Pr Fawzi Derrar, directeur général de l’IPA : «Le Delta représente 80% des cas»

Depuis quelques semaines, les nouvelles contaminations repartent à la hausse avec, en moyenne, 300 nouveaux cas par jour. Selon le directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA), le Pr Fawzi Derrar, la situation risque de se compliquer si la population s’obstine contre la vaccination et ne s’astreint pas aux mesures barrières.

Intervenant, ce lundi sur la radio Chaîne III, il regrette le taux faible de vaccination «qui aura des répercussions négatives sur le nombre de contaminations quotidiennes et sur le profil épidémiologique actuel». Selon lui, à chaque fois que le taux de vaccination est élevé, le pic de cette nouvelle vague tarde à venir, le contraire est valable aussi. Les personnes vaccinées divisent par 10 la probabilité d’être hospitalisé. Quant au nombre de personnes atteintes par le nouveau variant Omicron, l’Algérie enregistre 16 cas et sur tous les cas séquencés, l’Omicron représente 10 %. Il a souligné que la hausse des cas est essentiellement causée par le variant Delta. Pour le moment, c’est toujours le Delta qui sévit le plus avec un taux de 80% des cas. Interrogé sur l’instauration du pass vaccinal, le directeur de l’IPA a plaidé pour sa généralisation à tous les lieux publics. Pour lui, tous les scientifiques s’accordent à dire que peu de gens échapperont au variant Omicron d’ici peu de temps.
Sur la vaccination des enfants, il a affirmé que la priorité avec cette quatrième vague sera de faire respecter les mesures barrières notamment le port du masque par cette frange de la société. «Il est urgent et primordial que nos enfants portent le masque à l’école puisqu’ils sont des super propagateurs du virus», a-t-il dit.
Par ailleurs, le Pr Derrar a réfuté toutes les informations qui circulent ces derniers jours concernant les quantités importantes de doses de vaccins qui seraient arrivées à péremption. Selon lui, leur nombre ne dépasse pas les 1.000 doses qui sont reçues dans le cadre du mécanisme Covax. Il a rappelé que le stock des vaccins est de 13 millions de doses.
Renforcer les laboratoires de PCR pour toucher le maximum de gens
Sur les activités de séquençage, il pense qu’il est encore tôt pour leur généralisation. «Les activités de séquençage ne sont pas simples, notamment en matière de méthodologie et d’expertise», a-t-il ajouté. «C’est une activité qui nécessite un investissement en termes de ressources financières et humaines et cela demandera du temps, surtout dans la formation des gens dans le bio-informatique qui n’existe pas encore en Algérie» a-t-il expliqué. Et d’ajouter :«C’est pour cela que j’estime que ce n’est pas le moment de penser à généraliser le séquençage. Pas pour tout de suite. Pour moi, il faudrait d’abord avoir un tissu de PCR, qui est très important pour qu’on puisse capter les cas. Cela ne peut se faire que grâce un maillage de PCR qui va nous permettre d’avoir une surveillance très étroite. Il faudra, donc, à l’heure actuelle, que les laboratoires de PCR soient renforcés afin de toucher le maximum de gens», a-t-il expliqué. Dans cette nouvelle démarche, l’IPA est prêt à accompagner les laboratoires qui ont des séquenceurs qui ne marchent pas encore, ce qui permettra à l’Algérie d’atteindre les normes internationales.
Samira Belabed