Ouverture sur le marché africain : Eclairages d’experts

L’Algérie veut se positionner sur le continent africain et multiplier ses échanges commerciaux avec le continent, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).

L’expert en finances, SouhilMeddah, estime que l’importance de la complémentarité africaine dans les différents secteurs économiques implique de facto des actions dans d’autres domaines. Il rappelle que la nature du continent africain, très vaste, s’élargit à plusieurs questions d’ordre relationnel bilatéral, multilatéral, sécuritaire et culturel.
«L’implication de notre système financier en tant qu’acteur activant au sein de cette zone de libre échange, ne peut fonctionner sans que le rendement de la sphère marchande réelle ne soit un moteur motivateur et un outil permettant de garantir les échanges dans les différents axes à plusieurs sens. Ceci peut engager plusieurs conditions préalables pour son efficacité et son efficience», affirme-t-il.
De ce fait, il explique que notre système financier doit se positionner en tant qu’acteur accompagnateur pour couvrir et animer les échanges dans les domaines des biens et services à partir de différentes sources y compris celles qui exportent depuis notre marché intérieur. Meddah estime aussi que le système financier algérien peut et doit intervenir en tant qu’acteur offreur de financement et de services au financement et au développement pour le compte des marchés locaux des pays cibles. En outre, le secteur commerçant réel doit, également, compter sur une plateforme d’échanges, soit en transit, en achat-revente depuis des sources diverses pour le compte des autres pays africains, soit en transbordement par rapport aux structures d’accueil en transport et en moyens logistiques. Evoquant l’importance de la démarche de déploiement des banques algériennes en Afrique, l’expert signale que l’objectivité du potentiel réside essentiellement dans la compréhension et la maîtrise des circuits et espaces reconnus pour leur attractivité et leur faisabilité technique et réglementaire. «Il s’agit en particulier de s’inscrire dans des liens supranationaux déterminés en fonction des critères concrets. Il faut aussi admettre que les autres pays concernés vont naturellement s’engager et avancer en fonction des logiques comparatives», souligne-t-il. A titre d’exemple, il fait savoir que la partie extrême Est de l’Afrique préfère échanger et traiter avec les sources du Moyen-Orient avec des coûts relativement maîtrisables comparativement aux sources émanant du Maghreb. Et dans l’autre sens aussi : «Le continent africain est connu pour sa richesse en ressources naturelles et en gisements potentiellement explorables et exploitables. Il est possible de converger vers des opérateurs de sourcing ou de procurement international à travers des réseaux dédiés à ces besoins et avec l’appui des banques et institutions financières nationales», relève-t-il.

Ne pas se limiter à la collecte des recettes
Pour lui, l’ouverture sur le marché bancaire africain doit se faire dans un cadre d’externalisation et d’internationalisation des services de nos structures bancaires et «ne doit pas se limiter aux objectifs de collecte des avoirs de la diaspora ou des recettes sur nos propres exportations», précise-t-il. «Nos institutions financières sont appelées à s’inscrire dans des domaines qui ne peuvent pas uniquement se limiter aux flux classiques d’importation et d’exportation. Elles devront aussi se conformer aux règles légales des pays d’installation et en contribuant au développement de leur demande». Abondant dans le même sens, le professeur en sciences économiques à l’Université de Tlemcen,
Abdelatif Kerzabi, juge que nous devons inscrire notre économie dans la dynamique de la mondialisation.
«Nos banques ne doivent pas rester isolées du reste du monde. Si nous avons chez nous des banques étrangères, nous devons en avoir chez les autres. Nos banques doivent accompagner dans un premier temps notre économie qui doit se déployer en Afrique», affirme-t-il.
Selon lui, le déploiement de nos banques en Afrique doit soutenir nos investissements. «Nous avons des excès de liquidités qui faute d’être absorbées en interne doivent servir aux investissements hors de nos frontières», propose-t-il. Il s’agit, à ses yeux, d’explorer dans un premier temps le marché africain pour, ensuite, exploiter les potentialités existantes par des investissements. «C’est à ce niveau qu’interviennent les banques algériennes par le financement», conclut-il.
Amokrane Hamiche