Oran el bahia : Populaire métropole

LES JEUX MÉDITERRANÉENS (JM) sont plus que d’actualité à Oran. C’est le centre d’intérêt des Oranais. Ces derniers sont
à l’affût du moindre changement en leur faveur et en celui de leur ville «provoqué» grâce à cet événement.

C’est le cas de Mohamed, âgé prés de 80 ans, qui vit au centre-ville d’Oran depuis les années 60. Il est témoin de tous les changements opérés dans cette ville depuis l’indépendance à ce jour. «La ville de la période coloniale d’Oran n’a pas beaucoup changé. La plupart de ses édifices, à l’architecture particulière, sont toujours debout. Certains sont restaurés, suscitant l’admiration de tous et certains sont abandonnés aux caprices du temps, suscitant chagrin et regret», confie Mohamed qui passe son temps dans une boutique d’artisanat à la rue Mohamed-Khemisti. Dans cette rue, les beaux immeubles de l’époque coloniale ne manquent pas. Et en très bon état ! Ils figurent parmi les sites restaurés. «Chaque immeuble est particulier. On a l’impression qu’ils se ressemblent, mais, en fait, chaque immeuble à son architecture propre. Durant la période coloniale, Oran était la ville la plus habitée par les colons. Ces derniers étaient plus nombreux que les Algériens et étaient tous riches. Ils rivalisaient en architecture et ont œuvré de sorte à ce que leurs immeubles, qui étaient tous privés, soient différents les uns des autres», rapporte-t-il, espérant que ce patrimoine soit mis en valeur et en évidence durant les JM.
Déjà qu’il remarque des changements au centre-ville, grâce à cet événement. Le centre-ville, par exemple, note-t-il, est plus propre. «Les infrastructures sportives sont plus nombreuses, c’est un plus pour nous. Mais le plus important, c’est que Oran, grâce aux JM, suscite un grand intérêt et une attention particulière de la part des pouvoirs publics et des collectivités locales. Un intérêt jamais ressenti jusqu’à présent», confie-t-il, indiquant qu’Oran mériterait bien le statut de la «capitale de la Méditerranée». Cela, grâce à son immense et riche patrimoine qui reste méconnu, mais aussi à ses potentialités économiques et commerciales. L’avenue Mascara en est un bel exemple. La présence d’un nombre impressionnant de commerces, au niveau de cette avenue, prouve que l’ancienne ville s’adapte aussi aux ambitions économiques d’Oran. Cette avenue semble attirer des citoyens de partout.
Des deux côtés de l’avenue, traversée par les rails du tramway, il y a foule. Des milliers de magasins, boutiques, commerces, cafés, restaurants, pizzerias… sont envahis par les clients. Tout le long de ces trottoirs, investis également par des commerçants informels, les passantes, surtout, se bousculent, passant, sans se lasser, sans se fatiguer, d’un commerce à un autre, de vendeur de vaisselle à celui de tissus, d’herbes aromatiques aux merceries… Toutes les ruelles, pratiquement, qui font l’angle, font office de marchés. Ici, on vend de tout. Fruits et légumes, poissons, galettes, confiseries… Les marchés sont tout aussi surpeuplés que l’avenue. Une avenue très bruyante, accentuée par le son des klaxons impatients, le bruit et les vibrations incessants du tramway. «Depuis que le tramway est devenu un moyen de transport à Oran, la ville est devenue plus active. Cela a créé une grande animation au centre-ville. Mais le tramway a aussi ses inconvénients. Les trottoirs de l’avenue Mascara, par exemple, sont devenus exigus et le tramway a poussé les commerçants de la rue Mostaganem à fermer, car il n’y a pas assez d’espace pour circuler ou se garer», déplore Mohamed. Mais ce moyen de transport, soutient-il, reste une valeur ajoutée.
 Farida Belkhiri