PME : Des crédits d’exploitation à partir de 2022

L’Agence nationale d’appui et de développement de l’entreprenariat (Anade) a fait part, ce lundi lors d’une conférence dans le cadre de la FPA, d’un nouveau dispositif en faveur des PME. Il s’agit de l’octroi de crédits d’exploitation qui était, il y a quelques mois encore, inaccessible aux jeunes entreprises.

«L’Agence a changé d’approche et n’octroie plus de financements à l’aveuglette. La plupart des jeunes entrepreneurs ont du matériel sophistiqué mais n’ont pas de trésorerie. Or, sans cette dernière, ils ne peuvent pas faire fonctionner leurs entreprises et entamer le processus de production. Nous avons donc pensé à leur faciliter l’obtention de prêts d’exploitation d’une valeur de 1 million de DA, une fois renouvelable», explique le directeur de développement à la direction générale de l’Anade, Abdelkader Ould Slimane. Un soutien financier est également octroyé aux entreprises opérationnelles sur le marché, mais qui aspirent à une extension de leurs activités. «L’essentiel, c’est que ces entreprises soient en bonne santé. Si elles veulent améliorer et élargir leurs productions, elles ont droit à 10 millions de DA. Nous refinançons également les entreprises en difficulté à cause de la pandémie sanitaire, de catastrophes naturelles, d’épidémie ou de problèmes de marché. Si ces entreprises répondent aux critères exigés et veulent vraiment réussir, l’Anade les soutiendra», affirme-t-il. Il est revenu, par ailleurs, sur les dispositifs en faveur des porteurs de projet. Si ces derniers sont maturés et dotés de plans de charges précis, les porteurs de projet auront le choix entre deux modes de financement. Le premier, mixte, exige une contribution du bénéficiaire de 50%  tandis que l’autre moitié sera assurée par l’Anade et dont le seuil ne dépasse pas les 10 millions de dinars. Le deuxième mode, triangulaire, englobe un financement bancaire à hauteur de 70%, un apport de l’agence à 15% et une contribution du porteur de projet à 15%. «Si le porteur de projet n’a pas beaucoup de moyens et si c’est un étudiant, il peut contribuer avec 5% seulement.
Il faut savoir que les projets en question doivent être réellement porteurs et répondre à des besoins précis exprimés par le marché dans différents domaines. Nous avons financé, par le passé, des centaines d’entreprises qui ont échoué car elles n’avaient pas de plans de charges et d’études de marché», rapporte-t-il. De même que des entreprises, poursuit-il, ont été financées pour la fabrication de produits qui ont été interdits, par la suite, par la loi. «Les sachets noirs par exemple. Des jeunes entrepreneurs se sont lancés dans ce domaine avant que ces produits ne soient interdits par la loi.
A peine ont-ils démarré qu’ils se sont retrouvés confrontés à une nouvelle loi qui ne leur permettait pas d’en fabriquer. Ces entreprises, qui ne sont pas fautives, ont besoin d’un refinancement pour les réorienter vers d’autres activités», explique-t-il. Il a rappelé, par la même occasion, que les nouvelles PME bénéficient d’une exonération fiscale d’une durée de 3 ans et de 5 ans si elles emploient plus de trois personnes. Pour ce qui est du remboursement, ce dernier ne sera effectué qu’au bout de 18 mois après l’entrée en production. Au bout de 3 ans d’activités, conclut-il, si ces entreprises se sont faites une place sur le marché, elles pourront bénéficier d’autres crédits pour développer davantage leurs activités.
F. B.