Prix de la banane : Une baisse substantielle au niveau des marchés de gros

La banane a, ces derniers temps, défrayé la chronique. Loin d’être un aliment de base, elle s’est fait pourtant parler d’elle. Son prix a atteint des seuils record, notamment durant les premiers jours du mois de Ramadhan, dépassant dans certains quartiers la barre des 1.000 DA/kg alors qu’il ne dépassait pas les 300 DA/kg.

Ces derniers jours, une baisse substantielle, voire même surprenante, est constatée. Ce dimanche, dans le marché de gros de Boufarik, elle a été proposée entre 350 et 400 DA/Kg, selon M’hamed Charfi, représentant des mandataires. Il a fait savoir que le prix qui a dépassé tout entendement est dû essentiellement au manque du produit sur le marché. «Des quantités minimes étaient mises sur le marché ces derniers temps. Le prix est tributaire de l’offre», a-t-il expliqué. Y a-t-il eu des importations ? Une commission mixte composée des ministères de l’Agriculture et du Commerce se charge de ce dossier. C’est du moins l’information donnée du côté des deux ministères précités sollicités pour avoir plus de détails sur les quantités importées.
A sujet de cette tension, le secrétaire général de l’Union générale des commerçants et artisans algériens, Hazeb Benchohra, a estimé qu’elle est due essentiellement au blocage des autorisations d’importation à une certaine période, mais surtout au monopole. « Celui qui détient le monopole de l’importation de ce fruit fait le diktat sur le marché. Il fixe les prix selon son gré, d’autant plus qu’il n’y a pas de concurrence. Le prix de la banane ne devrait pas dépasser le prix de 250 DA au détail. D’où la nécessité de libérer les licences d’importation et créer de la concurrence, car c’est elle qui fait baisser les prix», a-t-il soutenu. Il a rappelé que la banane a été vendue, prix de gros, à 150 DA/kg au mois de décembre. «La banane est considérée comme un produit régulateur des prix des fruits. C’est ce produit qui entraîne à la hausse ou à la baisse les prix des autres fruits. C’est un produit qui est prisé par les consommateurs, c’est la raison pour laquelle il régule le marché. Nous ne pouvons pas vendre la pomme ou l’orange par exemple à un prix supérieur à celui de la banane», a-t-il expliqué. Selon lui, la baisse subite des prix est enregistrée suite à l’intervention des services de contrôle du commerce qui ont imposé un prix de vente à 250 DA au marché de gros.
Pour rappel, une quantité de 1.243 tonnes de bananes destinées à la spéculation a été saisie au courant de ce mois par les services de la Sûreté nationale au niveau de la capitale, Blida, Boumerdès et Chlef. « Les spéculateurs ont recouru à un stratagème pour échapper à la vigilance des autorités de contrôle, consistant à stocker délibérément les quantités saisies au niveau des chambres froides pour les maintenir dans un état de maturité précoce et les commercialiser ultérieurement à des prix exorbitants», a indiqué un communiqué des services de sécurité.
Wassila Ould Hamouda