Nazih Berramdane à Horizons : « La nouvelle loi électorale, un grand acquis pour les compétences»

Nazih Berramdane,  conseiller auprès du Président de la République chargé du mouvement associatif et de la communauté nationale à l’étranger,  appelle à une participation massive aux élections législatives du 12 juin prochain pour un changement institutionnel majeur.

 

Le Président de la République a appelé les jeunes à se présenter lors des législatives du 12 juin prochain. Quelles sont les arguments pouvant les inciter à se porter candidats à la députation ?
Il y a trois raisons essentielles à mes yeux : la première est que si auparavant les gens redoutaient l’administration, actuellement il y a l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) qui a eu à faire ses preuves lors de la dernière présidentielle et à l’occasion du référendum sur la révision constitutionnelle durant lesquels il n’y a pas eu de remise en cause de leur crédibilité. Deuxièmement, il y avait la contrainte de l’argent sale qui empêchait les citoyens de se présenter aux élections, lequel était favorisé par l’ancien régime électoral. Comment ? Le candidat tête de liste était assuré de son élection automatiquement en achetant la liste électorale. Désormais, le temps de ces pratiques est révolu, il est question d’une égalité des chances avec cette nouvelle loi électorale que je considère d’ailleurs comme historique, une première à mon sens, puisqu’il s’agit d’un grand acquis pour les compétences et pour les candidatures crédibles. En ce sens qu’il n’est plus question qu’une tête de liste soit élu automatiquement, mais chaque candidat a toutes les chances de se voir dans la prochaine APN pour peu qu’il réunisse les conditions d’éligibilité, ce qui doit rassurer les candidats. Troisièmement, les jeunes souhaitant porter leur candidature aux législatives et qui n’ont pas forcément les moyens nécessaires pour mener campagne trouveront une aide, un concours et un accompagnement de l’Etat. Et cette loi électorale est venue mettre en place des mécanismes pour octroyer des facilitations financières aux jeunes qui se portent candidats pour la députation. Ceci étant, les prochaines législatives offrent une opportunité historique pour un changement institutionnel dans un cadre constitutionnel et la manière à élire de nouvelles institutions crédibles et représentatives. Il faut, dès lors, une participation massive de nos concitoyens pour concrétiser ce changement
Pourquoi la candidature des jeunes à la députation est-elle aussi importante ?
Il n’y a pas que la candidature des jeunes qui est importante, mais bien celle de toute personne crédible, honnête et sérieuse, car l’enjeu est de mettre en place des institutions crédibles. La crédibilité de la future Assemblée nationale est liée à la crédibilité de ses représentants. Il y a une réelle volonté politique dans ce sens puisque le Président de la République qui a promis un renouvellement institutionnel a tenu sa promesse à travers la dissolution de l’APN. Et l’exigence d’un changement institutionnel revendiqué par le mouvement du hirak converge avec la vision du Président de la République de manière légale et constitutionnelle.
Des critiques fusent à l’endroit des représentants de la société civile, souhaitant se porter candidats lors des prochaines législatives. Qu’en pensez-vous ?
Il y a, en effet, des gens qui tentent de complexer des représentants d’associations et d’organisation de la société civile pour qu’ils ne se présentent pas, considérant que leur rôle est juste cantonné à aider et à prendre en charge des aspects sociaux et caritatifs des exigences de la société et de manière bénévole. Les porteurs de ce discours estiment que la politique est de leur seul ressort. Je m’inscris en faux par rapport à ce discours en disant, non, l’institution législative est une Assemblée nationale populaire qui représente l’ensemble des composantes du peuple. Autrement dit, tout citoyen crédible, populaire qui sert son peuple et qui se mobilise sur le terrain pour aider de quelque manière que ce soit la société et de manière volontaire a le droit à la candidature, sans aucun complexe. De manière claire nette et précise, personne ne peut complexer des représentants de la société civile désireux figurer sur une liste électorale, espérant être élu dans la future Assemblée nationale.
 Que pensez-vous de la parité ?
La parité est une décision prépondérante qui garantira à la femme de figurer sur les listes électorale avec une proportion d’au moins 50%. Aujourd’hui, la femme est devant un défi lors de ces élections législatives : elle devra imposer sa présence et en force dans la future Assemblée nationale. Et moi je connais la femme algérienne et son aptitude à relever tous les défis y compris ceux que la gent masculine est dans l’incapacité d’accomplir.
Qu’en est-il des personnes aux besoins spécifiques ?
C’est une catégorie extrêmement importante au même titre que les sourds-muets dont on n’entend pas beaucoup parler. Nous souhaitons qu’ils soient présents sur les listes électorales pour porter leurs propres revendications puisqu’il y a parmi eux des docteurs, des professeurs d’universités et même des artistes. J’appelle l’ensemble de la société à être à leur écoute, car sans eux on ne peut construire un pays digne de ce nom.
Le code communal et de wilaya sera-t-il revu ?
Certainement, il verra un changement, puisque quant nous appelons à la démocratie participative et à l’implication du citoyen et de la société civile dans la gestion, l’investissement et la croissance locale, il faudrait que la loi suive.
Entretien réalisé par Hakem Fatma Zohra