Plantation : Un projet sociétal

D’après l’expert en environnement et en agriculture, Mohammed Sadek Bounebab, le reboisement et la plantation des arbres n’est pas juste une affaire du ministère de l’Agriculture mais de l’ensemble des citoyens et des citoyennes et d’autres secteurs, comme les ressources en eau et l’éducation.

«Le reboisement, c’est un projet sociétal, car il ne s’agit pas seulement de renforcer notre production forestière mais mais d’assurer un bien-être aux populations. L’arbre est un anti-stress par excellence et un anti-polluant. Plus il y a d’arbres, plus on se sent bien», explique-t-il. De ce fait, le programme de plantation d’un million d’arbustes n’est pas suffisant. «Si les parents offraient un plant de 50 DA à chacun de leurs enfants pour le planter, on dépassera le 1 million comme programmé. Nous recensons 8 millions d’enfants. Si chacun d’entre eux plantait un arbre, on en aura pour 8 millions et non un million», souligne-t-il. Seulement, prévient-il, il faut impliquer le secteur de l’éducation pour sensibiliser les enfants et celui de l’hydraulique pour assurer une irrigation permanente aux nouvelles plantations. «Le barrage vert, par exemple, s’il était mieux entretenu et bien suivi, il aurait atteint son but plus facilement. Dans certaines régions, il a empêché l’avancée du désert mais pas dans d’autres. En plus d’un manque d’entretien, d’éclaircissage, d’amendement des sols et d’irrigation, ce barrage souffre d’un mauvais choix en matière d’espèces à planter», constate-t-il. Il est primordial, selon lui, d’opter pour des espèces qui soient adaptées aux spécificités, humides, de l’Est du pays et sèches, de l’ouest. «L’idéal serait de favoriser les espèces rustiques qui résistent à la chaleur et au froid. Il est nécessaire aussi de planter utile, les arbres fruitiers, par exemple. Ainsi, le barrage vert atteindra un double objectif, celui de lutter contre la désertification et de renforcer la production agricole», conclut-il.
F. B.