Oran : Haï El Yasmine, où est l’odeur du jasmin ?

A l’instar de Hai Es Sabah, En Nour, Es Salem…, Hai El Yasmine est un nouveau quartier sorti des entrailles de la terre à l’est d’Oran. Prévu pour le relogement des mal-logés des quartiers d’Ed Derb, des Planteurs et autres Ras El Aïn, il n’a rien offert aux habitants, sinon un logis approximatif, dans immeubles cages à poules.

Une vraie cité dortoir où les gens rentrent pour dormir, et point barre. Ici, dans ces grands groupements immobiliers, les problèmes se suivent et se ressemblent pour des milliers d’habitants. A part  le toit, tout manque dans ces cités. La grisaille et l’anonymat hantent le cadre de vie qui est loin des réclames des maquettes d’avant construction qui déroulent des parkings, des aires de jeux, de la verdure à perte de vue et des couleurs chatoyantes. A Haï El Yasmine, les habitants n’ont de cesse de dénoncer les multiples manques qui leur empoisonnent la vie. Excepté les habituels échoppes « Flexy » et autres alimentation générale, tout manque ici. Ni lieux de loisirs, ni poumons pour l’oxygénation. Par exemple, le terrain d’assiette prévu pour l’école s’est transformé, au fil du temps, en jachère, livré au règne des rats et aux déchets ménagers. A cause de cette désagréable proximité, de nombreux ménages ont préféré ajourner l’occupation des lieux, en attendant de meilleurs jours. «A quoi me sert d’habiter ici si toutes les infrastructures manquent ? Ça sert à quoi d’enterrer ses jours alors que nous venons à peine à la vie », dira un jeune couple, outré.
D’autres citoyens, plus stoïques,  dénoncent le manque de viabilisation et les coupures d’eau sporadiques. Le délégué à la nouvelle annexe de la mairie dira que les citoyens doivent être patients. «Nous pensons à eux mais il y’a des priorités. De toutes les façons, il sont autrement mieux logés que dans leurs anciennes habitations». A ce propos, il faut souligner que même le découpage administratif, qui n’aide pas à se situer, ne semble pas faire l’unanimité. Une partie du vaste lotissement dépend de la commune de Sidi Chahmi, alors que l’autre partie revient à l’APC de Bir El Djir. Comme extrêmes, on ne peut faire mieux !  Pour toutes ces raisons ainsi que pour d’autres,  ce nouveau quartier, appelé pompeusement « haï » est devenu une cité fantôme, voire morbide puisque même la question de la sécurité, surtout la sécurité, est devenue problématique. Cette cité-dortoir sans charme est pourtant appelée El Yasmine. On se demande où se trouve l’odeur du jasmin. Et encore moins la fleur…. Mais à quand une prise en charge réelle de ce qui existe avant de s’attaquer aux mirifiques millions de logements qu’Oran crie sur…tous les toits ?
Amar Abbas