Ombres et lumières de Samir Djama : Pleins feux sur le patrimoine de l’Algérie 

Samir Djama, photographe et éditeur, met sous le feu des projecteurs la diversité du patrimoine et de l’héritage culturel algériens jusqu’au 8 octobre au palais de la culture Moufdi-Zakaria d’Alger.

Le vernissage, jeudi dernier, s’est déroulé en présence de la ministre de la Culture et des Arts, Soraya Mouloudji, du conseiller du président de la République chargé de la culture et de l’audiovisuel Ahmed Rachedi, et de nombreux passionnés d’art. L’exposition photographique «ombres et lumières, la passion du patrimoine» rassemble des dizaines de photographies sur toile. C’est tout un pan du patrimoine matériel et immatériel qui est offert aux yeux des visiteurs.
Poteries anciennes, habits traditionnels de différentes régions du pays et ruelles de La Casbah sont ainsi éclairées par l’objectif de Djama.
Qu’ils soient imprimés en noir et blanc ou en couleurs, les clichés, grâce à l’impression sur toile, donnent une impression de peinture au vu de la texture et du grain apportés par le support.
L’artiste, baigné dans la photographie depuis sa tendre enfance notamment, car son frère, Nadir, l’y a initié, dévoile qu’il désire à travers cette exposition «faire connaître le patrimoine algérien à la nouvelle génération».
Concernant l’histoire des photographies, elles ont été prises lors des occasions diverses qui se sont présentées au photographe. Ainsi, les clichés d’enfants en tenues traditionnelles chaoui, kabyle, naïli, sahraouie et de diverses autres régions, sont des photos spontanées. Elles ont été immortalisées, explique Djama, «au courant de la célébration du Nouvel An berbère, Yennayer, dans une école primaire». Ceci dans le but de montrer que les enfants «sont très attachés à leur patrimoine et ont sont fiers».
Les poteries posent, quant à elles, comme un témoin des arts ancestraux et du savoir-faire de nos aïeux. Le photographe désire à travers cela «mettre en lumière le génie de nos ancêtres dans l’utilité, la forme, la maîtrise de la matière et la beauté du produit fini».
Les photographies de fantasia, révélant le lien entre passé et modernité, mettent en valeur la complicité de l’homme avec son fidèle destrier, le cheval. Elles ont été prises lors du Salon du cheval de Tiaret.
Pour La Casbah, les photos ont plusieurs portées. En plus de montrer aux visiteurs la beauté du patrimoine architectural et humain dont recèle ce lieu historique, elles dévoilent le cheminement personnel de l’artiste dans la découverte de La Casbah et son regard sur cet endroit mythique.
Issues d’abord de plusieurs visites guidées en groupe, Samir Djama révèle que certains clichés ont été pris avec son téléphone, à cause de son appréhension à s’y rendre au début avec un appareil photo. Mais le temps faisant et grâce à l’aide des artisans, il réussi à surmonter cette crainte et se rend par la suite seul avec pour seul compagnon son objectif. Il réussira à immortaliser des scènes de vie, de quartier, des jeux d’enfant, et ceci en réussissant à ne pas déranger l’environnement.
Hommage à Kouaci
L’exposition ne se limite pas aux photographies présentées, puisque Samir Djama désire par la même occasion rendre un vibrant hommage au photographe Mohamed Kouaci.
Photographe militant engagé, il a immortalisé les acteurs de la Révolution algérienne à travers le prisme de son appareil photo. Des photographies qui ont servi la cause algérienne en voyageant par-delà les frontières.
Qualifié de «père de la photographie» par Djama, un studio avec témoignage et biographie lui est réservé au milieu de l’aile de La Casbah, où il a grandi.
Présent au vernissage, son neveu, Ryad Kouaci, se souvient encore de la passion qui animait Mohamed Kouaci jusqu’à son dernier souffle en 1996. Il n’a pas manqué de livrer un poignant témoignage, pour rendre hommage à cet ancien photographe à El Moudjahid.
En tant qu’éditeur, Samir Djama révèle qu’un ouvrage retraçant son histoire et son militantisme sera bientôt édité.
De même, afin d’éduquer les plus jeunes et de leur ouvrir les yeux sur la photographie avant l’ère numérique, des anciens appareils photos et un agrandisseur sont exposés. Tout cela pour montrer que peu importe le moyen, l’essentiel est de véhiculer un message à travers l’image. Celui de l’attachement aux origines et de la préservation du patrimoine, en l’occurrence, pour Samir Djama.
Sarra Chaoui