Organisation du secteur de la communication : «Une priorité nationale», selon les professionnels

Le président Tebboune a ordonné, lors de la réunion du Conseil des ministres de dimanche, «d’organiser le secteur de la communication à la faveur de la promulgation de deux lois différentes, la première relative à la presse écrite et électronique, et la deuxième à l’audiovisuel», lit-on dans le communiqué.

Le président de la République a également ordonné de définir le journaliste professionnel avec précision dans toutes les spécialités médiatiques, ainsi que pour les professions assimilées du secteur, d’ouvrir la voie aux professionnels en les associant à la vision novatrice, tout en instaurant la rupture avec les normes qui régissaient auparavant la scène médiatique. Il a également instruit de moraliser le travail médiatique en fonction des valeurs journalistiques universelles et la déontologie de la profession, selon la même source.
Directeur de rédaction du quotidien l’Expression, Brahim Takheroubt indique que l’organisation du secteur est une «priorité nationale». «C’est une urgence. On ne peut pas continuer à fonctionner de la même manière. On doit maintenant être organisé avec des textes et un code de l’information qui s’adapte aux nouvelles normes et exigences de l’heure. Sachant qu’aujourd’hui, l’information est devenue, à certains égards, une arme de destruction massive qu’il faut absolument maîtriser. Selon lui, «nous devons avoir un secteur organisé et fort pour pouvoir résister à tous ces assauts et attaques provenant de l’intérieur et de l’extérieur. Takheroubt insiste également sur la formation. «Nous avons un très sérieux problème de formation à prendre absolument en charge de la manière la plus urgente. N’est pas journaliste qui veut !La formation est le seul paravent qui nous protège contre toute dérive interne ou externe. Qui dit formation dit formation des journalistes, et celle des gestionnaires de l’entreprise de presse est aussi d’une importance capitale», plaide-t-il.
Directrice de rédaction de la revue «Tenmia mahaliya» du quotidien Echaâb, Souad Bouabouche estime que l’organisation du secteur est un besoin vital et une nécessité impérieuse. Elle regrette l’anarchie qui règne aujourd’hui dans le secteur où les lois n’ont pas été appliquées à la lettre. Elle plaide pour la nécessité de faire valoir la notion de compétence dans la gestion des entreprises de presse.
Zohir Mehdaoui, journaliste, ancien syndicaliste et directeur de publication, regrette que les lois ne soient pas appliquées dans notre pays, aussi bien dans le secteur de la communication que dans les autres secteurs. Il fait remarquer que la volonté politique existe pour amorcer un changement, mais que des «forces occultes» et surnaturelles s’opposent et bloquent toutes les velléités de changement, notamment les secteurs importants de la communication et de la formation. Il rappelle que les hommes des médias ont longtemps demandé, en vain, une refonte du système et de la loi sur l’information à travers des propositions transmises aux différents ministres qui se sont succédé à la tête du secteur. «Donnez des instructions présidentielles, c’est bien, les appliquer, c’est un autre problème. Le problème dans notre pays, c’est que ce qui est décidé en haut n’est jamais appliqué en bas», a-t-il dit.
Amokrane H.