Pr Kamel Djenouhat, président de la Société algérienne d’immunologie  : «Il faut utiliser les tests antigéniques homologués»

Le Pr Kamel Djenouhat, qui est aussi chef de service du laboratoire central de l’EPH Rouiba, apporte des éclairages sur la validité des tests antigéniques réalisés en Algérie. Il évoque aussi le variant Omicron et sa propagation.

Des malades font le test antigénique mais doutent de l’efficacité de certains d’entre eux. Pouvez-vous nous éclairer davantage ?
Quatre ou cinq tests antigéniques porteurs des protéines S et N sont validés par l’Institution Pasteur qui publie la liste sur son site électronique. Il n’y a pas de problème s’agissant de leur utilisation. Mais d’autres, porteurs uniquement de la protéine S, ne sont pas validés par l’Institut. Il ne faut utiliser que les premiers.
Le virus Omicron se transmet rapidement. Pourquoi le nombre de cas de contamination reste faible ?
Le nombre de cas de contamination augmente chaque jour de manière fulgurante. Le nombre annoncé par les autorités concerne les personnes ayant effectué des tests PCR et analyses à l’Institut Pasteur. D’autres effectuent des tests antigéniques dont les résultats révèlent qu’elles sont positives mais elles ne sont pas comptabilisées. Il y a lieu de signaler que plusieurs personnes viennent consulter dans les hôpitaux après avoir contracté le virus plusieurs jours auparavant. Dans ce cas, les résultats du test PCR sont négatifs. Je déplore au passage l’absence de  cette culture qui veut qu’il faut soumettre à l’examen l’entourage du porteur du virus qui peut être un foyer du virus.
L’Omicron tue tout de même moins que le Delta…
Il ne faut pas croire à cette thèse. Les données en Afrique du Sud indiquent que l’Omicron tue, chaque  jour, entre 80 et 85 personnes. Il n’y aura certes pas de  saturation dans les hôpitaux, mais on comptera des morts. Je profite pour appeler les citoyens à se faire vacciner et à porter le masque.
L’origine du variant Omicron nourrit une polémique entre les chercheurs. Qu’en pensez-vous ?
Au début, il existait  une probabilité selon laquelle le virus touche beaucoup les personnes immunodéprimées et atteintes probablement du HIV. On a fini par savoir que l’Omicron n’est issu d’aucun variant mais ressemble beaucoup au virus apparu dans la ville chinoise de Wuhan. Un variant qui, rappelons-le, a touché, dans un   premier temps, une souris avant de se transmettre à l’homme.
Les symptômes du virus Omicron se manifestent par l’écoulement nasal, des éternuements, des maux de gorge, de la fatigue et surtout des courbatures au niveau du dos. Les maux de tête et une petite fièvre durant la nuit complètent le tableau.  Tous les symptômes d’Omicron apparaissent au niveau de la gorge et du nez, contrairement au Delta qui attaque les poumons.
Entretien réalisé par M. Benkeddada