Paroles de députés : «Les salaires sont en deçà du pouvoir d’achat»

Les députés pointent du doigt la politique salariale en Algérie. Relevant son inadéquation avec un pouvoir d’achat de plus en plus érodé, les parlementaires appellent à une révision «urgente» des grilles de salaires, surtout dans la conjoncture actuelle, marquée par une flambée inédite des prix des produits de large consommation.

C’est ainsi que, Mohamed Temarmi, président du groupe parlementaire du FLN à l’assemblée nationale, estime que «les salaires en Algérie accusent un véritable déficit par rapport au pouvoir d’achat, de plus en plus faible, des citoyens». Notant qu’«il y a eu, dans le passé, des augmentations du Smig» mais sans toutefois «remettre la politique salariale dans notre pays depuis des lustres», ce qui ne répond aucunement «aux besoins des citoyens en matière de pouvoir d’achat», fait-il observer. Dans le même ordre d’idées, il soutiendra que «la révision de l’IRG n’a ajouté que peu pour le citoyen qui n’arrive pas à subvenir correctement à ses besoins». Aussi et aux yeux du député FLN de Tiaret «le salaire minimum que doit avoir une famille moyenne de 5 personnes est au moins de 60.000DA qui est lui-même en deçà d’un pouvoir d’achat s’adaptant à notre réalité quotidienne».
Même constat du côté d’Ahmed Boubekeur, député  au Rassemblement national démocratique (RND) de la wilaya de Touggourt. «Oui, les citoyens n’arrivent pas à allier le salaire aux besoins qui s’imposent à eux quotidiennement», lance-t-il précisant que cet état de fait a suscité un débat au sein de sa formation politique. «Au RND, nous avons fait des recommandations vu la situation économique actuelle et l’effondrement du dinar en appelant à la prise en charge de cette question salariale», relève-t-il précisant que «nous souhaitons une augmentation des salaires surtout au travers des procédures contenues dans la loi des finances 2022».
Dans le même ordre d’idées, il ne manque pas de lancer : «Nous insistons  pour avoir d’autres sources de financement et promouvoir l’investissement dans différents secteurs aux fins de réduire le déficit en matière de pouvoir d’achat.» De son côté, Kamel Benkhalouf, président du groupe El Binaa, fait observer d’entrée de jeu que «la politique salariale est en décalage avec les besoins du citoyen». De son avis, «il s’agit d’un fait réel relevé y compris par le président de la République». Il évoque, aussi, le grand décalage des salaires «entre les hauts responsables d’entreprises et les employés». «Ce n’est pas normal d’avoir un décalage très important entre les hauts responsables et les différents employés», lance-t-il soutenant que cela «crée un sentiment d’injustice». De son avis, il est impératif d’instituer «une justice sociale dans la politique des salaires». Mohamed Khellassi, député du mouvement de la société pour la paix (MSP) à Alger, fait observer que «c’est une évidence que de dire que les salaires en Algérie se trouvent en deçà du pouvoir d’achat des citoyens». Notant qu’il existe un parallélisme entre les salaires et la productivité, Khellassi ne manque pas d’évoquer  l’absence de «l’environnement et le climat adéquats et favorables à même de favoriser l’investissement et donc une amélioration du niveau de vie». Evoquant les velléités de levée de la politique des subventions, Khellassi s’interroge sur «les modalités de pallier à cette levée des subventions avec des salaires en totale inadéquation avec le pouvoir d’achat».
Hakem Fatma Zohra