Portrait : Badis Khenissa, un «Young talent» algérien

Tout homme ambitieux vous dira la même chose: «Je me suis battu pour arriver là». Badis Khenissa au parcours atypique a en effet travaillé ardemment pour toucher ses rêves les plus chers du bout des doigts. Il  a fait de la cueillette du savoir où que soit sa source d’existence.

Aujourd’hui, du haut de ses quarante deux ans, il cumule déjà une belle expérience de vie.  Loin de sa mère patrie, il s’est fait une place de choix grâce à son abnégation et à son dévouement. Il a l’Algérie dans l’âme et le sang. Son crédo: hisser haut et fort son pays, qui aujourd’hui lui tend la main pour le servir. On peut reconnaître que Badis représente pour beaucoup un modèle de réussite de la jeunesse algérienne. En France où d’autres ont échoué en raison des multiples embûches imposées à la communauté étrangère, il a brillé par son intelligence et sa clairvoyance. Il s’est forgé à travers plusieurs postes de responsabilités qu’il a occupés ainsi qu’en lançant de multiples initiatives personnelles. Ce jeune originaire de Batna dévoré d’ambition nous raconte son… combat jalonné d’exploits.
Badis Khenissa, jeune marié responsable de quatre enfants, est né en France. Il rentre ensuite en Algérie suite à l’obtention de son père de son diplôme. Il fera un passage aux Scouts musulmans algériens durant son enfance. Après sa réussite au baccalauréat, il entame ses études et son militantisme en tant que membre de l’UNJA à l’université Essania d’Oran. Mais le destin lui changera complètement de cap.  Il est reparti en France pour faire ses études d’ingénieur. Il a subi les mêmes obstacles rencontrés par les étudiants algériens. Badis  n’a pas perdu de temps. Il s’est mis aussitôt dans le bain en engageant à bras le corps le terrain qui lui a permis à rentrer vite dans le monde des actifs. Il a fait quasiment toute sa carrière en expatriation de par le monde. Il s’investit dans le secteur de l’énergie et de l’industrie. Il dit que cette parenthèse de sa vie lui a facilité l’enrichissement de sa quête identitaire  et de comprendre aussi qu’on peut être un citoyen du monde sans pour autant perdre de vue l’essentiel: l’Algérie. Il a fait donc carrière au sein de plusieurs multinationales. Il a arraché des postes dans les directions de ces firmes étrangères régissant des projets complexes. Badis s’est démarqué jusqu’à être qualifié de «Young talent». En tant que jeune manager, il a arraché de nombreux prix dans son domaine d’activité. Il a continué sur cette lancée pendant plus de treize ans. Ensuite il a décidé de reconsidérer sa vie professionnelle pour l’adapter à ses exigences familiales notamment avec l’arrivée de ses enfants. Il resté dans le domaine mais avec moins d’expatriation. Badis insiste d’ailleurs à rendre un vibrant hommage à sa partenaire, à ses parents qui le poussaient à aller de l’avant. Étape par étape, il a pris en effet de l’élan en exploitant sa fibre entrepreneuriale. Il a pu concrétiser certains business. Le plus conséquent, il a monté un projet de Luxury Food. Il a importé la datte en France pour faire un trait d’union entre l’Orient et l’Occident. Il a collaboré à ce titre avec les aéroports de Paris. Ce fut pour lui une réussite et une fierté.
Club Emergent, un laboratoire d’idées
Aujourd’hui, il a son cabinet de formation et de conseil, mais parallèlement il ne lâche rien. Il a décidé d’aller plus loin dans l’altruisme pour pouvoir apporter une valeur sûre notamment à sa mère patrie.  En France, il a initié plusieurs associations communautaires versées dans le secourisme, le soutien des «chibanis»(Personnes âgées) ou autres activités humanitaires. Badis se lance encore dans une nouvelle perspective.  Il a fondé en 2015 une association d’un autre ordre qu’il a appelé Club Emergence. C’est un think tank qui se voulait être un laboratoire d’idées. Étant toujours en quête de rénovation intellectuelle, il a créé cet espace pour capitaliser ces réflexions collectives pour transcender la citoyenneté. Le travail de cette association s’articulait autour de l’organisation des conférences débats concernant des thématiques qui sont aujourd’hui d’actualité telle que le rôle de la diaspora dans l’équation économique. Elles ont été animées par d’anciens ministres et éminents experts. Badis pense que le débat constitue une sorte de thérapie collective qu’il faudra instaurer notamment en Algérie ayant subi de multiples tragédies. Il faut incarner la solution, dit-il, et non pas l’attendre.
«Touiza», un hébergement pour les compatriotes
 Par ailleurs, pour s’adapter à la nouvelle conjoncture sanitaire, il décide d’initier une autre plateforme collaborative  qu’il appellera «Touiza». C’est en fait un site qui met les Algériens bloqués à l’étranger en contact avec des ressortissants souhaitant offrir un hébergement temporaire à leurs compatriotes. Badis a pensé aux étudiants qui dormaient à même le sol suite à la fermeture des frontières en raison de la pandémie. Il fallait y remédier, mais comment? Là est venue l’idée de créer Touiza.Dz dans le sillage de notre esprit ancestral basé sur l’entraide et l’humanitaire. Il a mis à profit la fibre solidaire des Algériens sans pour autant se substituer à l’Etat. Dans une position de complémentarité visant à alléger la pression sur les ambassades et les consulats, cette plateforme de solidarité a couvert le monde entier et a pu soutenir de nombreux algériens. En temps de Covid et de précarité économique et malgré le spectre de la mort les gens ont ouvert leurs toits aux compatriotes qui étaient en situation de précarité. L’expérience a prouvé que les Algériens pouvaient s’adapter à toutes les problématiques et les tragédies qui exigent une mobilisation collective.
«Basmatec», une boite à idée algérienne
Toujours en corrélation avec la citoyenneté, Badis a créé aussi une boîte à idée numérique, la première en Algérie qu’il nommera «Basmatec». Elle verse dans la citoyenneté collaborative. Chaque individu peut à travers cette plateforme contribuer par ses idées à l’enrichissement du débat national. C’est une manière de considérer le citoyen et de lui donner la parole afin de s’exprimer. Ce qui constitue pour lui une base de données génératrices d’idées citoyennes devant faciliter l’accomplissement de sa nouvelle mission en tant que membre de l’Observatoire national de la société civile fraîchement installé par le président de la République.  Badis explique que dans toutes ces initiatives associatives, il y a en toile de fond l’intérêt de la diaspora. Il a rappelé qu’il a toujours milité pour l’épanouissement de la communauté algérienne établie à l’étranger. Pour preuve, il a été parmi ceux qui se sont élevés contre le fameux article 51 qualifié d’article de la honte car il avait considéré les membres de la diaspora comme des sous-citoyens. Ayant la possibilité d’avoir des tribunes médiatiques, il a pris son bâton de pèlerin depuis quelques années  pour défendre les intérêts de sa communauté et de son pays. Il insiste à dire que la diaspora est cette majorité silencieuse qui a la fibre patriotique dans le cœur et l’engagement citoyen envers la nation dans l’âme et qui a juste besoin d’être entendue et défendue. Dans le cadre de son combat permanent, Badis a tenté de tisser un réseau associatif communautaire qui a permis aujourd’hui de mutualiser les efforts pour une même cause. Il reconnaît qu’en France ce tissu est morcelé, il est un peu disparate et c’est…voulu.
Le porte étendard de l’Algérie
Badis a consolidé sa carrière par une formation en relations internationales qu’il a faite à Paris.  D’où sa sollicitation par de nombreux médias  dans le cadre associatif et politique. Il avait pour objectif de consolider les liens entre la diaspora et la mère patrie qui se dépérissaient au fil du temps d’une manière volontaire. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Il intervient sur plusieurs chaînes étrangères toujours dans l’optique de défendre l’intérêt de l’Algérie. Badis est convaincu qu’il faut savoir être l’ambassadeur de son pays. Il profitait ainsi de ces tribunes pour donner une image ambitieuse et rayonnante de la Nouvelle Algérie. Il essaye d’être le porte étendard de l’Algérie dans le monde. L’école des luttes et du militantisme sur le terrain lui a permis, souligne-t-il, d’avoir cette culture d’Etat. Il dira que par le passé vu le contexte qui n’était pas favorable il avait décliné des postes de responsabilités, mais aujourd’hui dans cette autre Algérie où beaucoup de mécanismes ont été mis en place, il a répondu à l’appel de la patrie. Il remercie d’ailleurs le président de la République pour sa nomination toute récente en tant que membre de l’Observatoire national de la société civile. Il se réjouit ainsi que la compétence ait une place dans cette nouvelle Algérie. Ce qui confirme que le temps de l’allégeance est révolu et qu’on est enfin dans la méritocratie. Il dit qu’il a été ému de répondre à l’appel du devoir. Pour lui c’est à la fois un honneur et une fierté. La tâche est lourde est il en mesure les conséquences. Il part sur le principe que cette mission n’est pas impossible parce que tout simplement… impossible n’est pas Algérien.
Karima Alloun
 

Badis Khenissa, membre de l’Observatoire national de la société civile : «La diaspora aime l’Algérie et veut la servir»

Badis Khenissa, fraîchement installé en tant que membre de l’Observatoire national de la société civile, instance instaurée par le président de la République dans le sillage de la nouvelle Constitution du pays, nous décortique dans cet entretien les défis qui attendent le tissu associatif. Son rôle : porter la voix de la diaspora et contribuer via cette nouvelle instance à en faire un levier de développement national.
Parlez-nous des défis que se doit de relever l’Observatoire national de la société civile?
Après l’installation de cet Observatoire, il faut déterminer en effet le contexte de travail. Avant de parler de ses prérogatives et de ses finalités, il est important de définir cette nouvelle structure constitutionnelle. Dans ce contexte et de par cette volonté du président de la République à vouloir rénover l’équation civile-citoyenne, l’Observatoire va être considéré comme cette caisse de résonance du peuple algérien. Mieux encore, la majorité silencieuse va avoir enfin un porte-voix unique et un canal direct. Il faut souligner qu’une minorité tapageuse essaye malheureusement de détourner, dénaturer, fourvoyer la voix du peuple à son avantage. Pour s’en prémunir, l’Observatoire rattaché directement au président de la République intervient justement pour combler ce fossé. L’Algérie est aujourd’hui la seule nation qui a tout de suite misé sur la société civile, en lui donnant un outil de démocratisation. Nous avons un passif qu’il ne faut pas négliger et un diagnostic à établir. Donc, le traitement est sur le court et le moyen terme avec, évidemment, un plan d’urgence qu’il va falloir mettre en place à travers un travail de sensibilisation. Personnellement, je mise sur la citoyenneté participative et la politique collaborative. On ne peut pas être dans l’unilatéralité pour construire la nouvelle Algérie. Entre l’Etat et le citoyen, intervient le trait d’union qu’est l’Observatoire. Celui-ci doit recréer ce lien de confiance à travers une stratégie pragmatique et effective. Il existe une carence en matière d’apprentissage de la pleine citoyenneté. C’est-à-dire des devoirs, mais également des droits. Il faut restructurer et accompagner le tissu associatif pour le consolider et lui donner les outils de gestion afin qu’il puisse amplifier son action. J’inclus les artistes et les personnalités pour en faire des ambassadeurs rassembleurs. Le citoyen doit comprendre qu’il a un pouvoir, que le chef de l’Etat lui met aujourd’hui entre les mains de quoi pouvoir s’exprimer, mais surtout refléter les vraies attentes du peuple. Pourquoi ne pas faire émerger demain en Algérie des think-tank qui seront ces laboratoires qui provoquent des débats d’idées à l’échelle citoyenne? Pour ce faire, il faut établir une stratégie qui, elle aussi, va obéir aux mutations de la société elle-même. Le président de la République veille à ce que les membres de cet Observatoire mesurent leurs responsabilités et à ce qu’ils aient également les moyens de réussir ce travail d’engagement total.
Par quels mécanismes comptez-vous assainir la situation de la société civile?
On ne peut pas dire que le tissu associatif est aujourd’hui indemne. Il a été malheureusement instrumentalisé à des fins ou des calculs claniques très étroits. Justement, il est temps de lui donner un nouveau souffle. Il s’agit pour moi d’un projet de modernisation et de rénovation de la société civile. Le tableau n’est pas tout noir. Nous avons un tissu associatif patriote qui a démontré par le passé, dans plusieurs tragédies telles que les incendies criminels et la Covid qui persiste, son plein engagement au profit du pays. Il faut réapprendre l’exercice réel de l’associatif, car à terme, l’objectif est de constituer une nouvelle classe politique. Une nouvelle classe de citoyens conscients, présents et actifs dans l’équation de l’Algérie globale. La nouvelle loi sur les associations va permettre aussi de baliser le chemin et de montrer le cap souhaité en premier lieu par le chef de l’Etat. N’oublions pas qu’il est issu de la société civile. C’est pourquoi il tient beaucoup à ce qu’elle ait son mot à dire aujourd’hui sur la scène nationale. Il veut que cet Observatoire soit l’intermédiaire direct du citoyen. Il existe donc une volonté de concertation du peuple à travers cette nouvelle structure constitutionnelle.
La diaspora et la société civile qui l’a représentée ont leurs soucis et  préoccupations. Comment cet Observatoire compte-t-il y répondre?
La diaspora est un enjeu supplémentaire. Nous avons besoin de donner rapidement une impulsion pour que les associations comprennent que l’ère précédente est révolue. Aujourd’hui, place à la politique du résultat et d’agir ensemble dans l’intérêt de la nation. Dans un contexte sécuritaire où l’Algérie est une cible majeure, l’Observatoire doit assumer un travail d’intermédiation et d’encadrement. Il faut rapidement évaluer ces associations et les passer au scanner. Les associations ont cette fibre patriotique et il faut juste leur donner plus d’outils pour qu’elles explosent en matière d’action et d’apport en complémentarité avec l’Etat. Ce cercle vertueux, à terme, va faire un appel d’air. Les résidus de l’ancien temps vont devoir suivre la cadence ou se désintégrer. Le président de la République nous a donné carte blanche. Il nous a dit que nous sommes en mesure de coordonner et de faire un travail d’interface avec les walis et toutes les instances qui représentent l’Etat. L’instance est constitutionnelle, donc elle va obéir à une gestion institutionnelle. Elle doit avoir en ligne de mire l’intérêt du citoyen. Cet Observatoire a été instauré dans le cadre de la démocratisation de l’Algérie et de la poursuite de la construction de l’Etat de droit où la citoyenneté est au cœur du progrès.Ce qui contribue, par ricochet, au renforcement du front intérieur qui constitue une priorité dans le contexte actuel. La diaspora est 99,99% patriote. Elle a la fibre patriotique et l’engagement dans l’âme. Mais il faudra lui tendre la perche pour reconstruire cette passerelle. Il existe une rupture qui a été consommée par plusieurs étapes dans une époque révolue. Elle a été stigmatisée et aujourd’hui, on a besoin de la reconstruire. La diaspora est dans l’attentisme. Elle attend qu’on lui donne un signal. Mais sans ce signal, elle agit à travers de nombreuses opérations de solidarité qu’elle a menées cycliquement. Je cite l’exemple des générateurs d’oxygène et pour la tragédie des incendies criminels. Il existe une volonté politique du président de la République à vouloir bâtir des ponts pour permettre à cette diaspora d’assumer un rôle plus important. Belmadi et Bougherra sont de purs produits de la diaspora. Et des exemples comme eux, il yen a dans tous les domaines. L’Algérie a des éminences dans le monde, courtisées par les grandes puissances qui savent que le capital humain est une valeur sûre. Il faut donc les inviter à être une force de construction massive. Aujourd’hui, nous devons endiguer les vieilles pratiques instaurées par le passé de façon volontaire. De nombreuses associations de la diaspora se réjouissent du fait que le chef de l’Etat passe des paroles aux actes. Par ma nomination toute modestie gardée, il voit en cela une note d’espoir. Elles constatent qu’il y a un nouveau cap qui a été amorcé et dans lequel la diaspora doit être un acteur majeur. Une diaspora dans sa diversité et adversité doit apporter sa pierre à l’édifice. Cette Algérie nouvelle doit être dans l’exclusivité. Il faut en effet s’accorder sur les fondamentaux et converger sur la finalité : préservation de l’Etat nation et faire rayonner l’Algérie à terme. On est en train d’élaborer des stratégies dans le cadre de cet Observatoire pour servir cette diaspora en perpétuelle mutation. Il faut les adapter aux spécificités de chaque région. Un plan collégial est en train de se faire pour satisfaire au mieux l’ensemble des attentes. Le président de la République a été très à cheval sur l’aspect timing et conjoncture nationale et internationale. Nous devons, en effet, renforcer rapidement le front intérieur à travers un travail d’urgence à accomplir.
Que faut-il revoir dans la loi sur les associations?
Cette loi sera revue et adaptée en fonction des contraintes du terrain. Il s’agit en fait d’une loi qui définit ce que devrait être la future association. Le processus de création sera fluidifié dans le cadre d’une espèce de contrat moral et citoyen. A terme, on évitera d’avoir des coquilles vides qui n’ont aucune contribution concrète sur le terrain. Il sera question peut-être d’alourdir le budget de l’Etat dans ces structures pour qu’elles puissent répondre positivement aux besoins du citoyen. Le chef de l’Etat avait priorisé dès son investiture la société civile. Un choix que je qualifie de logique, parce qu’il est issu de la société civile. Il connaît aussi les potentialités de la société civile. Il veille donc à la renforcer pour qu’il ait un vis-à-vis fiable, réel et instantané. Mon souhait est qu’à terme, on ait une nouvelle classe politique renouvelée qui a été à l’école de la formation citoyenne, via l’Observatoire de la société civile. C’est l’une des finalités de cette nouvelle structure. Le but n’est pas de réduire le champ d’intervention de la classe politique, mais de consolider la citoyenneté constructive. Elle ne doit pas être résiliente à cette nouvelle politique parce que c’est sa matière première qui est ciblée.
Un dernier mot ?
Aujourd’hui, l’heure est arrivée de travailler ensemble. Il faut sortir de la résilience stérile et aller vers une construction collective. Cet esprit de collégialité que le président de la République veut instaurer a pour but d’apporter aussi des oppositions argumentées pour pouvoir enrichir le débat. Je garde une note d’espoir pour l’issue que ce soit pour l’Observatoire ou dans l’équation globale. Une note d’espoir aussi pour la diaspora qui, demain, pourrait contribuer d’une manière très significative dans le domaine sociétal ou politique. Il faut qu’elle soit un levier diplomatique de développement économique et politique à l’échelle locale et internationale. Chaque compatriote doit être un ambassadeur positif de l’Algérie. L’Algérie, on l’aime et on veut la servir.
Entretien réalisé par Karima Alloun