sont convertis à ce jour au GPLc, selon le PDG de Naftal. Comme ce carburant exige des normes de sécurité très pointues, ce ne sont pas toutes les stations-services qui sont adaptées pour distribuer le GPLc. «A ce jour, 50% de nos stations distribuent le GPLc, mais certaines ne peuvent le faire, car elles sont dépourvues de normes de sécurité nécessaires», explique-t-il. Il a assuré, par ailleurs, que l’utilisation exclusive du sans-plomb allège l’outil de la production, les opérations de distribution et du transport, réduisant ainsi les coûts à tous les niveaux.
F. B.
Fabrication d’huiles automobiles : Un appel à manifestation d’intérêt lancé
Le PDG de Naftal a fait part du lancement d’un appel à manifestation d’intérêt à l’international pour l’ouverture d’une usine de production des huiles automobiles en Algérie et réduire ainsi la facture des importations. «Nous avons reçu des offres intéressantes de la part d’entreprises de renom, que nous étudions actuellement. Ce qui nous fait peur, au fait, c’est l’anarchie qui règne dans ce secteur. Si le marché des huiles automobiles est plus organisé et si les modalités d’application sont claires, nous investirons dans ce secteur sans hésiter», confie-t-il.
F. B.