«Nuit de la poésie» : Une dizaine de poète déclament leurs vers

La médiathèque Bachir-Mentouri de l’Etablissement arts et culture a abrité, lundi, la rencontre «La nuit de la poésie», en collaboration avec l’association « Beyt Al Chiir Al Djaza’iri», durant laquelle près d’une dizaine de poètes en langue arabe et française ont déclamé leurs vers.

Fouzia Laradi, animatrice de la rencontre, rappelle que la nuit de la poésie, qui fêteraen septembre prochain son 20eanniversaire, a vu passer des dizaines de poètes dans toutes les langues en usage en Algérie, dont  de grands noms, et  permis l’émergence de nouvelles plumes.
Selon Achour Fenni, secrétaire général de «Beyt Al Chiir Al Djaza’iri»,l’association, créée en 2017, ouvre ses portes à tous les poètes algériens, quelle que soit leur langue d’expression,  et aspire à rendre à la poésie la place qui lui sied. Après 5 années d’existence, elle est implantée dans la majorité des wilayas, à la demande de nombreux poètes. Il déplore que depuis près de 20 ans, la poésie ait perdu sa place dans le champ culturel, alors qu’elle est la première forme d’expression littéraire. «La poésie a permis à nos aïeux d’exprimer leurs joies et leurs douleurs», dit-il. «Les poètes ne trouvent plus d’espace pour déclamer leur art», souligne-t-il. L’association, affirme Fenni, a pour ambition de rendre à la poésie sa notoriété, sans exclure aucune autre forme d’expression artistique ni aucune génération
 Le premier à déclamer ses vers est Messaoud Taibi qui  récite en arabe dialectal «Hadathaniassabr» (La patiente m’a parlé)  un poème  qui  loue les vertus de la patience.  Son  second poème «Ouach Dajbek Aândi» (Qu’est-ce qui t’a ramené à moi) est  une longue complainte om se mêlent nostalgie et amour. ChakfikaOuail, en arabe classique, a présenté deux compostions.
 Nadir Bensegueni, auteur du recueil «Les Fleurs naissent pour faner», a récité un nouveau poème qu’il a intitulé «La Compagnie de ton absence».   Le poème  s’adresse à un être cher disparu pour lui dire la douleur et le vide que son départ a causé.  Fouzia Laradi déclame «Le Papillon blanc», extrait de son recueil «Kamel, le passé et l’éternel» dédié à son défunt mari.
Mechri Benkhelifa, critique littéraire, poète etjournaliste, a récité un poème intitulé «Al naharyaghssaloudjhahou min arrouba» à travers lequel il raconte la crise que connaît l’homme moderne dans tous les domaines de la vie. Il enchaîne avec «Radjoultaradjala fi samt» et «Ghaim».
Karima Mokhtari, en arabe dialectal,  récite «Bayn Al Hams ou Allams» (entre murmure et caresses) et «Ihkigharami li al houssad» (dis mon amour aux envieux).  Toujours en arabe, Mehdi Berachedraconte le hirak et sonrêve d’une Algérie de tous les Algériens, loin des desseins politiques et idéologiques. Toujours autour du hirak, il déclame «Youm el djemaa kherdjouryam», où il parle du drame d’une jeunesse et d’un peuple sacrifié pour des intérêts personnels. D’autres poètes suivront comme Moerdjane Hamlaoui, qui parle de la maladie mentale à travers un poème en français intitulé «J’erre».
Mohamed Sami Saadi, qui a reçu le 1er prix au 3e festival francophone au Canada, a déclamé «Illusion» en hommage aux femmes. Kamel Cherchar et Naïma Mehailia ont enchanté l’assistance avec des vers  en arabe algérois à travers lesquels ils échangent des déclarations d’amour. C’est Mina Mihoubi qui a clôt la rencontre avec «Ya qalbi» où elle se plaint des souffrances que lui cause son cœur amoureux.
Hakim Metref