Plus de risques sur les immunodéprimés et les malades chroniques : La virulence d’Omicron suscite davantage de crainte

 

Faiza, trentenaire, est atteinte de polyarthrite rhumatoïde. Elle se définit d’emblée comme une personne à risque. «J’ai une immunodépression qui est la conséquence des traitements que je prends», explique-t-elle. «Et cela m’expose beaucoup plus qu’une personne ordinaire aux infections, notamment celle par le variant Omicron», s’empresse-t-elle d’ajouter.  Pour notre interlocutrice, les deux médicaments, le methotréxate et les corticoïdes, qu’elle prend réduisent considérablement ses défenses immunitaires. «Mon état nécessite une vigilance de tous les instants face au variant Omicron. Mon médecin m’a recommandé de faire attention plus que d’ordinaire car je suis plus sujette à l’infection», poursuit-elle. Même vaccinée, elle redouble de vigilance car sa maladie est grave et son traitement est long. Amar, sexagénaire, insuffisant rénal nécessitant une dialyse, craint tout autant le variant Omicron. «Mes reins ne filtrent pas correctement le sang depuis des années, et cette déficience me rend vulnérable face aux infections», se lamente-t-il. Vacciné depuis plus d’une année, Amar n’est pourtant pas tranquille. Son médecin l’a alerté sur les risques de la dialyse qui est une porte d’entrée pour les infections. «Cela me contraint à prendre plus de précautions», renchérit-il. Les malades atteints de cancers voient leurs risques d’infection croître par rapport aux sujets sains. C’est le cas de Mohamed, un agent de bureau âgé de 53 ans, atteint de la maladie de Hodgkin, un cancer du sang et des ganglions lymphatiques. L’immunodépression chez lui est double : elle émane de son hémopathie caractérisée par une insuffisance médullaire et de la radio-chimiothérapie qui est très agressive pour ses défenses immunitaires. «Je prends des traitements agressifs pour obtenir une rémission, mais leurs effets se répercutent sur mon immunité», note-t-il. Il se dit d’ailleurs contraint de faire des bilans sanguins réguliers pour vérifier l’état de ses globules blancs, témoins de ses défenses. Kamel, 42 ans, atteint d’un cancer du côlon, se dit conscient d’affronter les mêmes risques. «J’ai un cancer du côlon au stade 2. C’est un stade qui nécessite non seulement une exérèse de la tumeur mais également une radiothérapie et une chimiothérapie qui fragilisent mes défenses contre les infections», déclare-t-il. «J’ai peur d’être sauvé du cancer par le traitement et emporté par le variant Omicron», ajoute-t-il avec un brin d’humour noir. A l’en croire, une peur permanente l’habite à un point où il met un double masque quand il se rend dans n’importe quel hôpital.
Fatma-Zohra Hakem