Oran el bahia : Un pôle urbain au new-look

Cap sur Oran-Est. La nouvelle métropole représente l’aspect moderne d’El Bahia. Le contraste est criant entre l’ancienne ville et la nouvelle extension, à commencer par le tissu urbain. L’on passe ainsi des bâtisses coloniales, au style haussmannien somptueux, aux tours en verre, dont la hauteur donne le tournis. Les quatre fameuses tours Mobilart en sont la preuve.

Les grands hôtels et les promotions immobilières y pullulent, notamment dans le quartier dit Colonel-Lotfi. Aussi, la grande mosquée d’Oran et le musée du moudjahid se veulent imposants à l’entrée de cette agglomération. L’ambiance populaire y fait défaut, laissant place au prestige et au monde des affaires. Force est de constater qu’il n’y pas beaucoup de personnes déambulant à l’extérieur, plutôt beaucoup de voitures et de belles cylindrées. Les places publiques ombragées et les jardins aux fontaines, dont regorge la vieille ville, sont de moins au moins nombreux ici. Les grandes esplanades, semble-t-il, sont plus tendance à Oran-Est. Chemin faisant, la voix du vétéran de la chanson oranaise Ahmed Wahbi, émise sur les ondes de la radio, inspire davantage. Un morceau «Ahkem yarabi» qui tombe à point nommé donnant un fond musical approprié à la ville défilant.
En arrivant au quartier dit «Batimet taliyen», l’on constate les restes des déblais d’une opération de démolition. «Ces deux grandes assiettes foncières viennent d’être récupérées après la démolition des vieux bâtiments en préfabriqué. Elles seront destinées à la réalisation d’espaces verts», affirme notre guide Houari. Une prise de conscience quant à l’importance des espaces verts prend forme chez les habitants d’Oran qui ne cessent de les revendiquer dans les nouvelles cités. Une préoccupation que les autorités locales veillent à prendre en considération. L’autre quartier incontournable à Oran- Est est Canastel. Résidentiel et calme, le vieux quartier andalou est connu par sa forêt qui s’étend jusqu’à Belgaïd.
Depuis Oran-Est, on peut voir la baie d’El Bahia, autrement. Sur l’extrémité ouest, se voit la partie du littoral d’El Youne, derrière le mont Murdjadjo. En contrebas du front de mer, un projet d’une route est en cours de réalisation, du port d’Oran vers le côté est de la wilaya. Il sera réservé aux poids-lourds et permettra de contourner le centre-ville et, par ricochet, de désengorger davantage la wilaya. Le projet est important et regroupe plusieurs ouvrages d’art, dont une trémie et un tunnel, affirme-t-on.
En arrivant au quartier Belgaïd, de nouvelles cités de logements poussent comme des champignons. Une bonne partie des habitants du vétuste quartier Sidi El Houari y ont été relogés. Pas que, puisque la plupart des structures sportives censées abriter les Jeux méditerranées 2022 ont été réalisées à Belgaïd, dont le grand complexe olympique. Ce dernier regroupe en son sein un stade, une salle nautique et une salle omnisports, et se trouve à quelques encablures de la cité universitaire. Des acquis que la population oranaise devrait préserver pour son bien-être.
 A. Mehdid