Pénurie des produits alimentaires sur les marchés internationaux : Production nationale, le salut

Face à la hausse des prix mondiaux des produits alimentaires et à leur pénurie, remplir les couffins est beaucoup plus compliqué pour bien de pays, particulièrement ceux qui dépendent des importations. Ces derniers risquent de subir des répercussions sérieuses sur la sécurité alimentaire. Dès lors, le renforcement de la production locale est un impératif vital.

L’Algérie a pris conscience de la réalité de la situation. Lors de son entrevue, samedi dernier, avec des représentants de la presse nationale, le président Tebboune a indiqué que la solution radicale face à l’envolée des cours des produits alimentaires et à leur pénurie sur les marchés internationaux est de renforcer la production nationale.
Expert financier, Souhil Meddah estime que le renforcement de la production nationale est un processus important et lourd en même temps qui permet d’avoir plus de résilience. «Il nécessite, entres autres, une succession de mesures, de démarches et d’actions qui peuvent l’ajuster et l’organiser en fonction des situations qui se présentent dans le futur», a-t-il dit. Selon lui, le renforcement de la production nationale peut servir comme moyen de régulation en temps de crises. « Mais Elle doit au préalable exister pour contribuer de façon régulière dans la constitution des richesses et valeurs, tout en étant prêt pour faire face à toutes les situations de crises qui peuvent s’annoncer cycliquement», a-t-il énoncé.
Il a indiqué que la question de la diversification avec le renforcement de la production nationale doit être axée dans un cadre multidimensionnel qui qualifie toutes les ressources disponibles pour leur mobilisation ou transformation, mais aussi des potentialités qui caractérisent l’état de compétitivité nationale et régionale immédiate», a-t-il développé. Il a précisé que l’objectif de la diversification de la production n’est pas de limiter les importations, mais de soutenir le solde de la balance commerciale et limiter son déficit. Il a souligné que l’évolution de l’écosystème doit permettre à la fois de faciliter le développement des unités de production et de leur émergence au sein du marché local, avec notamment un élément d’efficience très important qui doit émaner à travers les différentes formes d’amélioration de la qualité par rapport aux coûts marchands.
Expert agricole, Akli Moussouni a estimé qu’il y a bel et bien urgence à renforcer et redynamiser le potentiel socioéconomique dormant. Toutefois, il a relevé qu’il est impossible de développer la microéconomie du pays basée sur les recettes des exportations des richesses du sous-sol dans le contexte législatif et organisationnel économique actuel. Il a affirmé que le développement socioéconomique relève de l’intelligence, du respect des lois, des stratégies à court, moyen et long terme, des mécanismes législatifs étudiés et d’organisation des branches d’activités filières dans leurs vrais sens. «Ce qui est loin d’être le cas malheureusement», a-t-il conclu.
Amokrane H.