Plus de 7.760 affaires traitées par le gendarmerie nationale : 70% des victimes sont sans emploi

Un total 7.766 affaires liées à des violences contre des femmes ont été traitées durant les dix premiers mois de l’année en cours par les services de la Gendarmerie nationale (GN) contre 9.158 pour la même période de l’année dernière. Ces indications nous ont été fournies en exclusivité par le commandant Fadila Belhadj, représentante de la GN, qui a relevé une baisse de 15,19%. Evoquant ce bilan, elle a relevé que la violence physique se place en haut du tableau avec 4.437 cas, suivie par les injures et la diffamation avec 1.734 cas. Il y a aussi les menaces avec 671 cas, les agressions sexuelles (281 cas), les atteintes aux libertés individuelles (261 cas), les vols avec violence et agression (188 cas), les humiliations (116 cas) et, enfin, le harcèlement moral (42 cas). Le même bilan fait état de 36 cas d’homicides dont deux involontaires. Le commandant Belhdj a fait savoir que 35% des victimes, soit 2.707 cas, sont âgées de plus de 40 ans, 30% de 30 à 42 ans (soit 2.363 cas). La catégorie d’âge – 18 à 30 ans représente 22% des cas (soit 1.723 victimes) et enfin les moins de 18 ans constituent 13% (973 victimes). Notre interlocutrice a précisé que les femmes sans emploi sont placées en première position avec 72% des victimes et représente un total de 5.612 cas. Elles sont suivies par les travailleuses avec 10%, soit 748 victimes, les étudiantes avec 9% (710 cas), celles excerçant une fonction libérale avec 6% (438 cas), les journalières avec 3%, soit 258 cas. Sur le plan de la répartition selon le niveau d’instruction des victimes, la responsable a fait remarquer que celles ayant un niveau moyen représentent 2.175 cas. Elles sont suivies par celles ayant le niveau primaire avec 1.578 victimes, le secondaire, (1.484 cas), sans niveau d’instruction avec 1.323 victimes et universitaire avec 1.197 cas. Ces statistiques, d’après le commandant, révèlent, par ailleurs, que les femmes célibataires représentent 5.658 cas, soit 73%, suivies par les femmes mariées avec 1.871 cas, les divorcées (209) et les veuves (28 cas). Sur ce total, la représentante de la GN a souligné que dans 4.092 de ces cas, la victime n’a aucune relation avec l’agresseur mais 1.390 agressions sont commises par les époux. Interrogée sur les raisons de la légère baisse de 15,19 % par rapport à la même période de l’année 2021, le commandant Belhadj s’est réjouie de la prise de conscience de la part des victimes qui ont compris l’importance du dépôt de plainte. Selon elle, la culture de signalement via le numéro vert de la GN 1055 et les différentes plateformes numériques commence à s’enraciner en Algérie. Elle a, enfin, mis l’accent sur l’importance des campagnes de sensibilisation et d’information qui doivent être permanentes afin de lutter efficacement contre toute forme de violence à l’égard des femmes. «Les services de la Gendarmerie nationale sont toujours prêts à prendre en charge les femmes victimes de violences et leurs enfants», a-t-elle d’ailleurs assuré. La lutte contre ce fléau social n’est pas uniquement affaire des services de sécurité ou de la justice, mais celle de toute la société.

S. B.