Oran : Renault Algérie va-t-elle fermer ses portes ?

Faute de résultats, le constructeur automobile français Renault devrait fermer son usine en Algérie, selon la société Inovev spécialisée dans l’industrie automobile.

Selon Inovev, le constructeur français Renault, qui a définitivement stoppé sa production en Russie, est également confronté a des problèmes au sein de son usine en Algérie. Ainsi, Renault pourrait vendre son usine implantée en 2014 à Oued Tlélat, près d’Oran, car «ne répondant pas du tout aux objectifs escomptés». Dans son analyse, Inovev relève que l’usine Renault d’Oran «ne répond pas du tout aux objectifs du constructeur, puisqu’elle ne parvient plus à se rapprocher du niveau de production visé de 75.000 véhicules par an, sur la base d’une réponse à la demande locale qui avait subi à l’époque l’arrêt des importations automobiles».
En 2015, le site d’Oran avait fabriqué 19.419 véhicules (Clio, Loganet Sandero) puis 42.036 unités en 2016, 60.646 en 2017 et 72.615 en 2018. «Cette montée en cadence régulière permettait alors d’anticiper une production annuelle de 75.000 unités par an, objectif initial du constructeur», indique la société Inovev. Or, la montée en puissance attendue a été stoppée brutalement. Selon les données de Renault, seuls 754 véhicules ont été assemblés en 2020 dans le pays (173 Logan/Symbol 2, 354 Sandero 2 et 227 Clio 4), en raison de la fermeture de l’usine pendant plus d’un an, a indiqué la même source. La crise sanitaire, les évènements politiqueset le blocage des importations de kits SKD/CKD sont autant de facteurs qui expliquent cet effondrement, a souligné la société Inovev. Selon elle, le site de Renault, après une reprise graduelle de ses activités en mai 2021, «a assemblé un total de 5.208 voitures l’an passé (1.148 Logan, 2.808 Sandero et 1.252 Clio), soit douze fois moins qu’en 2019 (60.012 unités)».
«Les prévisions sur la période 2022-2030 sont très incertaines et il n’est pas sûr que Renault conserve cette usine», a estimé la société Inovev. Pour rappel, cette usine qui avait été inaugurée en 2014avait bénéficié de multiples avantages financiers, douaniers et autres, au détriment des autres constructeurs qui voulaient s’implanter en Algérie. Aux dernières nouvelles, il semble que le constructeur français fait des pieds et des mains pour ne pas arriver à cette fatale solution qui semble, pourtant, inéluctable.
Amar Abbas