Nouvelles technologies : L’agriculture intelligente pour palier le manque d’eau

Pour mieux protéger les récoltes dans le sud, notamment dans les wilayas d’Adrar, Timimoun, El Menâa, Aïn Salah, Béni Abbès, Ouargla et Ghardaïa, où la campagne des moissons débute à la fin du mois d’avril, de grands investissements ont été déployéspour prévenir des incendies. Outre les incendies, le secteur restefortement menacé par le changement climatique, la sécheresse, le manque de main-d’œuvre, sans oublier l’absence de chambres froides pour le stockage. L’expert en agriculture et président de la chambre d’agriculture de la wilaya d’Alger, Brahim Djeribia, rappelle, dans ce cadre, que l’Algérie s’inscrit dans un ordre mondial qui, faut-il le souligner, fait face à un réchauffement climatique.
«Etant classée parmi les pays chauds, arides, l’Algérie ne déroge pas à cette règle. Elle subit un stress hydrique avéré, notamment dans le secteur de l’agriculture», a-t-il précisé. La réflexion, selon l’expert, doit porter sur les alternatives à adopter pour prévoir les conséquences qui découlent des conditions météorologiques qui inquiètent le monde. «Il faut s’adapter aux changements climatiques», souligne Brahim Djeribia, «en accélérant la réalisation de projets de dessalement, afin de réserver les réserves en eau des barrages et des forages à l’agriculture». S’agissant de l’agriculture dans le Sud du pays, l’expert insiste sur l’adoption des nouveaux mécanismes et nouvelles technologies. Pour garantir la production agricole, particulièrement céréalière dans le Sud, «l’agriculture intelligente est une approche qui considère le secteur agricole comme une solution à ces défis majeurs et accorde la priorité à la sécurité alimentaire et aux mesures d’adaptation nécessaires pour l’atteindre, tout en tirant parti des co-bénéfices potentiels de l’atténuation».
Dans ce sillage, il insiste sur l’importance de développer des pôles stratégiques intégrés et les multi-chapelles. Ces systèmes sont très économiques en matière d’eau et de main-d’œuvre. Djeribia estime que cette nouvelle technologie peut être développée à Touggourt pour la production des fruits et légumes. Par ailleurs, il affirme qu’il est possible de développer la production céréalière à Adrar. «Sur un million d’hectares que dégage la wilaya, on peut produire 6 millions de tonnes de céréales.» Selon lui, c’est atteindre largement l’autosuffisance, étant donné que les besoins du marché ne dépassent pas les 5 millions de tonnes. Mettant l’accent sur les nouvelles techniques d’irrigation qu’il faut prioriser, comme le goutte-à-goutte, Djeribia évoque le problème du foncier. Dans le souci de préserver les terres agricoles et augmenter la production, dit-il, «il faut libérer le foncier, et faire en sorte que les terres agricoles ne soit pas détournées de leur vocation».
 Samira A.