Santé : 30% d’hypertendus en Algérie

Le constat est unanime. L’hypertension tension artérielle (HTA) représente un sérieux problème de santé publique. Tous les professionnels de la santé plaident pour un diagnostic précoce de l’hypertension artérielle.

L’hypertension artérielle se définit par une tension systolique égale ou supérieure à 140 mm Hg ou par une tension diastolique égale ou supérieure à 90 mm Hg. Selon le professeur Djamel Eddine Nibouche, chef de service cardiologie à l’hôpital Nafissa Hamoud d’Alger, il s’agit d’une maladie très répandue dans le monde et en Algérie. Comme toute autre maladie chronique, elle ne donne pas de signe et le  patient ne consulte pas jusqu’à l’apparition de symptômes. Pour lui, cette situation n’est pas spécifique à l’Algérie une raison pour laquelle plusieurs pays du monde ont mis en place, depuis plus de 20 ans, une stratégie de dépistage précoce en encourageant l’autodiagnostic.
Il suffit d’avoir un appareil automatique pour mesurer sa tension artérielle. Le professeur Nibouche a mis l’accent sur l’importance d’éduquer la population sur les méthodes de prise de la tension et c’est au médecin d’interpréter ces chiffres. Il tient à préciser que plusieurs malades souffrent d’hypertension cachée sans être diagnostiquée même quand le patient va chez le médecin. Les dernières études menées par le ministère de la Santé montrent que l’hypertension artérielle touche 30% de la population dont 71% ne savent pas qu’ils sont hypertendus. Toutes les études ont démontées l’efficacité du diagnostic précoce à partir de l’âge de 30 à 35 ans. Pour éviter les complications de cette maladie complètement silencieuse notamment chez les personnes à risque comme chez les diabétiques, les fumeurs et les personnes souffrant d’obésité et d’hypercholestérolémie ainsi que les femmes ménopausées, il faut prendre sa tension plus fréquemment.  Il a fait savoir
que hypertension artérielle peut être associée à d’autres maladies qui vont encore aggraver cette pathologie. L’hypertension artérielle est dite essentielle, c’est-à-dire sans cause dans 95% des cas. Le caractère héréditaire familial est très fréquent et constitue une cause génétique.
Quant à l’hypertension artérielle secondaire, elle est liée à la prise de certains médicaments comme les contraceptifs. Chez l’enfant,  il faut chercher en urgence les causes de cette hypertension. Les enfants souffrant de certains cancers risquent aussi de développer l’hypertension artérielle.
Cette maladie représente le premier motif de consultation dans le monde et en Algérie d’autant plus que sa prévalence reste très élevée et le risque d’aggravation à partir de 60 ans.  Dans le monde, 62 % de la population mondiale âgée entre 60 et 69 ans est hypertendue. C’est un chiffre qui donne froid dans le dos tout en sachant que la population n’est pas consciente des dangers de cette maladie.
Il a enfin indiqué que la technologie a mis entre les mains des appareils simples à utiliser pour faire un diagnostic précoce nommant pour les personnes à risque. « Le dépistage demeure le seul moyen de prévenir les complications d’une hypertension artérielle comme cela se fait dans le reste du monde », a-t-il conclu.
Samira Belabed