Pare-feu :

Les incendies ne sont pas seulement un danger pour les forêts du nord du pays où, chaque été, des milliers d’hectares sont détruits. Ils représentent aussi une menace dans les oasis où les récoltes partent souvent en fumée.

Respectant une tradition bien établie, la Protection civile a lancé, depuis mercredi dernier, une campagne nationale de prévention et de lutte contre les feux de récolte dans le Sud à partir de la commune de Sebâa (wilaya d’Adrar). Dans cette wilaya mais aussi dans celles de Timimoun, El-Menea,In-Salah, Béni-Abbès, Ouargla et Ghardaïa, les vergers, et depuis quelques années, les exploitations lancées dans le cadre de la mise en valeur des terres et de la concession, ne sont pas à l’abri des flammes. Le danger est d’autant plus réel que l’activité agricole ne se concentre plus dans d’étroits périmètres : se répand aussi dans des espaces situés loin des villes et localités. Combinant conseils de prévention et sensibilisation dans une région où la période des moissons-battages est précoce, l’opération cible les wilayas qui ont aussi une vocation céréalière pour prévenir les incendies, protéger cette production et, partant, préserver la sécurité alimentaire du pays.
L’agriculture dans le Sud revêt, par bien des aspects, un aspect stratégique. C’est le cas notamment à El-Menea où la production de maïs, dont la récolte se déroule en automne, avoisine 13.000 tonnes en grain, principal intrant dans la fabrication des aliments de bétail et de volaille. La première expérience-pilote de culture de maïs sous-pivots dans le Sud a été menée sur une superficie de 100 hectares en 2011 dans la localité de Hassi-Ghanem. Les expériences pionnières en matière de blé ne manquent pas également. Dans la même wilaya, 10.000 hectares sous pivots ont été réservés cette année à la céréaliculture dont 9.000 ha seront ensemencés en blé dur. Il s’agit d’un potentiel qu’il faut sauvegarder à tout prix.
La Protection civile, qui a toujours tablé sur la prévention, recommande aux agriculteurs de prendre des mesures bien avant le lancement de la campagne des moissons-battages pour éviter tout départ de feu. Selon les données des cinq dernières années, le déclenchement des incendies est lié principalement à l’absence de mesures préventives et d’entretien des matériels, de moisson notamment, l’absence d’équipements anti-incendie et de citernes d’eau en quantités suffisantes. L’ignorance des premières mesures d’intervention pour circonscrire les feux avant l’arrivée des sapeurs-pompiers est un facteur aggravant. A cela s’ajoutent les longues distances qui empêchent, dans bien des situations, une intervention rapide. Les services de la Protection civile ont mis en place un dispositif opérationnel prévoyant des moyens humains et matériels d’extinction d’incendies en vue de maîtriser les feux dès leur déclenchement et éviter d’éventuels dégâts agricoles. Se joignant à cette initiative, la CRMA mais aussi d’autres compagnies d’assurances peuvent promouvoir leurs produits d’assurances qui ouvrent droit aux indemnisations en cas de catastrophes, en plus de la distribution de modèles d’extincteurs aux agriculteurs.
H. Rachid