Nourredine Bouderba, expert des questions sociales : «Le 1er Mai doit servir à établir un bilan»

 

Le 1er Mai ne doit pas être uniquement un jour férié mais constituer une halte pour faire un bilan de la situation et des conditions des travailleurs et tracer les perspectives, souligne Nourredine Bouderba, expert des questions sociales.
«Tant que les luttes syndicales sont à l’ordre du jour, le 1er Mai sera toujours là pour les symboliser», souligne-t-il. De l’avis de Bouderba, beaucoup reste à faire pour développer le syndicalisme en Algérie. De ce fait, il pointe du doigt un manque de conscience chez les travailleurs et l’absence d’union, «car dans les îlots où se mènent des luttes, il y a un certain corporatisme». Il estime aussi que les libertés syndicales n’existent pas, en particulier dans le secteur privé». «Dans le secteur privé, le droit à la constitution d’un syndicat n’est pas reconnu du tout. Dans le secteur économique, seule l’UGTA est présente», renchérit-il. Pourtant, selon lui, il est mauvais pour une économie de ne pas avoir des syndicats forts qui peuvent mobiliser la force de travail en nouant un dialogue social. Il ne manque pas d’ailleurs d’insister sur la nécessité de «mobiliser les travailleurs autour de leurs problèmes et du développement économique». «Il faut une union des travailleurs pas d’un point de vue organique mais une unité dans l’action des syndicats pour poser les problèmes prioritaires du monde du travail», lance t-il. Et d’ajouter : «Les autorités ont également un rôle à jouer, notamment en matière de protection et de promotion des droits syndicaux.» S’agissant des revendications qui doivent être mises en avant, Bouderba évoque les questions sociale et salariale autrement dit celles liées à l’emploi, au pouvoir d’achat, au droit à l’éducation, à la santé, à la protection sociale, à la retraite et à une stabilité et à une sécurité de l’emploi. Interrogé sur le droit de grève, il répond, qu’il ne faut pas s’attarder sur le suivi ou non des protestations. «Au-delà de cet aspect, la vraie question est de savoir pourquoi sommes-nous arrivés à ce genre de mouvements de protestation et d’essayer de comprendre les origines des malaises dans le monde du travail», fait observer l’expert. Dans le même ordre d’idées, il relève que «l’absence de grève dans le secteur économique et privé ne veut pas dire que les travailleurs sont contents ou qu’il n’y a pas de mécontentement profond». «C’est uniquement parce qu’il n’y a pas de mobilisation syndicale.»
Fatma Zohra Hakem