Où sont passés nos moments de communion ?!

La sociabilité est durement affectée. Les réseaux sociaux gagnent du terrain au détriment des liens humains et de la chaleur familiale.

Qui de nous n’est pas resté collé à son portable des heures durant alors qu’il aurait pu profiter de la présence de sa maman ou de ses proches qu’il rencontre rarement. Le malaise est profond et implique réflexion. Une petite comparaison avec les années d’antan nous confirme l’ampleur du changement opéré en un claquement de doigt. En effet, aujourd’hui, nous subissons de nouveaux faits «sociaux» qui font tout  pour «dissocier» les individus supposés vivres en communion et en harmonie. A qui la faute? Comment en sommes-nous arrivés là? Une chose est sûre, chacun de nous est conscient du danger et du fossé que ces petits engins électroniques continuent de creuser. Les couples se plaignent d’une distanciation spirituelle qui met à mal leur relation, les parents d’un éloignement physique et moral de leurs progénitures qui entraîne aussi des conséquences néfastes sur leur éducation. Tout le monde est spectateur, mais pas acteur. On sombre tous, dans un tourbillon qui nous emporte malgré nous dans un monde virtuel qui n’a de vrai que la souffrance sociale engendrée. Nos cœurs sont nostalgiques des vieux souvenirs du passé. Un passé pur, saint et plein de complicité affectueuse. Je me souviens des moments précieux qui rassemblaient la famille autour d’un père qui adorait raconter ses aventures en France où il avait décidé d’élire domicile pour y gagner sa vie. Ces veillées là, étaient longues et chaleureuses. Je ne peux oublier aussi ma grande tante qui avait perdu la vue, mais pas la joie de vivre. Sa présence nous procurait un  grand réconfort car elle savait choisir les mots qui nous faisaient éclater de rire. Elle avait trop peur de la mort. Elle nous disait souvent sur un ton narquois «quand le moment de rendre  l’âme  aura sonné, je demanderais avec obligeance: pas encore s’il Vous plait, accordez moi quelques années de plus, le temps de profiter de mes petits anges que j’adore». «yahasra». Nous avons mené une vie simple, mais pleine d’amour et de gaieté loin de ces appareils de la division et de l’individualisme. On croyait à l’ogresse effrayante «el ghoula» qui nous venait en tête à mesure d’entendre un bruit en pleine nuit d’hiver. On était pris innocemment dans le jeu des contes de fées et des racontars que nos parents utilisaient pour nous apprendre où s’arrêtait notre liberté. Cette peur nous menait droit vers les bras de nos mamans qui nous procuraient affection et confiance. On admirait la simplicité et l’authenticité des choses malgré les aléas et les soubresauts de la vie. Aujourd’hui, le constat est amer. La causalité se fait rare. La seule  hantise des uns et des autres, le débit internet et l’accessibilité à ces réseaux sociaux qui nous «fascinent» et nous «déracinent» en même temps. A quand le réveil? Difficile d’y répondre.  La situation est dramatique voir… pathétique.
Karima Alloun