Perspectives et nouvelle dynamique

La multiplication des visites au plus haut niveau entre l’Algérie et l’Italie reflète l’excellent niveau des relations entre les deux pays. Celles-ci ont été davantage consolidées à la faveur de la visite d’Etat que le président de la République italienne, Sergio Mattarella, a effectuée en Algérie en novembre 2021.

Le discours du ministre des Affaires étrangères italien, Luigi Di Maio, lors de ses visites à Alger en février et en avril derniers, traduit dans ce sens la volonté de Rome à vouloir diversifier et élargir la coopération
à d’autres secteurs que les hydrocarbures. L’importance du dialogue politique entre les deux pays et l’instauration d’une nouvelle dynamique à la coopération stratégique ont été, à nouveau, réitérées à l’occasion de la visite du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en Italie la semaine dernière. «Nos relations avec l’Italie, pays ami, ont toujours été au beau fixe tout au long des décennies», a indiqué le président de la République lors d’un point de presse animé conjointement avec son homologue italien. Il a fait état, à ce titre, d’une «convergence totale entre les deux pays sur les questions d’intérêt commun aux niveaux maghrébin, méditerranéen, ainsi que dans le domaine de la coopération bilatérale en matière énergétique». Les deux pays sont liés, faut-il le rappeler, par un traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération signé en 2003. Ce qui a permis de renforcer les liens d’amitié historiques et les relations de coopération entre les deux parties, d’autant plus que les dossiers d’intérêt commun ne manquent pas. A commencer par la crise libyenne qui constitue une menace pour la sécurité de notre pays et la région dans son ensemble, en sus de la situation au Sahel et la lutte contre le terrorisme. Mattarella avait, d’ailleurs, manifesté sa disponibilité à poursuivre la concertation politique sur les questions internationales et régionales.
L’Algérie, qui cherche à promouvoir un dialogue politique de confiance avec des partenaires crédibles, est déterminée à faire avancer la coopération avec Rome vers des horizons plus larges. Le volume total des échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Italie en 2020 s’est élevé à environ 6 milliards de dollars, dont 3,5 milliards de dollars d’exportations en hydrocarbures et 2,42 milliards de dollars d’importations de ce pays, essentiellement en équipements. Le secteur de l’énergie s’est, jusque-là, taillé la part du lion dans les relations économiques algéro-italiennes où Sonatrach avait établi des partenariats stratégiques avec de grandes entreprises italiennes dont ENI, ABB Italie, Ansaldo Energia, Enel et Terna. Le secteur des travaux publics a été, lui aussi, jusqu’à un passé récent, un axe majeur de coopération entre les deux pays. Les nombreux atouts et opportunités dont bénéficie notre pays pourraient, toutefois, changer la donne et contribuer à créer de nouveaux espaces de partenariat et de coopération dans divers domaines économiques, outre celui des hydrocarbures. Le chef de l’Etat, qui demeure très intéressé par le modèle italien des PME/PMI, avait fait le pari de se rapprocher davantage de l’Italie au vu des similitudes qui existent entre les deux économies.
Mais aussi des opportunités en matière de coopération dans les domaines des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.
Assia Boucetta