Préparation des vacances d’été : Les professionnels croisent les doigts

L’été est à nos portes. Les Algériens s’y préparent avec empressement, encouragés par l’éloignement du spectre du virus de la Covid-19 qui se tient à distance depuis plusieurs mois. Mais semble-t-il réfrénés quelque peu dans leur élan à enfin profiter de la belle saison par ces programmes qui ne sont toujours pas au point par ceux qui sont censés les servir et là où ils voudraient choir de passer leurs vacances. La billetterie revue à la hausse et les tarifs pas si étudiés que cela au niveau des complexes touristiques ne sont pas pour promettre l’évasion voulue, que cela soit vers d’autres cieux ou au pays. N’empêche, nos compatriotes espèrent toujours profiter des vacances loin du diktat des plagistes de circonstance et autres gardiens de parking sortis de nulle part.

 

 

Renouer avec les vacances estivales pour en profiter pleinement sera possible pour beaucoup d’Algériens cette année. Mais qu’en est-il de la préparation de ces moments tant attendus après une année de tracas de la vie quotidienne ? Et quels sont les facteurs déterminants qu’il faudrait prendre en compte dans les réservations? Hakim, un habitué des grandes vacances, n’hésite pas à les planifier, et ce, des mois avant le choix de la destination qui devrait être différente de la précédente. «Concernant mes vacances, je veille à leur consacrer un budget et à déterminer le nombre de jours à passer, que ce soit en bord de mer ou en montagne. Il est aussi important pour moi de programmer des visites dans les sites phares de chaque destination», confie-t-il. Etant père de trois enfants, l’interlocuteur dit préférer, parfois, passer ses vacances avec des proches, en vue de partager les charges de la location. «Cette option nous permet d’économiser un peu d’argent et d’offrir plus de chances à nos enfants de choisir les endroits prisés sur tout le littoral», complète-t-il. Fatma-Zohra livre un autre point de vue. Maman d’une famille composée de six membres, le départ en vacances en dehors de la wilaya n’est plus possible cette année. «Sincèrement, je n’ai pas préparé les vacances d’été, en dehors de Jijel. Les dépenses ont augmenté et le budget ne le permet pas, surtout que la scolarisation de nos quatre enfants nous a beaucoup coûté cette année», regrette-t-elle. Cependant, Fatma-Zohra envisage de petites virées sur les belles plages jijéliennes au mois d’août, car «piquer une tête» juste à côté de chez elle n’est pas coûteux.
Interrogé sur les facteurs qui interviennent dans la préparation des vacances pour l’Algérien, l’expert et consultant en hôtellerie et tourisme, Mourad Kezzar, en recense plusieurs et évoque une segmentation des estivants, notamment en cette phase de post-Covid. Ainsi, la clientèle se scinde en deux catégories, à savoir celle des estivants qui optent pour des vacances en Algérie, et ceux qui les passent à l’étranger, voit-il. «La clientèle nationale, de par sa culture en la matière, est constituée globalement des retardataires, lesquels font des réservations au dernier moment, pour ne pas dire les dernières heures», fait-il constater.
Manque de visibilité
Et pour bien décortiquer la clientèle nationale, l’expert fait ressortir de cette dernière deux autres catégories, les particuliers et les agences et œuvres sociales. Pour les particuliers, il s’agit des estivants qui optent pour un hébergement chez l’habitant. Ils sont des clients fidèles, décrypte-t-il, et s’orientent, chaque année, vers les mêmes lieux de résidence.
Quant aux agences et les œuvres sociales, les préparatifs ont déjà été entamés à travers les cycles de prospection-allotement. C’est-à-dire, précise-t-il, la séparation du public touriste en groupes suivant certains critères économiques pour d’éventuelles réservations.
Par ailleurs, l’expert affirme que la clientèle qui passe ses vacances à l’étranger, plus ou moins habituée aux procédures de réservation à l’avance, manque toujours de visibilité, et ce, pour deux raisons. «Il y a, d’une part, la fermeture partielle des frontières maintenue à ce jour, sachant que 70% des vacanciers sont moins concernés par cette destination. D’autre part, Il y a les prix des billets d’avion, qui demeurent chers en cette phase de post-corona. Ce qui ne favorise pas, chez les vacanciers, la prise de décision concernant une quelconque réservation à moyen terme. Donc, on peut dire que cette catégorie est dans l’expectative», explique-t-il. En guise de conclusion, l’expert relève que l’échéance des examens, notamment le baccalauréat, figure également parmi les facteurs déterminants dans les réservations.
Aziza Mehdid