Paroles de médecins : Un contrôle médical au préalable s’impose

Pendant le mois de Ramadhan, des jeunes et des hommes âgés pratiquent des activités sportives pour casser la routine et retrouver la forme physique. A quelques heures de la rupture du jeûne, on constate souvent dans les quartiers populaires certains jouant au football, ignorant les conséquences que cela peut provoquer sur le système cardiaque et respiratoire.

Selon le Dr Merabia, médecin généraliste, la pratique du sport pendant le mois de Ramadhan fragilise le corps humain et diminue la puissance musculaire. Les entraînements doivent donc être moins longs et moins forts pendant la période du Ramadhan. «Pour les jeunes sportifs, il est préférable de pratiquer le sport à une heure ou deux avant le f’tour, et ce, pour pouvoir s’hydrater juste après. Pour les sujets âgés, un électrocardiogramme d’effort, appelé aussi épreuve d’effort, s’impose avant la pratique du sport», estime le Dr Merabia, qui explique que la pratique occasionnelle du sport doit être accordée par un médecin qui vérifie l’état de santé de la personne, notamment son rythme cardiaque, pourvoir si le sujet est en mesure de supporter une forte pression artérielle. «Lorsqu’on pratique du sport, surtout occasionnellement, il faut surtout avoir l’avis du médecin, car en faisant des exercices sportifs, le sang circule fortement, et le cœur n’est pas habitué à cette pression. Donc, on peut avoir de mauvaises surprises», explique le médecin généraliste. Par contre, il préconise la marche pendant une demi-heure par jour pour les cas atteints de maladie chronique, comme les diabétiques.
Pour le Dr Abdelhafid Kaïdi, médecin spécialiste à l’hôpital de Boufarik, la pratique de l’activité sportive pendant le mois de Ramadhan doit être modérée et pratiquée juste avant le f’tour pour pouvoir s’hydrater après. «L’activité sportive pendant le mois sacré est déconseillée pour les sujets malades et âgés. Le corps a besoin d’eau et de sucre pendant l’activité sportive, alors qu’on se prive pour ne pas interrompre le jeûne, et cela est dangereux pour le rythme cardiaque», explique-t-il. Par contre, le Dr Mesbah, chargée du service de prévention à la Direction de la santé de la wilaya de Blida, préconise une activité sportive après la rupture du jeûne, car, selon elle, «en faisant du sport, le corps a besoin d’eau et de sucre pour pouvoir résister. Le manque d’énergie, avec l’épuisement des réserves glycogéniques, est courant durant la pratique sportive. Cela peut avoir des conséquences sur le système hormonal et notamment sur le maintien du niveau de sucre dans le sang», a-t-elle expliqué.
M. Benkeddada