Papeteries : La énième facture salée !

Encore une facture des plus salées attend les ménages à la rentrée scolaire prévue dans quelques semaines. En effet, les prix des articles ont flambé cette année. La moyenne d’un cartable et les fournitures y afférentes avoisine les 10.000 DA, selon les assertions des libraires rencontrés hier lors d’une virée dans divers quartiers d’Alger.

La papeterie Sarrah à Dely Brahim commence déjà à recevoir les premiers lots pour la prochaine rentrée. En franchissant la porte, c’est un capharnaüm qui s’offre aux yeux. Au vu des prix excessifs affichés, les articles déposés pêle-mêle semblent destinés à une catégorie sociale précise. Des sacs à dos à 8.800 DA, d’autres packs, composés d’un sac à dos, d’une sacoche et d’une trousse, sont cédés à 5.200 DA. «Excusez-nous ce désordre, nous sommes entrain d’installer le nouvel arrivage », lance le jeune Massinissa, vendeur dans ladite papeterie. Un tour entre les étalages est très révélateur de l’exorbité des prix de tous les articles. Des trousses, dont le prix minimal vacille entre 400 et 650 DA alors que les nouveaux modèles, dits «dernier cri», peuvent aller jusqu’à 2.750 DA l’unité. Et pour remplir ces trousses et cartables, la liste est assez longue et surtout très coûteuse. Des ardoisesentre650 à 800 DA, les stylos et crayons, leur prix minimal est fixé à 30 DA. Aussi, les taille-crayons, compas, règles, gommes, ciseaux et colles, ne sont pas en reste quant à la cherté de leurs prix. Cette dernière s’érige, constate-t-on, en règle même en dehors des quartiers dont les résidents sont issus d’une classe sociale plus ou moins «nantie».
Incompréhensibles
À Alger-centre, plus précisément la place l’Emir, en contrebas du Cadix, un des quartiers populaires algérois, les prix sont, à quelque exception près, moins chers. Cependant, le premier constat dans la Librairie l’Emir est indicateur d’autres réalités en sus de l’augmentation des prix de tous les articles sans aucune exception. Les étals sont presque vides sinon ce qui reste du stock de l’année passée. «Il n’y a pas de marchandise chez les grossistes, d’autant plus que la majorité des articles sont importés. Ça fait à peine un mois qu’ils ont autorisé l’importation des articles scolaires et il faudrait attendre deux à trois mois pour l’arrivée de la marchandise, sachant que seulement quelques grossistes ont pu importer. L’offre sera vraiment limitée cette année», fait observer Abderrahmane, responsable de la librairie en question.
L’interlocuteur affirme la hausse des prix même des bribes d’articles de l’ancien stock. «Nos fournisseurs ont augmenté leurs prix pour des raisons qui demeurent incompréhensibles. Le cartable d’un écolier en première année primaire coûtera jusqu’à 6.000 DA. Pour le reste des classes, c’est une moyenne de 10.000 DA par élève», précise-t-il. Selon le libraire, les prix des cahiers ont grimpé cette année de façon vertigineuse, frisant les 30%. «Le papier, matière première des cahiers et livres, a vu une hausse de prix à l’échelle mondiale, d’où l’excessivité des prix cette année. Un cahier de 96 pages a augmenté de 40 à 90 DA et vous pouvez extrapoler », poursuit-il. C’est dire la pesanteur grandissante des dépenses qui attendent les parents dès la fin de leurs vacances estivales aussi coûteuses que les fournitures scolaires.
Aziza Mehdid